>À la une

Histoire 18 / 02 / 2017

La loi CFDT. Le toujours bien informé Noblecourt avait noté cette importante information

La loi CFDT.

 Le toujours bien informé Noblecourt avait noté cette importante information. (Parue dans le Monde).

9 juillet 2013

L’association patronale Entreprise et Progrès s’ouvre à des syndicalistes

 

Entreprise et Progrès innove. L’association patronale fondée en 1970 par François Dalle, alors président de L’Oréal, qui réunit aujourd’hui 100 chefs d’entreprises, vient de faire entrer au sein de son comité exécutif deux syndicalistes : Marcel Grignard, secrétaire national de la CFDT, et Joseph Crespo, membre du bureau confédéral de la CFTC et président de sa fédération de la métallurgie.

Présidé depuis 2011 par Denis Terrien, directeur général du groupe 3SI, ce mouvement, qui se veut « anticonformiste, créatif et soucieux d’anticiper« ,  entend ainsi illustrer son mot d’ordre de « l’audace équitable » en partant du principe que « le progrès social est une condition du progrès économique« .

Pour Denis Terrien, « c’est la coopération, le dialogue et la coproduction d’idées qui sont les clés pour sortir des impasses actuelles« . Avec l’entrée de ces deux syndicalistes, Bénédicte de Beaufort, la déléguée générale d’Entreprise et Progrès, compte sur « la fertilisation croisée des expériences et des regards » pour faire de l’association « le laboratoire de cette nouvelle approche de l’entreprise ».

« Patronat autonome et pragmatique »

Se définissant comme « la mouche du coche » et le « poil à gratter » du patronat, Entreprise et Progrès fait entendre depuis plus de quarante ans, souvent en concurrence avec le Centre des jeunes dirigeants (CJD), une petite musique décapante, à la fois progressiste et humaniste, dans le monde des entreprises. Déjà, en 1981, au moment de l’arrivée de la gauche au pouvoir, l’association avait cherché à se distinguer du CNPF – l’ancêtre du Medef – qui, selon sa formule, « se faisait raide comme un stop planté à un carrefour« , en proposant la « voie alternative d’un patronat autonome et pragmatique« .

En mai 1968, elle avait salué les résultats de la conférence de Grenelle, et notamment la reconnaissance légale de la section syndicale d’entreprise, se faisant par la suite l’avocate ou le précurseur des horaires souples, du salaire annuel garanti, de l’expression directe des salariés, de la concertation avec l’encadrement, de l’enrichissement des tâches et de l’actionnariat salarié, ou surtout de l’intéressement. Lors de l’adoption des lois Auroux sur les nouveaux droits des travailleurs en 1982, elle avait plaidé pour une « application dynamique et volontaire » de ces réformes.

« Bien des blocages anciens subsistent »

Illustrant la devise de son association – « l’homme au cœur de la vie de l’entreprise,l’entreprise au cœur de la cité » –, le président d’Entreprise et Progrès estime qu’il est aujourd’hui possible d’« identifier des inégalités sociales  qui freinent le progrès économique. Ou bien des opportunités de changement à la fois bénéfiques sur les deux plans car les attentes de nos concitoyens changent et bien des blocages anciens subsistent... Et de nouveaux apparaissent« .

Denis Terrien qui a mis l’accent, dans la dernière période, sur le choc démographique à venir et l’insertion des jeunes en difficulté, veut « proposer des solutions applicables et réalistes et supprimer des goulots d’étranglement encore trop fréquents dans notre pays ». L’arrivée de Marcel Grignard et de Joseph Crespo l’aidera peut-être à défricher de nouveaux sentiers.

Michel Noblecourt

******************************************************************************

Juillet 2013 : Les patrons de choc d’Entreprise et progrès, à la recherche de têtes pensantes efficaces s’adresse à la CFDT-CFTC. Quoi de plus normal. Les patrons savent qu’en novembre 2013, les semaines sociales se réunissent sur le thème de la refonte du travail. La CFDT est à la manœuvre. C’est Berger qui mène la danse. L’un des objectifs, c’est clairement de préparer le terrain à la « réforme » du code du travail. Berger défend l’idée d’’ « un compte social personnel » car il faut « réinventer le travail ».

18-2 CFDT

Il s’agit aussi de museler la CGT, d’où la présence de Le Duigou, partisan du « syndicalisme rassemblé » derrière la CFDT. Notons qu’à l’époque, le représentant patronal, membre de la branche IUMM ne fait pas preuve d’un enthousiasme délirant. Voilà de quoi contrarier les « révolutionnaires » d’Entreprise et Progrès ».

Entreprises et progrès ? Ce bidule est peu connu du grand public. Il ne rassemble d’ailleurs qu’une minorité de chefs d’entreprises ; les liens directs avec la CFDT en font la branche la plus acharnée à détruire les acquis ouvriers. Noblecourt rappelle le soutien de ces patrons de choc aux lois Auroux qui avaient pour fonction selon le mot de Michel Praderie, de « pulvériser » les confédérations ouvrières afin de liquider les conventions collectives.

