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17 / 02 / 2022

Prévention-sécurité privée : FO ne lâche rien sur la nécessaire revalorisation des salaires

Vigile a l’entree du magasin charge de la surveillance.
©Pascal SITTLER/REA

 

A l’appel de FO et de l’ensemble des syndicats du secteur, constitués en intersyndicale, les 180.000 agents de prévention et de sécurité sont appelés à manifester ce 18 février devant les représentations territoriales du Medef. La dernière proposition salariale du patronat est jugée plus qu’insuffisante.

La revendication est unique, et tient en peu de mots : « de vrais salaires pour tous les salariés ». A l’appel de FO et de l’ensemble des syndicats du secteur constitués en intersyndicale, les 180.000 agents de prévention et de sécurité sont appelés ce 18 février à manifester, partout en France, devant les représentations territoriales du Medef, de 9h à 13h.

La date n’a pas été choisie au hasard, elle est celle de la prochaine CPPNI (Commission paritaire permanente de négociation et d’interprétation), où les organisations syndicales ne comptent ouvrir qu’un seul dossier : celui de la revalorisation immédiate des salaires, pour que les agents puissent enfin « vivre décemment de leur travail ». Un tiers des agents de prévention-sécurité ont un salaire de base en dessous du Smic.

Les deux premiers coefficients de la grille de nouveau inférieurs au Smic

L’augmentation automatique de 0,9% du Smic au 1er janvier a fait replonger les deux premiers coefficients de la grille – les coefficients 120 et 130 – en dessous de son niveau. Si des négociations salariales se sont rouvertes le 14 janvier, la proposition patronale est jugée plus qu’insuffisante.

« Les organisations patronales proposent de n’augmenter que ces deux premiers coefficients et uniquement pour les remonter au niveau du Smic. Cela va entraîner automatiquement un tassement de la grille des salaires. En plus, elles proposent de revenir sur le projet d’accord sur les classifications, en cours de négociation, qui prévoit un écart fixe entre les premiers niveaux de la grille. Ce qui revient à entériner, dans l’avenir, ce tassement de la grille », précise Alain Bouteloux, secrétaire fédéral en charge de la sécurité privée à la FEETS-FO (Fédération Equipement, environnement, transports et services).

Suspension des travaux sur la refonte des classifications de branche

Face à l’attitude patronale, l’ensemble des sept organisations syndicales de la sécurité privée ont suspendu les travaux en cours sur la refonte des classifications de la branche. A l’agenda social depuis 2019, celle-ci devrait s’accompagner d’une hausse de la masse salariale globale de 10%.

La perspective a valu au secteur d’être érigé en « bon élève » par le ministère du Travail, à la fin de l’été dernier, dans le dossier de la revalorisation des 15 familles de métiers dits de la deuxième ligne, auxquelles la sécurité privée appartient. Bien que rien ne soit finalisé.

Pourtant, « en conditionnant la revalorisation des salaires à ce projet d’accord sur les classifications, le patronat gagne du temps depuis 2019 pour ne pas agir sur le niveau des salaires conventionnels », dénonce Alain Bouteloux.

Selon une récente étude de l’Insee, le salaire horaire brut moyen dans la sécurité privée est notablement plus faible que dans l’ensemble des activités de soutien (activités sans lien direct avec la production, NDLR). En clair, il est inférieur de 9,3% : 13,6 euros contre 15 euros. Il est proche du salaire horaire brut moyen dans la propreté (13,3 euros).

FO vise toujours une hausse de 10% sur l’ensemble de la grille

En 2021, les agents de la prévention-sécurité n’ont pas bénéficié d’augmentation des salaires conventionnels. La proposition a minima du patronat – une hausse de 0,4% de tous les coefficients de la grille – n’a pas recueilli assez de signatures, pour s’appliquer. Quant aux négociations salariales pour 2022, elles n’ont abouti qu’une fois que le patronat a finalement consenti à simplement répercuter la hausse automatique de 2,2% du Smic, intervenue le 1er octobre, sur l’ensemble de la grille, les primes et les indemnités conventionnelles. Il proposait initialement une augmentation de 1,2% des salaires minima conventionnels.

Malgré l’insuffisance de cette augmentation, la FEETS-FO indique qu’elle a pris ses responsabilités et signé cet accord salarial 2021, étendu au 1er janvier 2022. « La dernière augmentation datait de mai 2020. Pour FO, il n’était pas envisageable d’avoir deux années de gel des salaires. Il fallait limiter la perte de pouvoir d’achat des salariés, alors que l’inflation était repartie à la hausse durant l’été et que la revalorisation de 2,2% du Smic était intervenue le 1er octobre », rappelle Alain Bouteloux secrétaire fédéral.

Mais l’objectif de la FEETS-FO a toujours été la revalorisation de 10% de l’ensemble de la grille. « Cette augmentation de 10% est indispensable, d’abord pour répondre aux besoins des agents de sécurité, ensuite pour attirer des salariés dans le secteur en perte d’attractivité, alors qu’il va sécuriser les grands événements de 2023 et 2024 » (Coupe du monde de rugby, Jeux Olympiques et Paralympiques), complète le militant FO. Elle reste aujourd’hui l’objectif de FO, tandis que la mobilisation se construit.

Classifications – Salaires : la dernière provocation des patrons

Lundi 14 février, les employeurs se sont enfin découverts sur leur manière d’augmenter de 10% de la masse salariale dans le secteur de la prévention-sécurité pour 2023.

Sachant que, suite à l’augmentation du Smic au 1er janvier 2022, ils s’en tiennent à des propositions maintenant 30% des salariés au Smic, 50 autres pour cent avec 41€ au-dessus de celui-ci et rien pour les autres. Cette augmentation n’intervenant au mieux dans trois mois.

Les chambres patronales ont enfin affiché clairement ce que Force Ouvrière avait déjà écrit dès juillet 2020.

Ce seront les salariés qui s’augmenteront en incluant leur prime d’ancienneté dans leur taux horaire.

Les salariés actuels qui se feront subtiliser leur prime d’ancienneté et se retrouveraient au- dessus des nouveaux minima se verraient octroyer une augmentation de 2% afin qu’ils aient un petit quelque chose. On croit rêver !

Il fallait oser !

Non seulement ils ne veulent pas nous augmenter, mais en plus ils veulent nous faire les poches !

Il est grand temps que les ministères qui croient que le problème salarial de la sécurité privée est en bon chemin se réveillent.

Vendredi 18 février 2022, jour de la négociation, les salariés exprimeront leur mécontentement et exigeront d’être augmentés, maintenant, réellement !

Des rassemblements sont prévus de 9h00 à 13h00 à Paris à hauteur du 146, bd Diderot ; et devant les Medef de Bordeaux, Colmar, Lyon, Marcq en Bareuil, Marseille, Nantes, Nice, Rouen, Toulouse.

chaud ! chaud ! chaud !

leurs revendications concernent la réforme des retraites: Appel à la grève dès le 5 décembre

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