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Histoire 3 / 02 / 2019

La Vème République et les lois anti syndicales.

images:www.flickr.com

De « Pompidou-la-trique » à Castaner-la-trique.

La loi dite « anti-casseurs » du 8 juin 1970 concoctée par le ministre de l’intérieur Raymond Marcellin (1) (ministre de 1968 à 1974) prévoyait dans son article 314 :

«  ( … ) une peine de un à cinq ans d’emprisonnement à l’encontre des « instigateurs », des « organisateurs » mais aussi des « participants volontaires » à des manifestations qui « aboutissent à des violences ».

Après la comédie de la « participation » post soixante-huitarde (sans « grand débat »), ce fut le temps de la répression.

Les « casseurs » (2) n’étaient pas visés. Il s’agissait pour le gouvernement de M. Chaban-Delmas-Delors (militant CFTC puis CFDT) de tenter par l’intimidation de limiter l’impact des manifestations ouvrières. Tel était le vrai visage de leur « nouvelle société ».

Chaban, 1er ministre gaulliste, et, en retrait, son conseiller social, Jacques Delors. Après l’échec de De Gaulle au référendum d’avril 69, le pouvoir tente le coup de « l’ouverture à gauche ».

Il revient au militant personnaliste chrétien J. Delors de reprendre le chantier interrompu par la chute du général ; mais ça ne marche pas.

Restent alors les bonnes vieilles méthodes : la répression syndicale ; ce sera la «loi « anti casseurs ».

Un demi-siècle de Vème République plus tard, une nouvelle loi   » sécuritaire «  est adoptée. Globalement, l’objectif est le même. Il s’agit toujours de tenter de mettre en cause la liberté de manifester.

La Commission exécutive confédérale de la CGT-FO réunie le 24 janvier a condamné toute volonté de remettre en cause les droits démocratiques :

« ( … ) elle s’oppose à toutes dispositions … portant atteinte au droit de manifester ».

Il faut bien constater que depuis que les gouvernements s’acharnent à détruire le code du travail, la « tentation totalitaire » qui s’était affirmée notamment sous le régime de M. Valls gagne du terrain ; à tel point qu’à l’Assemblée, un député « s’est écrié : « mes chers collègues, réveillez-vous ! c’est le retour de Vichy ! … »

Ce parlementaire courageux n’a pas été entendu.

Cause toujours …

La comédie burlesque du « grand débat » se poursuit. Certains syndicats, devenus de fait des corps intermédiaires chers aux cléricaux ont choisi d’y participer, discrètement, dans les salons feutrés du Conseil Economique et Social Environnemental. De qui se moquent-ils sinon d’eux-mêmes ?

A Force-Ouvrière, il n’y a pas de double langage.

  • NON à l’enfumage du « grand débat »,

  • NON aux lois sécuritaires.

  • OUI aux revendications ! Oui à la grève !

Les syndicats ne participent pas, ils revendiquent, les « corps intermédiaires » participent. La revendication est le moteur du progrès, la « participation est le moteur de la collaboration. (Affiche mai 68).

Document. Alexandre HÉBERT. (Ouest-syndicaliste, Mars-avril 1970)

POMPIDOU-LA-TRIQUE…

Le Gouvernement croit avoir trouvé un remède à ses maux: LA REPRESSION.

Pas étonnant, dans ces conditions, qu’il se fasse remarquer, sur le plan international, par une remarquable mansuétude à l’égard des colonels grecs. Il est vrai qu’il se montre tout aussi «compréhensif» face à la répression russe en Tchécoslovaquie.

C’est peut-être ce qui explique le retour aux réceptions de l’Elysée du «souriant» M. BALLANGÉ, Président du Groupe Communiste à l’Assemblée. «Les communistes sont des parlementaires comme les autres»... Merci! on le savait …

( … ) En Loire-Atlantique où nous avons un Préfet musclé et compétent (dans la chose policière), dès le 5 mars, nous avions été, en quelque sorte, prévenus des intentions du pouvoir. ( … ) les excès même les propos de MM. VIE et MAHE ont un côté incontestablement ridicule.