Les propos de l’ex secrétaire général de la CGT au journal patronal le nouvel économiste (1) : « l’entreprise est une communauté » leur laissent espérer bien des choses … et puis, fort heureusement, M Lepaon a été contraint de céder la place …

Les patrons d’Entreprises et progrès réfléchissent depuis plus de 30 ans (1985) aux moyens de « pulvériser » le code du travail ; les lois Auroux ne constituant qu’une première étape. Rappelons-nous que c’est aussi en 1985, que Jean Boissonnat, qui fut « patron » des semaines sociales, publiait son rapport : la fin du travail. On ne devait plus parler que : d’« activités ».

L’extrait de l’intervention de Jacques Le Goff, * ci-dessous, rappelle opportunément les enjeux. : « Inverser entièrement la hiérarchie des normes ».

La loi Berger-Valls-Entreprise et progrès-MEDEF a posé de sérieux jalons. Mais, ils veulent aller plus loin avec leur projet de « réécriture » complète du code du travail.

Ce projet n’est qu’un élément du « programme » défini par B.Kessler : liquider les acquis de 1945 (et ceux de juin 36).

Il faut se préparer à de nouveaux combats. Une fois de plus, on peut faire confiance à la CFDT pour faire le sale boulot.

Mais surtout, on peut faire confiance à la CGT-FO pour organiser la résistance.

  • «  Il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés – là encore, je regrette que les actionnaires fassent figures d’éternels absents – et ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté. ». (le nouvel économiste : 21-02-2014).

C’était ouvertement basculer dans le camp du corporatisme.

J M février 2016.

*  Jacques Le Goff. Intervention dans le cadre d’un colloque organisé par l’Institut social du travail CGT. Source : site de l’IST. (octobre 2014).

« ( … ) Quel avenir pour le code du travail ? Trois scénarios possibles, dont deux qui ne me paraissent pas a priori très plausibles. Le premier, c’est le scénario de la révolution conservatrice, c’est-à-dire de la remise en cause de la fonction du code du travail et de son contenu inamovible, sur un thème qui traine dans la littérature depuis trente ans : faut-il brûler le code du travail ? Et j’en veux pour preuve ce document que j’étais allé chercher à l’époque du côté d’Entreprises et progrès, qui date de 1995 mais qui est en fait la révision d’un document de 1985. Entreprises et progrès, qui est rattaché au CNPF, fait la proposition d’un contrat collectif d’entreprises et avance en substance l’idée d’inverser entièrement la hiérarchie des normes pour placer au centre du dispositif et peut être à son sommet, les normes négociées, celles négociées au plus près du terrain, c’est-à-dire les normes négociées 9 dans l’entreprise. Viendrait ensuite les normes négociées au niveau des branches d’activités, et celles au niveau national.

Dans ce dispositif en somme, la loi, le règlement occupent une place périphérique, une place de filet de sécurité dans l’hypothèse où la grande question n’aurait pas fait l’objet d’une négociation et bien on retrouvera, on retombera sur ce que l’on nomme l’ordre public social mais un ordre public social réduit à sa plus simple expression, extrêmement allégé. C’est une illustration de l’idée de subsidiarité, c’est la mise en œuvre de cette idée que l’État a une fonction de subsidiarité par rapport au pôle de référence qu’est la profession et particulièrement au niveau de l’entreprise. Je pourrais vous citer des passages de ce texte qui mérite d’être repris aujourd’hui parce que dans le fond il exprimait parfaitement la philosophie de ce qui chemine et l’explicite du discours de contestation du rôle du droit du travail. Ce scénario qui est prétendument de dérégulation mais qui est en fait un scénario de re-régulation selon des voies nouvelles et peut être même d’ailleurs de re-régulation proliférante parce que plus on démultiplie le droit et plus le dispositif se complexifie. Au prétexte de simplifier on risque d’aboutir à une complexité inouïe et bien sûr avec des inconnues formidables quant à l’application et la garantie d’application de ce droit.

J’imagine, je me remets dans la peau d’un inspecteur du travail, nous serions dans la situation de demander en entrant dans l’entreprise, pouvez-vous nous présenter votre droit s’il vous plait ? Quel est le droit que vous appliquez ici, quels sont vos accords ? On peut penser bien sûr qu’ils seront transmis à la direction départementale du travail. Un droit qui serait totalement morcelé, éparpillé, atomisé et d’une visibilité tout à fait problématique. Ce scénario, bien que recueillant l’approbation d’une partie du patronat, pour des raisons que l’on peut comprendre, paraît peu probable, d’abord parce que mis en œuvre de façon ouverte et brutale, il se heurterait à des protestations tellement massives que les tenants, les acteurs, les auteurs seraient conduit à faire machine arrière. Deuxième raison, ce scénario introduirait une complication invraisemblable dans l’architecture juridique transformée en un manteau d’arlequin, illisible et on ne voit pas le pouvoir politique fut-il de droite, se rallier à ce type de schéma. Je ne les crois pas suffisamment inconscients pour aller dans cette voie, en tout cas ouvertement ».

Mais les inconscients, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît.

chaud ! chaud ! chaud !

leurs revendications concernent la réforme des retraites: Appel à la grève dès le 5 décembre

>Suite

Calendrier de l’UD : cliquez sur les jours

<< Avr 2026 >>
lmmjvsd
30 31 1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 1 2 3