>Histoire

22 / 03 / 2025

Les syndicats et la guerre des classes (15).

Aux USA, deuxième partie.

L’organisation de la grève par les grévistes. Le comité de grève.

Farrell Dobbs explique : « Un comité de grève fut organisé pour assurer la direction des piquets … pour la première fois un syndicat local de camionneurs était sur le point de prendre la forme d’un syndicat d’industrie, comprenant tous les travailleurs d’une même corporation dans un seul syndicat » ce qui déplaisait fortement aux dirigeants de l’AFL.

« Dans le cadre de nos activités syndicales des équipes se rendaient dans les garages, les docks, les entrepôts, les aires de marchés, partout où l’on pouvait trouver des camionneurs … le recrutement passa à la vitesse supérieure ».

« Un cours fut organisé afin de former des orateurs devant intervenir dans les réunions des autres syndicats pour expliquer la campagne du local 574 et demander leur soutien. »

« ( … ) Les équipes syndicales ne se contentaient pas de dire qu’il fallait adhérer au syndicat, elles posaient également la question des revendications qui devaient être soumises aux employeurs … les grévistes décidèrent eux-mêmes de tout ce qui avaient trait aux salaires, la durée hebdomadaire et les conditions de travail », avec l’objectif central d’imposer la reconnaissance officielle du syndicat, ce qui fut arraché.

Malgré les campagnes haineuses de dénigrement des cercles capitalistes et du groupuscule stalinien, « la majorité de la population fit preuve de sympathie envers la grève ».

« Des gens nous téléphonaient des rapports sur les activités des briseurs de grève … des documents nous parvenaient, ayant été à l’évidence récupérés dans des corbeilles à papier, certains même provenaient des corbeilles à papier des bureaux de l’Alliance des Citoyens ». Autrement dit, les plans de guerre sociale des patrons étaient connus dans le détail des grévistes et du comité de grève qui pouvaient anticiper les ripostes et ne pas tomber dans les provocations.

Il ne pouvait plus y avoir la moindre illusion sur la « bonne volonté » supposée des « employeurs ».

Les interventions brutales des forces de l’ordre, ou plutôt du désordre, sur consigne du gouverneur couvert à l’échelon supérieur par la politique d’association Capital-Travail des rooseveltiens, n’ont pas surpris les grévistes. Pas plus que l’usage des jaunes ou des milices patronales, véritables Sections d’Assaut du patronat.

Farrel Dobbs consacre de nombreuses pages à la description minutieuse des évènements dans un chapitre sobrement intitulé : « la guerre commence ».

Car c’est bien d’une guerre des classes qu’il s’agit. « Les hôpitaux étaient utilisés à l’encontre des grévistes. Lorsqu’un membre des piquets de grève blessé y était conduit (certains « médecins ») prévenaient la police et coopéraient à son arrestation. C’est une des raisons pour laquelle le syndicat avait son propre hôpital au quartier général (du comité de grève). »

Le journal de la grève écrit par les grévistes fournit chaque jour les éléments d’informations non frelatés ; ils corrigent ceux de la  « presse » des capitalistes et leur armada de « journalistes »-domestiqués.

Un militant indique : « Jour après jour, il y avait un éditorial tirant les leçons des dernières 24 heures et indiquant la voie en avant. Voici ce qui est arrivé. Voilà ce qui va arriver maintenant. Voici notre position ». Le journal de la grève est un élément fondamental d’organisation.

Bien sûr, ceux qui prêchent la soumission du mouvement ouvrier à l’ « intérêt général » (voire au bien commun !) en sont consternés ! C’est bon signe …

Evidemment les grévistes se gardent bien d’indiquer aux patrons un calendrier de « journées d’actions », même « dans la durée ». Ils savent que cette méthode conduit tout droit à l’impasse, voire à la défaite.

Le « syndicalisme » subsidiaire vole au secours du patronat et de son Etat.

A l’échelon « supérieur » de l’AFL sévit un certain Tobin, partisan de la co-construction des « réformes » rooseveltiennes.

