Loire Atlantique 2 / 05 / 2015
Camarades,
En 2014, le parlement votait dans la douleur le «programme de stabilité budgétaire», qui prévoyait initialement 50 milliards d’euros d’économies de 2015 à 2017. Depuis, et afin d’obtenir un délai de 2 ans pour ramener le déficit public à 3%, le gouvernement a décidé, conformément aux exigences de la Troïka, d’ajouter 9 milliards d’€ supplémentaires d’économies dont 4 milliards en 2015.
Nous l’avons dit dès le départ, le pacte de responsabilité c’est l’austérité généralisée pour tous les salariés, retraités et privés d’emplois. C’est le blocage du point d’indice des fonctionnaires, des pensions de retraites pour la grande majorité et des prestations sociales. C’est aussi le rationnement des soins, le démantèlement de notre sécurité sociale de 1945, la poursuite des suppressions d’emplois publics et l’étranglement des collectivités locales donc des services publics républicain.
Et il y a toutes les mesures prises, en particulier la loi Macron, qui massacrent l’emploi, le tissu industriel et facilitent les licenciements, à la grande satisfaction du Medef. Nous le savons déjà, toutes ces mesures ne peuvent conduire qu’à une récession économique encore plus importante et au développement du chômage. Nous le savons aussi, et Pierre Gattaz ne s’en cache pas : les 40 milliards d’€ d’abaissement du coût du travail viendront alimenter les dividendes des actionnaires, déjà grassement rémunérés.
Camarades,
Le « pacte de responsabilité » c’est par exemple 3 milliards d’€ en moins pour l’hôpital public d’ici à 2017, 3 milliards d’€ sur le dos des malades. Le gouvernement qui trouve cette semaine 4 milliards de crédits supplémentaires pour financer la défense, compte économiser 1 milliard d’€ en renvoyant les patients chez eux le jour de leur hospitalisation. Soyons clairs, nous sommes résolument opposés au projet de loi de Marisol Touraine actuellement discuté au parlement et qui est l’instrument du rationnement généralisé des soins.
Et il y a la réforme des collèges. Partie intégrante de la mise en œuvre du pacte de responsabilité, cette réforme s’inscrit dans une logique d’éclatement du cadre national et républicain de l’enseignement. Ce sont toutes les disciplines qui se trouvent broyées sous la meule du socle commun des « compétences ». La « refondation de l’école » est une machine à décerveler dans le but d’obtenir inculture et docilité. Dans ces conditions, nous appuyons la grève organisée le 19 mai pour le retrait de la réforme des collèges à l’appel de toutes les organisations syndicales enseignantes à l’exception des 2 organisations qui ont fait, sur cette question comme sur les autres, vœu d’allégeance au gouvernement et au patronat.
A l’occasion du 1er mai, journée internationale de lutte de toutes les classes ouvrières, l’Union Départementale Cgt-FO réaffirme que la lutte de classe et le combat pour les revendications sont facteurs de progrès.
– Nous invitons les salariés à poursuivre, dans leur secteur, l’action revendicative et syndicale pour l’augmentation des salaires, l’amélioration des conditions de travail et la création des emplois.
– Nous réaffirmons qu’il est maintenant nécessaire de préparer les conditions d’une riposte interprofessionnelle, par la grève, pour faire plier le gouvernement et le patronat et obtenir satisfaction aux revendications les plus élémentaires des salariés, retraités et chômeurs.
La grève interprofessionnelle du 9 avril dernier a montré la voie et nous avons souhaiter avec les Unions Départementales CGT, FSU et Solidaires inscrire le 1er mai dans cette continuité.
Camarades,
Chacun s’interroge : comment gagner ? Nous ne pourrons pas faire échec au pacte de responsabilité et obtenir satisfaction à nos revendications, avec ceux qui ouvertement font vœu de soumission aux diktats de la Troïka, du gouvernement et du Medef. Tenter de faire cause commune avec ceux qui soutiennent, même de façon critique, le pacte de responsabilité et qui collaborent à la mise en place de tous les plans contre la classe ouvrière et ses acquis, c’est affaiblir le mouvement vers la grève.
Oui, nous sommes pour l’action commune, sans exclusive, mais sur des bases claires. Nous considérons que les journées d’action, sans base revendicative, ne peuvent au mieux que ménager le gouvernement et le Medef. Certes, nous savons qu’il ne suffit pas de « claquer » des doigts pour mobiliser les travailleurs, c’est à dire le plus grand nombre.
Mais nous sommes confiants dans la capacité de la classe ouvrière à se mobiliser. Une chose est certaine, nous ne pouvons faire confiance qu’en nous-mêmes et ne pouvons pas laisser à d’autres le soin d’organiser la résistance. Oui, l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.
Merci camarades