Dans la foule, on remarquait notamment les ballons de l’Union départementale FO de Seine-Saint-Denis et celui de la Fédération FO de l’Equipement, de l’environnement, des Transports et des Services (FEETS-FO). Des syndicalistes d’autres secteurs et d’autres départements étaient aussi venus apporter leur soutien.
Dix salariés de la compagnie aérienne sont poursuivis pour « dégradations » et cinq pour « violences en réunion ». Ces derniers encourent jusqu’à 3 ans de prison et 35 000 euros d’amende.
« Les média ne parlent pas de la violence sociale »
« Nous n’avons aujourd’hui qu’un seul mot d’ordre : la relaxe de nos 15 camarades ! Les média sortent ces images mais ne parlent pas de la violence sociale » a lancé Christophe Malloggi, secrétaire général du syndicat FO d’Air France ce 27 septembre devant les manifestants massés aux abords du tribunal de Bobigny.
« La violence c’est quand un père de famille doit annoncer à son enfant qu’il n’a plus de travail ! », avait résumé un autre responsable syndical quelques minutes avant.
« Les salariés accusés de violence ne sont coupables de rien du tout, ils sont juste le symbole d’une révolte » a déclaré le responsable d’un des syndicats de pilotes.
« 2 900 licenciements, c’est la violence en col blanc, acceptée par les média et encouragée par les pouvoirs publics », a déclaré un autre.
L’importance de « la solidarité entre toutes les catégories »
Sophie Gorins, du syndicat FO des Hôtesses et stewards a souligné l’importance de la solidarité entre toutes les catégories, « cette solidarité qu’ils n’arriveront pas à briser ».
Une solidarité qui, comme l’ont rappelé plusieurs intervenants, a déjà permis que le plan de 2 900 licenciements devienne un plan de 1 700 départs volontaires, même si cela n’est pas suffisant.
« On entend beaucoup parler dans les média d’un nouveau climat de « confiance », mais ce que nous voyons à l’intérieur de l’entreprise n’a rien à voir avec de la confiance. La direction n’arrête pas de nous dire qu’il faut nous mettre au pas, qu’il faut tenir compte de la multiplication des compagnies low cost et de son côté le gouvernement ne fait rien pour alléger tout ce qui pèse sur la compagnie », a expliqué Sophie Gorins.
« Les voyous sont du côté des banques, de la Finance et du patronat »
Jean Hédou, secrétaire général de la FEETS-FO a souligné : « Nous devons saluer le combat des camarades Air France. Non, M.Valls, les salariés d’Air France ne sont pas des voyous. Les voyous sont vos copains des banques et de la Finance. Les voyous sont du côté du patronat ! Pourquoi l’ex patron d’Air France, aujourd’hui bien au chaud à l’international, avait-il prévu ces licenciements alors que son entreprise gagnait des millions ? »
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Jean Hédou, Secrétaire général de la FEETS-FO. Photographie : E. Salamero (CC BY-NC 2.0)
Le secrétaire fédéral a ensuite également appelé à la solidarité avec tous ceux qui ces derniers mois ont subi des actes de répression syndicale dans le cadre de la mobilisation contre la loi El Khomri, évoquant notamment les dockers du Havre arrêtés chez eux au petit matin, et rappelant les entraves au droit de manifester. « Aucun état d’urgence n’a lieu d’être contre des syndicalistes ! » s’est-il exclamé, avant de conclure : « la liberté syndicale doit être respectée, le droit de grève et de manifester aussi ».
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Air France : les salariés manifestent le 22 octobre 2015 à Paris.
Communiqué de la Fédération de l’Equipement, de l’Environnement, des Transports et des Services Force Ouvrière (FEETS-FO)
La Fédération de l’Equipement, de l’Environnement, des Transports et des Services Force Ouvrière (FEETS-FO) apporte son soutien à ses syndicats FO d’Air France mobilisés pour le retrait des poursuites judiciaires à l’encontre de plusieurs militants engagés le 5 octobre 2015 contre le plan de licenciement de la direction qui était annoncé, ce jour-là, au CCE.
Présente le 27 mai 2016 lors de la première audience, elle vous rappelle ci-dessous les raisons de cette mobilisation : « La FEETS-FO condamne la surenchère à laquelle se sont livrés, suite aux évènements survenus lors du CCE du 5 octobre 2015, la Direction de l’entreprise et le Gouvernement pour tenter de criminaliser les salariés et leurs syndicats engagés dans l’action.
Elle condamne les méthodes d’interpellation, l’acharnement judiciaire et les poursuites à l’encontre de plusieurs militants conduisant, aujourd’hui, plusieurs d’entre eux devant les tribunaux.
Ce 5 octobre 2015, face à un plan qui prévoyait 2 900 licenciements et qui selon, certaines sources divulguées par des média, devait même précéder un autre plan de 5 000 licenciements supplémentaires, la violence était du côté des licencieurs, du patronat, et non-pas du côté des manifestants.
C’est parce qu’à ce moment-là nos syndicats et d’autres, avec les salariés, ont osé dire non et se sont mobilisés que les licenciements n’ont pas été mis en œuvre. Contrairement aux propos de Manuel Valls, les salariés d’Air France ne sont pas des voyous mais des résistants. Faut-il avoir un jour résisté notamment face à la Finance pour en connaître sa valeur ! »
Le 27 septembre 2016, la FEETS-FO manifestera au côté de ses syndicats et de l’union départementale de Seine-Saint-Denis pour dire Non à la répression anti-syndicale et pour exiger, pour les militants traduits devant la justice, l’arrêt immédiat de cet acharnement judiciaire, l’arrêt des poursuites et la levée de toute condamnation. La FEETS FO appelle toutes celles et ceux épris de liberté et refusant le diktat de la Finance à se joindre à l’action.