F. Dobbs explique : « Tobin, déversant son fiel, écrivit :

« ( … ) Tout ce que nous pouvons dire à nos adhérents, c’est qu’ils se méfient de ces loups déguisés en agneaux … (Tobin désigne les membres du comité de grève) ; jamais dans aucun pays, il n’y a eu pour les travailleurs une liberté égale à celle dont jouissent les travailleurs de ce pays. C’est cette liberté qui est menacée par les demi-monstres qui se glissent parmi nous. Ils sont dans un de nos jeunes syndicats pour semer la méfiance, le mécontentement, le carnage et la rébellion … dépêchez-vous de réprimer ces extrémistes » (2).

Un membre dirigeant du comité de grève, un « demi-monstre », tire ce bilan : « La grève de Minneapolis fut complètement organisée à l’avance, une grève préparée avec l’attention minutieuse aux détails qu’on avait coutume d’attribuer à l’armée allemande … » Il note : « le comité de grève disposait de tout un parc automobile » pour faciliter les liaisons dans toute la ville. Il éditait sa propre presse quotidienne pour tailler en pièces les mensonges et provocations des capitalistes et de leurs subsidiaires « syndicaux ».

Il avait fait appel à l’aide d’avocats indépendants du pouvoir rooseveltien pour aider à déjouer les manœuvres des capitalistes lors des négociations.

En mai, la grève de six jours avait suffi à obtenir un premier succès historique : la reconnaissance officielle du syndicat.

Mais il ne fallait pas s’arrêter en si bon chemin. Il restait à gagner sur le cahier de revendications. En juillet, la grève reprend et dure cinq semaines.

Côté patronal, passé le moment de sidération face à la détermination et le niveau d’organisation des grévistes, on en vient « à la conclusion qu’ils auraient dû lutter plus longtemps et briser le syndicat pour apprendre aux travailleurs de Minneapolis que les syndicats ne peuvent y exister ; que Minneapolis était une ville d’esclaves sans syndicat et devait le rester ».

Ou alors, avec des « syndicats », façon Tobin …

La bénédiction de John Maynard Keynes.

Dès décembre 1933, le célèbre économiste fait paraitre dans le New York Times une lettre à son « ami » Roosevelt. Il déclare souhaiter la réussite de « l’expérience raisonnée menée dans le cadre du système social existant » c’est-à-dire dans le cadre du régime d’exploitation de l’homme par l’homme qui est responsable d’une multitude de guerres, (Jaurès : « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage »), hier, comme aujourd’hui.

Keynes poursuit : « Si vous échouez, le changement rationnel sera gravement déconsidéré de par le monde, laissant à l’orthodoxie et à la révolution le champ libre pour se combattre … » En France les « sommets » de la gauche (ou « gauche ») politique et syndicale soutiennent les thèses de Keynes.

Le journal du comité de grève annonce l’instauration de la loi martiale qui légalise les pires répressions.

Juillet, la grève redémarre.

Le chef de la police annonce la couleur. S’adressant à ses hommes, il déclare : « vous avez des armes, c’est pour vous en servir ». Politique de la terreur et provocations, telles sont les méthodes de la police sous Roosevelt.

Concrètement, cet exemple parmi d’autres :

Dobbs : « 150 flics armés de fusils anti émeutes – puisque les grévistes seraient des délinquants – accompagnent un fourgon de cinq tonnes chargé de matériel médical pour l’hôpital. Le camion portait l’inscription : fournitures pour hôpitaux afin que les journalistes et photographes puissent représenter l’opération comme une opération charitable ». Le message est simple : la police de Roosevelt protège les honnêtes citoyens, les plus faibles, les malades victimes innocentes de la sauvagerie des grévistes, qu’on se le dise ! Le groupuscule stalinien s’empresse de relayer la propagande gouvernementale. Evidemment. Il ne sert à rien d’autre.

Le mécanisme de la provocation policière est sans doute trop grossier. Chacun sait que les hôpitaux sont normalement approvisionnés par Le comité de grève.

Ni les provocations, ni les meurtres de grévistes, ni la proclamation de la loi martiale ne viennent à bout de la grève. Le gouverneur finit par mobiliser 4000 soldats pour briser la grève, toujours sans succès.

