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9 / 02 / 2020

Radiations : les chiffres de l’emploi contaminés ?

© Jean-Claude MOSCHETTI/REA

 

Fukushima ? Tchernobyl ? Non, Pôle emploi… le mot « radiation » a été remis en exergue par les contestés derniers chiffres du chômage fournis par Pôle emploi et la Dares faisant état d’une baisse « historique » de 3,1% (en catégorie A). Qualifiée pieusement de « mystère » par l’économiste de l’OFCE Mathieu Plane, cette baisse du chômage ne peut théoriquement se produire avec une croissance au ralenti comme celle de 1,2% enregistrée en 2019. Néanmoins, l’augmentation des radiations, certes sensible, ne peut suffire à elle seule à l’expliquer.

Irradiés, rayés et autres

Mais si l’on y regarde de plus près, les chiffres montrent aussi une importante hausse en un an dans les catégories D et E, respectivement de +7,8% et +1,9%. De plus, les sorties de Pôle emploi pour « défaut d’actualisation » pourraient ne pas y être étrangères. Ce motif représente environ 40% des sorties de liste en 2019. Les reprises d’emploi seulement 20%. Gageons que le nouveau durcissement des règles de l’assurance-chômage va non seulement améliorer les chiffres mais aussi contribuer à expédier plus de radiés et rayés des listes dans le halo du chômage. Pour éclairer, voire irradier, les débats, il est à signaler que le mot « radiation », provient du latin radiatio qui signifie « rayonnement, éclat lumineux ». De quoi examiner les statistiques sous un nouveau jour.

Chiffres du chômage : pas de quoi pavoiser

L’Insee vient de publier le taux chômage au sens du Bureau international du Travail (BIT). Il diminue de 0,1 point au 4e trimestre 2016 et de 0,2 point sur un an. Reste que les statistiques émanant de Pôle emploi et basées sur le nombre de demandeurs d’emploi inscrits signalaient le mois dernier une situation beaucoup moins réjouissante.

Le taux de chômage – au sens du BIT (Bureau international du Travail) – a diminué de 0,2 points sur un an en 2016 pour s’établir à 10% de la population active sur l’ensemble du territoire national, 9,7% en métropole indique l’Insee dans sa dernière enquête Emploi publiée ce 16 février.

L’Insee comptabilisait ainsi 2 783 millions de chômeurs en fin d’année 2016, soit 31 000 de moins sur le trimestre et 68 000 de moins sur l’année, -2,4%. Au 4e trimestre, le taux de chômage était en baisse de 0,1 point. Le taux du 3e trimestre a quant à lui été révisé à hausse, de 0,1 point, par rapport à l’estimation de novembre.

Sur un an, le chômage des jeunes (les 15-24 ans) diminue de 0,7 point à 23,3%. Sur un an encore, le chômage des plus de 50 ans reste stable à 6,7%. Il est en diminution de 0,4 point entre le 3e et 4e trimestre. Sur un an, le chômage des personnes de 25 à 49 ans diminue de 0,2 point à 9%. Il a toutefois augmenté de 0,2 point au 4e trimestre.

Une marge prudente…

En ce qui concerne le chômage de longue durée (les personnes cherchant un emploi depuis au moins un an), il représentait 4,2% de la population active (1,22 million de personnes) au 4e trimestre 2016, en baisse de 0,1 point à la fois sur le trimestre et sur un an.

Sur un an si le taux d’emploi des 15-64 ans progresse de 0,3 point à 64,7%, il reste stable cependant pour les 25-49 ans, accusant toutefois une baisse de 0,3 point au 4e trimestre.

Par ailleurs, si selon ces dernières statistiques, le taux d’emploi en CDI augmente de 0,1 point et que le sous-emploi (temps partiel) diminue légèrement, l’Insee note que le taux d’activité des 15-24 ans ainsi que celui des 25-49 ans accuse sur un an une baisse, respectivement de 0,3 point et 0.1 point.

Y a t-il lieu de crier victoire ? Pas vraiment. D’abord, cette diminution du taux de chômage au sens du BIT est faible.

Contrairement à Pôle emploi qui comptabilise les demandeurs d’emploi inscrits dans ses services, le BIT considère comme chômeur une personne en âge de travailler (âgée de 15 ans au moins) qui au cours du mois précédent a cherché du travail sans en trouver, qui n’a pas travaillé ne serait-ce qu’une heure pendant la semaine de référence et qui est disponible dans les quinze jours.

Cette faible baisse du chômage – 0,2 point – constatée sur l’année 2016 par l’Insee doit amener aussi à la prudence dans l’analyse. Cette baisse se situe en effet dans la marge d’erreur de l’indicateur soit plus ou moins 0,3 point précise l’Insee.

Un halo en expansion

L’institut souligne par ailleurs le phénomène du halo autour du chômage. Concrètement, ce halo englobe les personnes inactives au sens du BIT mais qui souhaitent un emploi sans être comptées comme chômeurs au sens du BIT.

Au 4e trimestre 2016, l’Insee comptabilisait 1,5 million de personnes dans ce cas. Leur nombre avait augmenté de 21 000 par rapport au trimestre précédent et de 65 000 sur un an.

Pour la ministre du Travail, de l’Emploi, de la formation professionnelle et du Dialogue social, Mme Myriam El Khomri, ces résultats publiés par l’Insee sont très positifs.

La ministre se félicite de la plus forte baisse trimestrielle enregistrée depuis six ans en ce qui concerne le taux de chômage des jeunes. Elle estime encore dans la diminution de 0,1 point du chômage de longue durée conforte le caractère structurel de l’amélioration.

Elle voit dans ces résultats une tendance cohérente avec la baisse de 107400 du nombre de demandeurs d’emploi sans activité inscrits à Pôle emploi en 2016. La tendance est aussi cohérente avec le dynamisme des créations nettes d’emploi ajoute la ministre, concluant qu’il faut poursuivre notre politique pour amplifier encore la création d’emploi et accélérer la baisse du chômage.

Aucune inversion de la courbe

Reste que la réalité de cette baisse est loin d’être évidente… Le mois dernier, les chiffres du chômage publiés par Pôle emploi indiquaient que 6,5 millions de demandeurs d’emploi étaient inscrits à Pôle emploi en décembre 2016.

Sur un an remarquait la confédération FO, sur toute la France, DOM incluses le nombre de demandeurs d’emploi a bien augmenté de 1%. Pas d’inversion de la courbe, donc. Les statistiques de Pôle emploi soulignaient ainsi l’augmentation de 0,8% en décembre du nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A, soit les personnes sans aucune activité.

On comptait ainsi 3 473 100 demandeurs de catégorie A. Dans cette catégorie, le nombre de demandeurs d’emploi de plus de 50 ans était en augmentation de 1,2% en décembre et de 2,2% sur l’année.

La Confédération relevait certes une diminution de 1,3% pour le mois de décembre du nombre de chômeurs inscrits dans les catégories B et C (comptabilisant respectivement les activités réduites courtes et longues). Elle mettait toutefois en garde devant ce constat en trompe l’œil puisque sur l’année, le nombre de demandeurs d’emploi dans ces deux catégories est en augmentation de 5,5%. Près de 9% pour la seule catégorie C relevait la Confédération.

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