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France 12 / 08 / 2016

Temps partiel : 5 fois plus de salariés qu’en 2008

Les salariés concernés par le temps partiel sont cinq fois plus nombreux qu’avant la crise de 2008 selon les chiffres officiels récemment publiés par le ministère du Travail. Le nombre d’heures a été, lui, multiplié par trois. Au premier trimestre 2016, il atteignait 37,5 millions d’heures.

Principaux secteurs concernés : les BTP et les services marchands. Les augmentations les plus importantes ont suivi les mesures gouvernementales prises en 2008 et 2012.

Les conclusions sont limpides : la France est le pays où le temps de travail pour un salarié à temps plein est le plus bas des pays étudiés, puisque nous venons de passer derrière la Finlande qui travaille depuis quelques années à un abaissement du coût du travail et à un redressement de son temps de travail. Deuxième point : entre 2013 et 2015, le temps de travail des Français a encore baissé de 15 heures, creusant ainsi un peu plus l’écart avec nos voisins et compétiteurs comme le Royaume-Uni et l’Allemagne. En 5 ans, c’est 33 heures de temps de travail qui ont été perdues, soit presque l’équivalent d’une semaine de travail à temps complet pour chaque salarié Français. En 15 ans, 218 heures annuelles ont été perdues, l’équivalent de 4,6 semaines de travail.

3,2 millions de salariés précaires en France

Observatoire des inégalités, le 6 novembre 2015La France compte 25,8 millions d’emplois, occupés par 22,8 millions de salariés et 3 millions d’indépendants. 12,3 % des salariés, soit 3,2 millions de personnes, ont un emploi précaire, le plus souvent les peu qualifiés et les jeunes.


Les trois quarts des emplois sont des postes de salariés du privé en contrat à durée indéterminée (59 %) ou des fonctionnaires (17 %) selon les données 2014 de l’Insee. 12,3 % des emplois sont précaires, ce qui représente 3,2 millions de personnes, principalement des contrats à durée déterminée (7 % du total des emplois) et des intérimaires (2,1%).

Ces données sont discutables. Les apprentis et une partie des contrats aidés reçoivent une formation, il est possible de les compter à part, même si leur contrat de travail est bien précaire. En revanche, elles n’intègrent pas les précaires non salariés, dont on sait pourtant qu’un certain nombre vivotent au gré des contrats. Elles masquent aussi le fait que, malgré leur CDI, une partie des salariés les moins qualifiés, notamment dans les PME, sont très peu protégés des fluctuations économiques. Enfin, ces données moyennes cachent l’impact de la précarité pour les jeunes.

Dans une période de chômage de masse, le statut de la fonction publique et le diplôme constituent une protection essentielle, qui permet de se projeter dans l’avenir. La précarisation ne frappe pas l’ensemble du marché du travail. Celui-ci se fissure en deux univers opposés : des instables qui passent de CDD en intérim (surtout des jeunes peu qualifiés) et des salariés qui occupent des emplois stables (fonctionnaires, salariés qualifiés).

L’évolution de la précarité de l’emploi

Le taux de précarité (CDD, intérim et apprentissage rapporté à l’emploi total des 15 ans et plus) a essentiellement augmenté entre 1982 et 1990, avec un taux qui est passé de 5,3 à 7,7 %, puis de 1993 à 2000 (de 8 à 11,9 %). Après avoir baissé d’un point jusqu’en 2003 pour atteindre 10,9 %, il est en 2013 de 12 %. Il faut noter qu’en période de crise conjoncturelle, l’emploi précaire diminue dans un premier temps (11,4 % en 2009) : les intérimaires et les contrats à durée déterminée ne sont pas renouvelés et se retrouvent au chômage. C’est dans les premiers temps des périodes de reprises, ou quand l’emploi se fait rare de façon structurelle, que la précarité se développe : le taux s’élève à 12 % depuis 2011.

Un million de travailleurs pauvres en France

Observatoire des inégalités, le17 décembre 2015Un million de travailleurs vivent avec à peine plus de 800 euros par mois notamment du fait du temps partiel contraint.


Les travailleurs dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté
Un million de personnes exercent un emploi mais disposent, après avoir comptabilisé les prestations sociales (primes pour l’emploi, allocations logement, etc.) ou intégré les revenus de leurs conjoints, d’un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, fixé à la moitié du revenu median. On en compte 1,9 million au seuil de 60 %. Au total, si l’on totalise l’ensemble des personnes qui vivent dans un ménage pauvre (dont le chef de famille dispose d’un emploi), conjoints et enfants compris, entre 2 et 3,9 millions de personnes sont concernées.

Même en utilisant la définition la plus restrictive, un million de personnes vivent avec un peu plus de 800 euros par mois pour un adulte seul  alors que ces personnes ou leurs parents exercent un emploi. Ce phénomène de travailleur pauvre résulte de plusieurs facteurs. D’abord, de la faiblesse des salaires dans de très nombreux secteurs et notamment du niveau du salaire minimum. Ensuite du temps partiel, qui réduit en proportion les niveaux de vie. Enfin, du fractionnement des emplois : petits boulots, alternance de phases d’emploi et de chômage ou d’inactivité.

chaud ! chaud ! chaud !

leurs revendications concernent la réforme des retraites: Appel à la grève dès le 5 décembre

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