Et vraiment, il n’y aurait pas de guerre des classes ? (2)

Tandis que les gentils arbitres de Roosevelt tentent d’amadouer les représentants des grévistes, la police tue. Manifestation massive de la population ouvrière de Minneapolis. Il faudrait des dizaines, des centaines de Minneapolis et une centralisation minutieuse de l’action ouvrière pour imposer le rapport de force au plan national.

Les procédures d’arbitrage.

On sait que tout au long des années 30, les capitalistes, ceux des prétendues démocraties « occidentales » comme ceux les régimes autoritaires et dictatoriaux ont multiplié les procédures d’arbitrage pour museler le mouvement ouvrier et ses syndicats ; concrètement il s’agissait d’interdire les grèves, sans bien sûr l’avouer (3).

Farrel Dobbs explique comment le syndicat a su manœuvrer pour déjouer les plans des capitalistes et des rooseveltiens.

« On accepta la procédure de l’arbitrage pour des raisons purement tactiques qui découlaient de la complexité du conflit. On n’aurait accepté d’arbitrage sur aucun des points fondamentaux. ( … ) C’est précisément parce que la question de la représentativité syndicale était au centre de tous les problèmes dans cette bataille féroce contre les patrons, que nous pouvions nous permettre une certaine souplesse sur les salaires, uniquement dans la mesure où cela nous permettrait de gagner sur le point principal. Un recul tactique serait forcément limité et temporaire. Quand le syndicat serait bien implanté dans le secteur (il était passé de 80 syndiqués à plusieurs milliers), les travailleurs auraient alors un solide point d’appui pour avancer leurs revendications en matière de salaires et de conditions de travail. ( … ) Nous comprenions parfaitement qu’il n’y avait pas pire animal qu’un arbitre soi disant impartial. Les arbitres étaient généralement, avocats, juristes, prêtres … » pas vraiment des amis des travailleurs !

« Les travailleurs doivent éviter les procédures d’arbitrage chaque fois que c’est possible. On ne doit y recourir que dans des circonstances exceptionnelles … c’est plutôt à considérer comme un mal nécessaire que comme une procédure souhaitable … Lorsqu’il y a violation du contrat syndical par le patron, accepter l’arbitrage du litige serait une orientation extrêmement dangereuse pour les travailleurs … par contre avec l’accord du 21 août, le 574 conservait le droit inconditionnel de faire grève. Le syndicat demeurait libre d’engager toute action pour poser ses revendications ou pour toute autre raison » (4).

Dans ce roman (paru en 1908), J. London fait parler un chef de l’OLIGARCHIE : «  Nous sommes au pouvoir … nous y resterons. ( … ) Nous broierons vos révolutionnaires sous notre talon et nous vous marcherons sur la face. ( … ) L’armée des travailleurs a été dans la boue depuis le commencement de l’Histoire. … elle y restera tant que moi et les miens et ceux qui viendront après, nous demeurerons au pouvoir ». Le héros de London, socialiste au sens large du terme, rétorque : « Nous savons au prix d’une amère expérience, qu’aucun appel au droit, à la justice, à l’humanité, ne pourra vous émouvoir  … » ceci, six ans avant le début de la grande boucherie mondiale.

Cent quinze ans plus tard, le mouvement ouvrier américain cherche toujours à se construire, en toute indépendance. Par exemple, des syndicats représentant des millions de travailleurs ont clairement condamné la politique de l’Etat sioniste en Palestine … des doctrinaires diront : « c’est bien mais insuffisant ». Faites mieux !

« Roosevelt fera une déclaration ». Dieu soit loué !

Comment travaillaient les médiateurs fédéraux ? Un militant du comité de grève explique le mécanisme bien huilé de la manipulation :

« Ces canailles rusées arrivaient, profitaient de l’ignorance, et de l’inexpérience des dirigeants syndicaux locaux et les assuraient qu’ils étaient là en amis. Les dirigeants des grèves étaient leurs proies. Ils avaient une méthode, une formule pour surprendre les non-avertis :

  • Je ne vous demande pas de faire une concession aux patrons mais d’en faire une à moi pour que je puisse vous aider.

