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Loire Atlantique 21 / 03 / 2018

Loire-Atlantique : il faut préparer les conditions d’un rapport de force interprofessionnel

Le XXVIIe congrès de l’union départementale CGT-FO de Loire-Atlantique qui se tenait le 13 mars dernier à Rezé près de Nantes a accueilli 900 délégués représentant soixante-six syndicats du département. Michel Le Roc’h a été élu à un second mandat de secrétaire général de l’UD FO.

Dans sa résolution, le congrès conteste les nombreuses attaques contre les conquêtes sociales et estime que la logique d’ensemble de la politique gouvernementale pose la question d’une riposte interprofessionnelle.

Quelque 900 délégués représentant soixante-six syndicats du département étaient réunis le 13 mars dernier à la halle de la Trocardière à Rezé près de Nantes pour le XXVIIe congrès de l’union départementale CGT-FO de Loire-Atlantique placé sous la présidence du secrétaire général de la Confédération FO, Jean-Claude Mailly. Un congrès qui a vu l’élection Michel Le Roc’h à un second mandat de secrétaire général de l’UD FO.

Au fil d’une trentaine d’interventions et ainsi qu’ils ont tenu à l’inscrire dans leur résolution générale, les délégués ont particulièrement souligné l’ampleur et la cohérence des attaques menées par le gouvernement Macron/Philippe contre les conquêtes sociales arrachées par la classe ouvrière depuis le début du XXesiècle.

On assiste actuellement à un démantèlement du modèle social ont insisté nombre de délégués faisant état dans leurs interventions d’une déterminationà contrer cette politique de régression. C’est dans ce contexte indique la résolution générale du congrès, adoptée à l’unanimité, que les conflits se multiplient au quotidien dans nombre de secteurs, du privé comme du public.

Préparer les conditions du rapport de force

Les congressistes ont ainsi salué l’action des agents de la pénitentiaire (14 jours de grève en janvier dernier), celle des personnels des Ehpad en grève le 30 janvier, celle des salariés de Carrefour confrontés à la suppression de plus de 5 000 postes, celle des retraités le 15 mars dernier, celle des fonctionnaires qui seront en grève et manifesteront ce 22 mars ou encore celle des cheminots.

Pour les congressistes ce n’est évidemment pas par le seul levier des manifestations et des grèves saute-mouton que la mécanique dévastatrice actuellement à l’œuvre pourra être stoppée. De fait, la logique d’ensemble de la politique gouvernementale pose la question d’une riposte interprofessionnelle.

Dans son rapport moral (adopté à l’unanimité par le congrès), l’UD FO de Loire-Atlantique appelle à organiser la résistance. Pour elle les gouvernements qui se succèdent appliquent à la lettre la volonté exprimée par le Medef de détruire de manière systématique les formidables conquêtes sociales issues du Conseil national de la résistance. Ils répondent ainsi favorablement aux exigences de la dictature du capital financier et aux injonctions de l’Union européenne.

Pour préparer les conditions de ce rapport de forces favorable aux salariés, le congrès a appelé à intensifier la syndicalisation au sein de la CGT-FO et à développer partout ses implantations syndicales.

Les délégués qui revendiquent l’abrogation de la loi du 20 août 2008 sur la représentativité syndicale ainsi que les mesures de la loi du 5 juillet 2010 sur la rénovation du dialogue social dans la fonction publique ont fustigé une compétition électorale permanente imposée aux organisations syndicales.

Le vote FO en progrès constant

Cela étant soulignent les congressistes partout où Force Ouvrière est implantée dans le département, l’activité inlassable de nos militants et la clarté de nos revendications nous placent souvent en position de force, avec une progression significative de nos résultats électoraux dans le secteur privé comme dans la fonction publique. Ainsi entre 2013 et 2017 le vote FO au sein des entreprises privées du département est en progression, passant de 15,94% à 16,27%.

