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Communiqués 14 / 03 / 2019

Prime d’activité : les CAF au bord de l’explosion

© Gilles ROLLE/REA

Avec la hausse de la prime d’activité, les Caisses d’allocations familiales sont submergées de nouvelles demandes. Les agents se mobilisent partout en France contre la dégradation de leurs conditions de travail. FO exige notamment des embauches massives en CDI et une augmentation de la rémunération.

Tous les matins, les salariés de la Caisse d’allocations familiales (CAF) de Gironde sont invités par FO et la CGT à se retrouver pour une « pause sociale » de protestation. Le 19 mars, ils seront appelés dans le cadre de la grève interprofessionnelle à dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et exiger des embauches et une revalorisation salariale. Grèves, pétitions, assemblées générales… Dans toute la France, les mobilisations se multiplient. Une action nationale spécifique est également en préparation.

L’annonce faite mi-décembre par Emmanuel Macron de revaloriser la prime d’activité pour les travailleurs au Smic s’est transformée en surcharge de travail pour les salariés des CAF, confrontés à une explosion de dossiers à traiter. Avec l’élargissement du champ d’application de la prime, le nombre de bénéficiaires potentiels est passé de 3.8 à 5 millions de personnes. Au total, selon le gouvernement, 1.1 million de nouvelles demandes ont été enregistrées depuis le début de l’année, sans que l’octroi de moyens supplémentaires n’ai été anticipé.

Ces dernières années, des milliers de postes ont été supprimés, et la situation était déjà anormale avant les annonces d’Emmanuel Macron, désormais les CAF sont submergées, dénonce Laurent Weber, secrétaire fédéral chargé des organismes sociaux à la FEC-FO.

Heures supplémentaires obligatoires

C’est en Gironde que le « stock » de dossiers en retard est le plus élevé. Concrètement, pour tout absorber, il faudrait 10 jours de travail non-stop de tous les salariés, sans tenir compte de tout ce qui arrive entre temps, explique Nicolas Gébleux, délégué FO et secrétaire du CE. On était déjà en sous-effectifs avant la prime d’activité, il y a des heures supplémentaires depuis l’instauration du RSA en 2009.

Dans le Gard, 12 000 demandes ont été enregistrées en janvier, c’est plus que sur toute l’année 2018. La CAF de la Somme a « gagné » 10% d’allocataires en un mois. Pour faire face à la demande, les heures supplémentaires peuvent devenir obligatoires localement. FO, pour qui ce n’est pas la solution au manque d’effectifs, exige leur arrêt immédiat. Pour tenter de résorber le flux, certaines directions ont aussi réduit l’accueil du public. A Bordeaux Métropole, les portes restent fermées aux allocataires, à l’exception du siège et d’une agence, mais sans bénéficier de renforts. Et l’accès aux e-mails est resté bloqué jusqu’au 11 mars.

2 100 suppressions de postes

Faute de moyens, selon le délégué FO, les agents doivent se concentrer sur la prime d’activité, au détriment des autres demandes de minimas sociaux comme le RSA ou l’allocation adulte handicapé, pour lesquelles les dossiers s’accumulent également. Certains accusent jusqu’à deux mois de retard.

C’est un scandale, pour répondre aux annonces d’Emmanuel Macron, on met de côté les allocataires les plus pauvres qui ne vivent que des minimas sociaux et qui normalement sont prioritaires, poursuit Nicolas Gébleux.

Une délégation FO avait rencontré le 26 février le directeur de la CNAF et le directeur des réseaux des CAF. Elle avait dénoncé le sous-effectif chronique, un recours massif aux CDD et l’absence de reconnaissance sur la feuille de paie. Mais la direction, plutôt que renforcer les effectifs, a évoqué comme solution la refonte du « modèle de production », la simplification et l’allègement des tâches, par l’automatisation de certains traitements.

Une prime de 200 euros excluant 75% des salariés

Début mars, le gouvernement a finalement annoncé le recrutement de 140 agents supplémentaires en CDI pour permettre d’absorber le surcroît d’activitéIl ne faut pas sous-estimer cette décision, c’est la première fois qu’on embauche depuis des années, reconnaît Laurent Weber. Mais ça ne va rien résoudre puisque 2100 postes seront supprimés par le COG 2018-2022 et que le ministère ne compte pas revenir dessus.

Les salariés revendiquent aussi depuis plusieurs mois une augmentation de la valeur du point, gelé depuis 2010. Les salariés de la CAF sont de plus en plus pauvres, beaucoup perçoivent eux-mêmes la prime d’activité, le CE n’a jamais distribué autant de bons alimentaires, poursuit Nicolas Gébleux. Le pire, c’est que nous ne sommes pas fonctionnaires. Nous sommes salariés de droit privé, mais tout est bloqué par le ministère.

FO revendique aussi le versement d’une « prime Macron ». Mi-février, la ministre de la Santé a proposé une prime de 66 euros bruts pour tous les salariés des organismes de sécurité sociale. Beaucoup trop peu, dénonce Nicolas Gébleux. La dernière proposition atteignait 200 euros net hors dispositif Macron, et réservée aux salariés les plus modestes, en excluant de fait les trois quarts des effectifs. C’est du mépris à tous les niveaux, aucun syndicat ne va signer cet accord, poursuit le délégué FO, qui précise que des négociations sur les salaires doivent se rouvrir le 21 mars.

 

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