Puis ils disaient :

  • J’ai essayé d’obtenir une concession des patrons en échange mais ils ont refusé. Je pense que vous avez intérêt à faire d’autres concessions, l’opinion publique se retourne contre vous.

Nous nous sentirons obligés de publier quelque chose contre vous dans les journaux (tous financés par les capitalistes) si vous n’êtes pas plus responsables et raisonnables ».

Et enfin, si nécessaire, l’argument massue :

  • Roosevelt fera une déclaration. Le sauveur !

Les bonimenteurs disaient : le chef de la nation pense à vous mais il est garant de la stabilité du régime, de l’équilibre des comptes. Comprenez-vous quelles écrasantes responsabilités pèsent sur ses frêles épaules ? Aidez-le, Soyez raisonnables, ne soyez pas pressés !

Le militant demi-monstre pas dupe poursuit : « Ce procédé a ruiné de nombreuses grèves à cette époque.

Il n’a pas marché à Minneapolis. Ces médiateurs n’étaient rien d’autres que des agents du gouvernement, lui-même agent de l’ensemble de la classe des employeurs ». L’essentiel est dit.

Roosevelt n’a jamais été l’ « ami » des travailleurs américains ; encore moins l’ami des travailleurs du monde (5).

Bien au contraire, il préconisa la « conciliation » des classes, c’est-à-dire l’association Capital-Travail, façon US. Pas de quoi s’extasier.

Ford et Roosevelt inspectent une usine Ford de fabrication de bombardiers. Business is business.

Conclusion :

Notons qu’en France, Léon Blum rêvait de jouer le rôle d’un (petit) Roosevelt. Mais les capitalistes français lui firent comprendre qu’ils entendaient mener la partie avec des exécutants directement à leur solde. Les capitalistes choisissent toujours avec beaucoup de soin et d’attentions leur petit personnel.

Blum et son collègue Chautemps du parti dit, radical, imposèrent à la suite de Roosevelt, début 1937, des procédures d’arbitrage, c’est-à-dire l’organisation de toute la vie économique sous la houlette du grand capital (6).

Quant à Léon Jouhaux, il exprime son point de vue dans un article publié le 8 août 1933 dans le journal de la CGT, LE PEUPLE :

«  ( … ) L’expérience américaine trouve beaucoup plus de gens à la dénigrer qu’à la comprendre. C’est une raison pour que nous la suivions avec sympathie et souhaitions son succès ».

Ces questions ne restent-elles pas d’actualité dans un contexte évidemment tout à fait différent ? Indépendance syndicale véritable et défense inconditionnelle des revendications particulières des exploités ou acceptation des « pactes » divers et autres « conclaves ».

La vie se charge de trancher.

« Il y a une guerre des classes et ma classe est en train de la gagner » disait W. buffet ? Non, les carottes ne sont pas cuites.

  1. L’AFL-CIO en 2025 établit ces constats édifiants : source, le site du syndicat.

https://aflcio.org/issues

« La cupidité des plus grandes entreprises américaines : elles n’ont payé aucun impôt fédéral sur le revenu en 2020, malgré des bénéfices substantiels ».

« Près de la moitié des travailleurs risquent de prendre leur retraite dans la pauvreté ».

« La privatisation des écoles publiques est présentée comme altruiste et dans l’intérêt supérieur des enfants ».

« Des milliers de travailleurs meurent chaque année au travail et des millions d’autres souffrent de blessures et de maladies » comme s’ils étaient les victimes … d’une guerre.

On peut lire avec profit un témoignage bien plus ancien, celui de MAMAN JONES (1837-1930), qui décrit parfaitement la réalité sordide du « miracle américain », société raciste, inégalitaire à l’extrême, exploitation des enfants etc, ce « modèle » pour la terre entière.

