>Édito

22 / 06 / 2016

Nous ne lâcherons rien !

Depuis plusieurs semaines maintenant, le gouvernement organise une véritable campagne contre les organisations syndicales et leurs services d’ordre, qui assurent la sécurité de ceux qui manifestent de manière pacifique dans les cortèges.  Au soir de la formidable mobilisation du 14 juin, un cran supplémentaire a été franchi. En accusant les syndicats d’être complices des « casseurs », soi-disant venus avec l’objectif de « tuer » (sic) des policiers et en brandissant la menace d’interdiction des manifestations, menace désormais mise à exécution, le gouvernement s’engage dans une spirale dangereuse contre les libertés syndicales et démocratiques.

Cette campagne haineuse contre le mouvement ouvrier n’est pas sans rappeler les périodes sombres de notre histoire. Le gouvernement basculerait-il dans le corporatisme et le totalitarisme ?

En tout état de cause, il utilise les exactions des « casseurs » pour jeter le discrédit sur la mobilisation en cours contre le projet de loi travail. De nombreux policiers, victimes eux aussi de cette

violence organisée en marge de nos manifestations, s’interrogent sur les consignes données en haut lieu. Parfaitement identifiables, ces individus vandalisent sans retenue et souvent en toute impunité. Le gouvernement ne trouve t-il pas là des alliés de circonstance ?

Mais qui sont-ils ? Un noyau de plusieurs dizaines de militants se réclamant de « l’insurrection qui vient » rédigé en 2007 par « un comité invisible » (sic).

Voici quelques morceaux choisis de cet essai si particulier : «(…) Tout mouvement social rencontre comme premier obstacle, bien avant la police proprement dite, les forces syndicales (…) » et« (…) la notion de travail a toujours recouvert deux dimensions contradictoires : une dimension d’exploitation et une dimension de participation. Exploitation de la force de travail individuelle et collective par l’appropriation privée ou sociale de la plus-value; participation à une œuvre commune par les liens qui se tissent entre ceux qui coopèrent au sein de l’univers de la production. Ces deux dimensions sont vicieusement confondues dans la notion de travail, ce qui explique l’indifférence des travailleurs, en fin de compte, à la rhétorique marxiste, qui dénie la dimension de participation, comme à rhétorique managériale, qui dénie la dimension d’exploitation. »

Est-il nécessaire de commenter ?

Le « comité invisible » se réclame clairement de la doctrine sociale de l’église qui, tout en soulignant les excès du capitalisme, invite les ouvriers au calme et à la nécessité de s’unir à la classe capitaliste au nom de la nécessité du « bien commun ». Ces « militants casseurs » participent pleinement de la campagne ouverte contre le mouvement ouvrier, n’hésitant pas à vandaliser il y a quelques semaines les vitres et portes des locaux des Unions Départementales CGT, CGT-FO et FSU de Loire-Atlantique. Tels sont les faits.

Bien entendu, l’essentiel n’est pas là. La grève et la manifestation du 14 juin ont été un puissant mouvement de mobilisation de la classe ouvrière, réunissant dans un même élan fraternel un million de travailleurs, autour de leurs organisations syndicales, tous unis sur l’axe du retrait du projet de loi Travail. Le 14 juin, face à un gouvernement isolé, la volonté de la majorité s’est exprimée.

Et en refusant de répondre aux légitimes revendications de cette majorité, en ayant recours aux légitimes revendications de cette majorité, en ayant recours au 49-3, en interdisant maintenant les manifestations syndicales, le gouvernement et le Président de la République s’engagent sur la voie du totalitarisme. Ils s’appuient tout naturellement à la fois sur le Medef, la Cfdt et la commission européenne. Alors pour préserver les libertés syndicales et obtenir le retrait du projet de loi Travail, organisons la grève et les manifestations du 28 juin. Nous ne lâcherons rien, la trêve des congés d’été n’entamera en rien notre détermination.

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Le savez-vous ?

Qui a dit en 2008 : « il est essentiel d’encadrer la négociation dans l’entreprise par des négociations de branches afin d’éviter que la durée du travail devienne un élément de concurrence entre entreprises (…). La réalité est que les rapports  sociaux dans les entreprises ne sont pas de grandes qualités et que la seule possibilité de garantir réellement certains principes, comme la santé des travailleurs, est de donner plus d’importance à la négociation de branche (…). L’accord de branche est nécessaire pour poser le socle commun de la négociation et harmoniser le champ de la concurrence entre les entreprises » ?

Réponse en bas de la page *

Extraits d’un article de Solène Davesne dans le journal patronal « L’usine nouvelle »  Bercy sur les travailleurs détachés : « C’est un dossier explosif qui prend de l’ampleur. En 2015, la France comptait 286000 travailleurs détachés sur son territoire, un chiffre en hausse de 25% sur un an. (…) Depuis plusieurs années, la grogne monte dans de nombreux secteurs contre le phénomène. La dernière note du Trésor tente de minimiser les craintes de «concurrence sociale». (…)

Pourquoi y recourir dès lors? Dans certains secteurs comme le bâtiment, l’absence de main-d’oeuvre qualifiée pour l’emploi requis justifierait le recours aux travailleurs détachés», souligne la note. (…) Certes, le travail détaché concerne à 83 % des ouvriers. (…) Mais, «il est probable qu’à qualification égale, la rémunération des travailleurs locaux soit plus élevée » reconnait l’étude. alors que le salaire minimum est de 218 euros en Roumanie et 955 euros brut en Pologne seulement. A cela s’ajoutent les risques de fraude et les «zones grises de la législation européenne».

Article complété par cette remarque d’un lecteur :

« (…) Les étrangers acceptent de travailler sur des amplitudes horaires plus élevées (y compris le soir et le week-end) et acceptent mieux des conditions de travail pénibles, voire dangereuses. (…) Les donneurs d’ordres délèguent de plus en plus l’organisation et le suivi de chantier à des intermédiaires. Ces derniers de l’outillage, de la sécurité et parfois de la qualité. Dans le bâtiment où je travaille, je vois des brouettes de ciment descendues dans les escaliers, l’ascenseur utilisé pour charrier les gravats. Toutes les charges lourdes sont portées à dos d’homme dans les escaliers alors que des trappes d’accès existent pour des moyens de levage, etc… »

Vive le progrès !

* Marcel Grignard, secrétaire national de la CFDT en 2008

 

 

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