>Histoire

5 / 04 / 2025

« Mono ou dizygotes ? »

Dans l’ouest syndicaliste de janvier 2007 Patrick Hébert écrit :

« ( … ) La CFDT, trop affaiblie, n’est plus en mesure  de faire avaler ses contre-réformes à venir. La CGT est obligée de prendre le relais. L’opération est très risquée. On se souvient que Bernard Thibault a été mis en minorité sur la question du référendum (1). Le numéro de duettistes, jusqu’alors discret est désormais ostentatoire … » Thibault était contre le NON au traité constitutionnel.

Personne n’a oublié le vibrant appel de 100 capitalistes pour le OUI; parmi eux, les PDG de l’Oréal, Total, Vinci, Axa, Suez etc. Ils écrivent : « un NON cassera la dynamique dont nous avons collectivement tiré un profit considérable depuis quarante ans ». (Publié dans le FIGARO le 20 mai 2005). Chérèque-Thibault-Suez-Axa … sont dans le même rafiot … on connait la fin.

L’ex 1er « collaborateur » de Sarkozy, François-le-pieux-de-Mayenne, expliquait, un peu amusé, que le leader de la CFDT (Chérèque) était : « le grand méchant mou », toujours soumis aux plans des capitalistes, flanqué à « gauche » du « grand méchant loup » chargé d’organiser la ritournelle des journées d’action et autres « temps forts » … entre des temps mous. Fillon précisait à juste titre que la tâche de Thibault était plus compliquée que celle de son compère contre réformiste.

Dans l’édito du 2 juillet, Patrick Hébert précisait :

« Le corporatisme n’est pas forcément triste. Aux processions plurielles, on rit, on chante, on fait la fête. Il faut de la bonne humeur et du spectacle. On patientera jusqu’aux élections présidentielles suivantes, et, peut-être un miracle … » Toute la « gauche » et la « gauche de la gauche » se doit de communier, unie.

L’ordre nouveau corporatiste, les duettistes Chérèque-Thibault le voulaient « européen ». C’est bien ce qu’ils « revendiquaient » dans la lamentable déclaration signée par plusieurs syndicats membres de la Confédération européenne des syndicats (CE« S ») le 8 décembre 2011, déclaration pompeusement intitulée : « pour un nouveau contrat social européen ».

Extrait :

« L’UE traverse la crise la plus profonde de son histoire. ( … ) Le projet européen constitue sans doute une des constructions politiques les plus importantes du XXème siècle … que proposons-nous pour sortir de cette crise économique et politique de l’UE ? Le mouvement syndical européen cherche à défendre l’intérêt général …. Il faut établir un nouveau contrat social et économique avec la participation active des partenaires sociaux ». Difficile d’être plus servile.

Pour la CFDT, c’est naturel ; c’est dans ses statuts.

Pour la CGT, c’est une autre paire de manches. Dans les UD, les syndicats de base, et même quelques fédérations, bien des militants s’interrogent et résistent à une orientation qui conduirait, si elle devait aller jusqu’à son terme à la destruction de la CGT comme confédération ouvrière.

Militants d’autant plus inquiets qu’ils voient à gauche, le meilleur serviteur de « gauche » de la finance, François-le-preux-de-Tulle, déclarer benoitement :

« Nous devons tous être rassemblés pour agir, pour amplifier les réformes ». Sans succès.

C’était à l’occasion d’une tentative de grand’messe en juillet 2014 (une « grande conférence sociale » disait Hollande qui n’osait pas encore se ridiculiser avec le terme : « conclave ») ; la CGT-FO d’abord, la CGT ensuite avaient claqué la porte. 

François-le-pieux-de- Betharram y a-t-il seulement songé ?

Le patronat apprécie, c’est bien normal, les efforts des « corps intermédiaires ». Mais il reste dubitatif. Les patrons sont des gens pragmatiques. Ils veulent des résultats tangibles.  Ils encouragent discrètement ou pas (2) les efforts des uns et des autres. Le journal patronal, le nouvel économiste décerne chaque année les oscars du meilleur entrepreneur, du meilleur « manager », et du meilleur « régulateur ». En 2010, le choix fut cornélien. Entre Bernard Thibault et François-le-pieux, le cœur des patrons balance. Incapable de trancher, le journal a nominé … les deux !

A l’occasion d’un congrès CFDT ; (MEDEFDT)

Echec au corporatisme.

En mars 2022, à l’occasion du XXVIIIème congrès de l’UD-FO 44, Frédéric Souillot avait lancé à quelques élus de « gauche » : « nous ne sommes pas des corps intermédiaires ! » ; il avait raison, d’ailleurs, nous avons qualifié le « conclave » de « mascarade » (3). 

N’en déplaise à Sophie Binet, cette position est majoritaire dans les deux confédérations.

La question qui se pose maintenant est : comment gagner sur nos revendications syndicales ?

En 2023, nous avons fait 14 journées d’action avec des manifestations souvent massives et le soutien de pratiquement tous les salariés. 

Dans l’intersyndicale nationale, certain(e)s ne voulaient pas que le mot grève apparaisse.

Il faut tirer tous les bilans, honnêtement, cesser de reproduire toujours les mêmes « erreurs » et se préparer au choc inévitable. Il n’y a pas d’autre alternative que de bloquer le pays.

A moins d’accepter comme madame Léon (4) l’économie de guerre, donc la guerre – du sang et des larmes – seule perspective des capitalistes et leurs supplétifs pluriels.

Bien sûr, en ce qui concerne notre confédération, il n’est pas question de se soumettre.

1) 80% du Comité Confédéral National (CCN) qui rassemble entre deux congrès secrétaires d’UD et de fédérations étaient pour le NON, en opposition à Thibault. La plupart étaient même partisans de mener clairement une campagne pour le NON. Un point de vue qui rejoignait celui de l’UD CGT-FO de Loire-Atlantique. Il s’agissait, comme en 1969 de combattre l’ordre corporatiste.

2)Parfois ouvertement : « La Commission européenne (félicite et encourage) les partenaires sociaux (qui) sont invités à persévérer dans la contribution impressionnante qu’ils ont apportée au cours des cinq dernières années à la modération salariale qui a tant fait pour l’amélioration des perspectives économiques … »

3) Tout le monde a compris qu’il n’a jamais été question d’abroger la contre-réforme des macroniens. Au contraire, il s’agissait pour le gouvernement et le patronat de profiter de la présence de ses subsidiaires pour l’aggraver, soit en allant sur le terrain de la capitalisation, soit en allant sur le terrain de la CFDT, la « retraite par points », soit un mixte des deux méthodes. Entre ces trois options, « tout était sur la table » disaient-ils sans rire.

 Qui peut croire un seul instant qu’ils y ont renoncé ?

4)Léon : « Si on veut préparer la guerre il faut la paix sociale ». (Source: interview au PARISIEN, mars 2025).               

JM 5-04-2025.

chaud ! chaud ! chaud !

leurs revendications concernent la réforme des retraites: Appel à la grève dès le 5 décembre

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