Sur le terrain, la progression de FO se constate en effet. La liste FO pour le comité des œuvres sociales de la Région Pays-de-la-Loire a ainsi obtenu 30,52% des voix, soit une progression de 4,16% par rapport aux dernières élections. Chez Airbus, FO a progressé aussi et a obtenu 36,27% des suffrages aux dernières élections sur le site de Bouguenais et 38,35% sur le site de Saint-Nazaire. FO occupe désormais la première place syndicale à Nantes Gestion Equipement avec 35,5% des voix. Au sein du Chantier naval de Saint-Nazaire (STX) FO affiche une progression de 8,7% dans le 1er collège et de 5,6% dans le 2e collège. A la Fonderie Bouhyer à Ancenis, FO est devenue la 2e organisation syndicale avec 26,75% des suffrages depuis les élections de la Délégation unique du personnel (DUP)…

Plus largement, la résolution générale qui a fixé la ligne des revendications pour les trois années à venir balaye un certain nombre de thèmes telle la défense des garanties collectives des salariés, les salaires, les retraites, la sécurité sociale, les dossiers assurance chômage et formation professionnelle, les services publics, la défense du tissu industriel local et le développement des infrastructures… Des thèmes qui ne doivent rien au hasard.

Des dossiers en cours…

Le rapport moral de l’Union départementale présenté au congrès rappelait ainsi par exemple l’opposition des salariés de Loire-Atlantique à la vente du chantier naval de Saint-Nazaire à l’italien Fincantieri. L’UD FO demande que l’État français devienne l’actionnaire majoritaire du chantier naval. Non par idéologie mais tout simplement parce qu’il s’agit de la seule solution efficace pour protéger le chantier de tous les prédateurs financiers, pour garantir le maintien du site, de ses emplois et de son savoir-faire.

L’UD FO s’oppose aussi à la liquidation de la centrale à charbon de Cordemais près de Nantes. 2 000 emplois directs et indirects sont sur la sellette s’indigne FO rappelant qu’en janvier 2017 la centrale a sauvé la Bretagne d’un black-out grâce à la mobilisation de ses tranches fioul qui ont fonctionné à plein régime durant l’hiver.

Salaires : FO a obtenu des avancées substantielles

Le congrès qui demande l’abrogation d’un certain nombre de dispositifs légaux telle la loi Travail ou encore les récentes ordonnances réformant le Code du travail a tenu à réaffirmer le principe de la revalorisation automatique du Smic et l’augmentation de ce dernier pour qu’il atteigne progressivement 80% du salaire médian, soit 1 841 euros bruts mensuels.

Les délégués revendiquent aussi une augmentation du pouvoir d’achat par l’augmentation générale des salaires, facteur de justice sociale, de relance économique et de financement de la protection sociale. Le congrès a condamné par ailleurs toutes les mesures pénalisant le pouvoir d’achat des agents de la fonction publique (gel du point d’indice, rétablissement du jour de carence, compensation imparfaite de la hausse de la CSG…).

Malgré un contexte de recherche généralisée de baisse du coût du travail ont indiqué les congressistes nombre de syndicats FO ont obtenu dans le département des avancées substantielles, notamment au plan des salaires.

Ainsi dans le secteur privé, l’action de FO et sa détermination a permis par exemple de décrocher des augmentations salariales au sein de Nantes Métropole [Communauté d’agglomération, NDLR], chez Manitou (+2,3% d’augmentation générale pour les non-cadres en 2018), Toyota-Ancenis (+1,8% pour les ouvriers), Airbus, Stelia Aerospace, Daher, Quo Vadis (augmentation générale des salaires des ouvriers de 2,8%), Idea Services Château-Bougon, Aplix (+1,5% d’augmentation générale pour le collège ouvrier), SDVI (+1,5% pour les non-cadres)… La pratique contractuelle fait partie de l’ADN de la CGT-FO a rappelé le congrès.

chaud ! chaud ! chaud !

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