( … ) On aurait tort de sous-estimer les menaces contre ce qui reste de libertés démocratique qu’implique une telle campagne (officielle de surcroit). Et lorsque, par exemple le Préfet écrit: «D’une manière, générale, l’étude de mesures de remplacement efficaces s’impose sur le plan national, afin que soient évitées, à l’avenir, les graves conséquences qu’a eues, dans ce secteur, l’arrêt général du travail du printemps 68. Des moyens de substitution pourraient être prévus dans certains domaines jugés essentiels pour le fonctionnement de l’ensemble de l’économie (E.D.F., S.N.C.F. et P.T.T.). Tout en étant conscient des limites de telles mesures, il semble qu’il serait possible de constituer des groupes de personnels spécialisés capables d’intervenir efficacement en cas de crise grave.

Des études pourraient, d’autre part, être entreprises, en vue d’une meilleure utilisation des personnels militaires et d’une coordination plus efficace entre les différentes administrations. Pourrait être également étudiée la constitution d’un corps civil spécialisé d’intervention à partir du Corps de Défense existant» ( … ) On ne peut s’empêcher de penser qu’il s’agit là de mesures de type fasciste et que ces «corps d’intervention» que réclame M. VIE nous rappellent de bien fâcheux souvenirs …

(1) Marcellin fut sous Vichy l’un des idéologues de l’Institut d’études corporatives et Sociales » du fascisant Maurice Bouvier-Ajam ce qui lui valut d’être titulaire de la Francisque. Après-guerre, Marcelin fut compagnon de route du PCF. (Pour plus de précisions, voir : corporatismes d’hier et d’aujourd’hui).

(2) Il y a « casseurs » et « casseurs ». Il y a eu de tous temps des « casseurs » bien organisés. Ainsi le 23 février (8 mars) 1917 à Pétrograd, des milliers d’ouvrières de l’industrie textile se mettent en grève et manifestent. La vie, la survie devient sous le règne de Nicolas II impossible. Elles réclament « du pain » et « la fin de la guerre ». Il y a ce jour-là 90 000 grévistes sans que personne n’ait appelé à la grève.

Un observateur sympathisant des manifestants note : « le nombre des provocateurs était considérable ». L’un de ces provocateurs, employé de la redoutable police tsariste affirme : « C’est seulement en tirant à balles dans le tas que l’on a réussi à disloquer les rassemblements ». Les classes dirigeantes lorsqu’elles sentent leur pouvoir menacé emploient toujours la violence.

Pourtant le 25 février, on compte 250 000 grévistes. (Pétrograd compte environ deux millions d’habitants) Les métallos ont débrayé. La grève se généralise. L’abdication du tsar n’est plus qu’une question d’heures … Le rapport des forces réel s’est exprimé dans la grève.

Ce pauvre tsar privé de conseillers « syndicaux » compétents n’avait pas imaginé la possibilité d’organiser des « grands débats » pour « calmer » les « factieux », la « populace » », les « sans dents » …

Le roi Louis XVI mieux conseillé y avait songé :

C’est le 24 janvier 1789 que Louis XVI avait publié sa lettre à son « bon peuple » en ces termes :

« Sa Majesté désire que s’assemblent dans ses villes et villages et dans le plus bref temps les habitants pour conférer tant des remontrances, plaintes et doléances que des moyens et avis qu’ils auront à proposer… » pour assurer leur « bonheur », « la prospérité du royaume », ainsi que « le calme et la tranquillité dont nous sommes privés depuis si longtemps ».

Hélas, hélas, on connait la suite, la prise de la Bastille (un évènement très violent), les jacobins, la République, la devise : liberté, égalité, fraternité. Depuis ces temps maudits, « il manque à la France la figure d’un roi … » (Macron : qu’est-ce que le macronisme ? page 16).

J. M 3-02-2019

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