  1. On peut noter que pour les chefs syndicaux, les lois racistes élaborées dans les années 1921-1924 – celles qui ont inspiré les lois de Nuremberg de 1935 – n’existent pas puisqu’ils n’en disent rien. Il est vrai que Roosevelt n’a pas du tout l’intention de les abroger. Il ne faut pas mécontenter les capitalistes … et ne pas « destabiliser » Roosevelt.

Dans son étude rédigée après-guerre, « où va le peuple américain, tome 1, page 185, Daniel Guérin note : « La lutte terminée, Daniel Tobin, le dictateur national des camionneurs essaya de briser le syndicat de Minneapolis … mais le syndicat (« syndicat ») rival qu’il constitua fit fiasco ».

(3) L’impérialisme britannique a même étendu ces procédures aux pays colonisés, notamment en Inde.

(4) « Indice des droits syndicaux ». La Confédération Syndicale Internationale classe les Etats-Unis dans le groupe 4, le groupe des pays qui violent régulièrement les conventions internationales en matière de droit syndical, celles du Bureau International du Travail. Aux côtés du Royaume-Unis et … d’Israël. La CSI ne peut plus ouvertement masquer la réalité du régime sioniste. Tant mieux.

(5) Le cynisme des possédants est sans limite. A partir de 1936, de grandes grèves secouent le secteur de l’automobile. Les usines Ford n’y échappent pas. Henry Ford, Le patron pro nazi et « libéral » de choc réclame pourtant l’aide financière de l’Etat capitaliste.

1938, Henry Ford décoré par les chefs nazis.

En décembre 1936, un gouverneur « démocrate » prétend refuser l’emploi de la force contre les grévistes. S’il envoie la garde nationale rétablir l’ « ordre et la sécurité », c’est, dit-il, pour « protéger » les grévistes. Cynisme absolu.

Pendant la guerre, c’est avec la complicité des dirigeants de l’AFL que Roosevelt interdit les grèves. Dans le même temps il en appelle à l’unité nationale, c’est-à-dire, selon lui :

« Le droit pour chaque homme d’affaires, petit et grand de faire du commerce dans une atmosphère de liberté exempte de concurrence déloyale ».

Il n’a pas encore été question d’Eléanor, la « première dame ». Sa tâche est écrasante. Elle doit, at home surveiller comme le lait sur le feu, dix domestiques. Qu’ils soient noirs ou philippins, cela exige une vigilance de tous les instants. On a du mal à imaginer la responsabilité qui en découle. Dieu soit loué, avec l’aide du Seigneur … et de la bonne volonté, on arrive plus ou moins à en faire quelque chose.

L’historien Yves-Marie Péréon qui s’est penché sur le sujet, ne nous dit pas si les dix sont syndiqués. Peut-être par ignorance. On ne sait pas s’il y a eu des grèves de domestiques et des procédures d’arbitrage ; menées par qui ? Avec Eléanore, certainement un brave prêtre …

(6) Plus tard, le 20 juillet 1940, certains membres du Comité confédéral national de la CGT (secrétaires d’UD et de fédérations) réunis à Toulouse capitulent. Edouard Dolléans rappelle (cf : « histoire du mouvement ouvrier, tome 3 ») : Un CCN « restreint » avait adopté « une réforme des statuts confédéraux qui éliminait de l’article 1er la référence à la lutte des classes » pour en faire des statuts compatibles avec l’ORDRE NOUVEAU vichyste. Plus qu’une « réforme », c’était une révolution, ou plus exactement, une contre révolution. Dolléans précise : « les articles 28 et 33 relatifs aux grèves et à la grève générale sont remplacés par des textes traitant de la conciliation et de l’arbitrage ». Logique.

A l’opposé, « à Sète, le 26 août, des militants de la Commission Administrative réunis autour de Léon Jouhaux décident que la CGT continuera à vivre clandestinement ». Ceux-là refusent d‘être réduits au rôle peu enviable de « corps intermédiaires », subsidiaires de l’Etat, soumis au calendrier et conclaves divers de l’Etat totalitaire.

Même sous le règne du talon de fer, la lutte des classes continue.

JM. 22 mars 2025

chaud ! chaud ! chaud !

leurs revendications concernent la réforme des retraites: Appel à la grève dès le 5 décembre

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