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France 21 / 07 / 2016

Nucléaire : les organisations syndicales quittent la réunion au ministère de l’Economie

Dénonçant une « réunion de façade », les fédérations de l’Energie et de la Métallurgie FO, CGT, CGC et l’UNSA Industrie ont quitté lundi 18 juillet une réunion avec le ministre de l’Economie, M. Emmanuel Macron, après avoir lu une courte déclaration.

Les organisations syndicales attendaient cette réunion depuis le 14 avril. Ce jour-là, lors d’une rencontre autour du projet de construction par EDF de deux réacteurs de nouvelle génération (EPR) à Hinkley Point, en Grande-Bretagne, (voir article ci-dessous) , le ministre Emmanuel Macron s’était engagé à organiser une réunion de travail sur l’avenir de l’ensemble de la filière sous les quinze jours.

Mais les organisations syndicales ont dû patienter trois mois pour… Constater que le rendez-vous enfin organisé par le ministre ne correspondait en rien à leurs attentes.

Une réunion dite sur l’avenir de la filière nucléaire mais… Sans ses principaux acteurs

Alors que la filière nucléaire est composée de plusieurs grands acteurs, comme EDF mais aussi Areva ou encore le CEA (Commissariat à l’énergie atomique), seule EDF était représentée, en la personne de son PDG, Jean-Bernard Lévy. Le ministère de l’Ecologie, pourtant responsable de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), ne participait pas non plus à la réunion.

« Nous nous étonnons du format de cette réunion (…) Nous ne pouvons pas croire qu’il ne s’agit que d’une réunion de façade pour avaliser des décisions déjà prises que nous ne partageons pas. Entre autres, nous réfutons par avance tout passage en force notamment sur Hinkley Point », ont déclaré les organisations syndicales avant de quitter la réunion.

A la sortie, Alain André pour la fédération FO Energie et Mines a dénoncé « un manque de transparence sur l’objectif poursuivi réel » de cette réunion, voire « une forme de manipulation ».

Les organisations syndicales restent disposées à une « véritable » réunion de travail

Depuis des mois en effet, les organisations syndicales, à commencer par FO, demandent le report du projet de Hinkley Point que la direction d’EDF et son actionnaire principal, l’Etat, s’obstinent à vouloir lancer. Elles dénoncent une prise de risque inconsidérée tant sur le plan industriel que financier, soulignant de surcroît qu’il serait plus cohérent de lancer les investissements nécessaires à l’entretien du parc nucléaire existant.

Les organisations syndicales qui ont quitté la réunion avec le ministre de l’Economie ont ainsi tenu à faire savoir qu’elles ne se laisseraient pas utiliser dans le cadre d’une opération de communication visant à laisser croire qu’un consensus aurait été trouvé. Elles restent en revanche, ont elles déclaré, « disposées à participer à une véritable réunion de travail » sur l’avenir de la filière nucléaire.

Une réunion de travail pour « échanger sur des bases de loyauté et de non passage en force », souligne la fédération FO.

ci-dessous: article

Hinkley Point : EDF s’obstine à imposer un projet à haut risque

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Centrale nucléaire de Hinkley Point (Grande-Bretagne). Lewis Clarke (CC BY-SA 2.0)

 

Faisant fi des nouvelles incertitudes qu’entraîne le Brexit et au mépris des règles de consultation du Comité central d’entreprise, la direction d’EDF veut à tout prix lancer son projet de construction de deux réacteurs nucléaires à Hinkley Point, en Grande-Bretagne. Un projet dont les organisations syndicales continuent de demander le report, dénonçant depuis plusieurs mois une prise de risque inconsidérée, aggravée aujourd’hui selon elles par la décision de la Grande-Bretagne de quitter l’Union européenne.

Selon la direction d’EDF, le Brexit « ne modifie pas les éléments fondamentaux » de son projet de construire deux réacteurs nucléaires de dernière génération en Grande-Bretagne, à Hinkley Point.

A l’inverse, FO, la CGT et la CGC ont, dans un communiqué commun du 30 juin, estimé que cette modification du contexte économique et financier général, « avec un gouvernement britannique qui expédie les affaires courantes », ne fait qu’aggraver les incertitudes qui pèsent sur la réalisation de ce projet à court terme.

Pendant ce temps l’entretien du parc nucléaire existant attend toujours des milliards d’euros d’investissement

Depuis plusieurs mois, la fédération FO Energie et Mines, notamment, demande à l’entreprise et à son actionnaire majoritaire, l’Etat, de reporter ce projet de deux ou trois ans, expliquant qu’il « n’est pas actuellement en l’état d’être lancé, ni sur le plan industriel, ni sur le plan financier » et doit être reporté de deux ou trois ans.

Sur le plan industriel, les syndicats préconisent en effet d’attendre le retour d’expérience des autres EPR, pour l’instant en cours de construction dans le monde et dont aucun n’a donc à ce jour ni fonctionné, ni été testé.

Sur le plan financier, se lancer dans un projet dont l’intégralité du financement est très loin d’être garanti à ce jour semble pour le moins périlleux.

Le choix de la direction et de l’Etat se révèle d’autant plus incohérent que pendant ce temps le grand carénage du parc électronucléaire existant nécessiterait des milliards d’investissements.

La direction n’a pas respecté le droit d’information et de consultation du CCE

A en croire la direction d’EDF, le Comité central d’entreprise de ce lundi 4 juillet aurait été consulté en bonne et due forme et plus rien ne ferait donc obstacle au lancement du projet.

En réalité, le CCE a été empêché de rendre un avis, la direction ayant omis de lui communiquer une bonne partie des documents requis et n’ayant pas répondu aux demandes de rendez-vous des experts auprès des responsables du projet. La majorité des représentants du personnel a considéré que la direction a ainsi de fait refusé au CCE « d’exercer son droit à une information complète sur un projet majeur pour l’entreprise ».

Les élus du personnel ont saisi la justice

Dès le 20 juin, constatant l’obstruction de la direction et sa décision de convoquer unilatéralement le CCE pour le 4 juillet sans laisser davantage de temps au processus d’information, le Secrétaire du CCE, sur mandat unanime des élus du personnel, avait saisi le Tribunal de grande instance de Paris. Une audience a été fixée pour le 22 septembre.

Ce 4 juillet, les élus FO, CGT et CGC ont de nouveau mandaté le Secrétaire du CCE pour ester en justice dans le cas où la direction tenterait de « se placer au-dessus de la justice, en mettant en œuvre de quelque manière que ce soit le projet Hinkley Point avant l’achèvement du processus d’information et de consultation ».

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