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Loire Atlantique 13 / 12 / 2017

« J’ACCUSE le gouvernement de maltraitance … ! »

Conférence nationale FO de défense des EHPAD du 28 novembre 2017

« J’ACCUSE le gouvernement de maltraitance … ! »

Reprenant le célèbre cri d’Emile Zola dans l’Aurore relançant l’affaire Dreyfus, ce délégué de Strasbourg, a manifesté ce mardi 28 novembre, sa révolte de professionnel de santé.

Sans doute est-ce là un résumé éloquent de la très profonde indignation exprimée par les 48 orateurs, témoignant à la tribune au nom des 340 délégués FO venus de 60 départements ; la grande salle de la confédération pleine à craquer.

Au nom des délégués de Loire Atlantique, Yann Le Fol (photo) a témoigné de la situation et des initiatives prises dans le département, appelant de ses vœux une mobilisation pour faire aboutir les revendications.

Loin d’une simple réunion « technique », cette conférence, où l’émotion et la colère étaient palpables, a constitué un réquisitoire incontestable et sans appel contre les conséquences dramatiques des politiques d’austérité, à l’encontre des personnels et des résidents des EHPAD.

Des conditions de travail insupportables.

Les délégués ont ainsi témoigné, sans fard, de ce qu’ils vivent et de leur immense frustration (extraits).

« Le début des toilettes des résidents dès 4 h du matin par l’équipe de nuit » – « Une douche par mois » – « On lave avec des taies d’oreillers » – « Certains résidents ne sont pas sortis depuis des années »

 « Le caractère absurde du minutage des tâches » – « En formation on nous explique qu’il faut 45 mn pour une toilette ce qui nous confronte avec notre réalité de n’avoir que quelques minutes » – « A quatre pour assurer le repas de quinze personnes en 45 mn » – « On demande à des personnes âgées d’aller à notre rythme, alors que c’est le contraire qu’on devrait faire « 

« On nous demande de prendre (comme infirmière) la responsabilité de ne pas lever un résident … on refuse » – « Par manque de personnel pour assurer la sécurité on ferme les chambres en laissant les personnes seules et angoissés. »

 « Nous nous culpabilise lorsqu’on refuse de revenir sur nos congés » – « La rotation incessante des personnels avec la mobilité intersites est très mal vécue aussi par les résidents » – « Les conséquences dramatiques de la fin des contrats aidés… » 

 « Un absentéisme délirant, jusqu’à 20 % – « Des arrêts de travail, plus que dans le bâtiment » – « La multiplication des troubles musculo-squelettiques, des « burn-out » et aussi des suicides » – « L’augmentation des demandes de changements de métiers » 

 « La priorité donnée aux tâches administratives de « traçabilité » sans laquelle un travail est considéré n’avoir pas été fait » 

 « Le découragement de grands professionnels confrontés des injonctions contradictoires qui finissent leur carrière « cassés » – « Le mal être des directeurs qui se battent sans moyens » etc…

 Citons ce délégué, improvisant l’histoire des relations d’Arlette résidente avec Lydie l’aide-soignante et Arlette s’adressant à « madame Agnès » (le prénom de la ministre de la Santé) lui demandant que « nos Lydie n’aient plus jamais à pleurer ».

Une autre conclura sa déclaration en réclamant de « saisir la Cour européenne des droits de l’homme » ….

L’engouement des « fonds de pensions » –

Une réforme tarifaire avant tout dirigée contre les EHPAD publics.

Catherine Rochard, secrétaire de l’Union Départementale du Maine-et-Loire, par ailleurs aide-soignante dans le privé souligne, parmi d’autres délégués, cet engouement du privé pour la « silver-économy » ou « l’or gris », notamment de la part des fonds d’investissement – certains renfloués en 2008 sur fonds publics par les Etats – Les EHPAD du groupe ORPEA par exemple, réalise, révèle-elle, un bénéfice de 110 € par jour et par résident !

Pourtant, le gouvernement dit ne pouvoir avoir aucun contrôle sur ces entreprises, percevant pourtant les forfaits soins et les forfaits dépendance …. C’est sur les coûts de personnels que ce secteur réalise ses profits.

Pendant ce temps témoignent plusieurs orateurs, « la réforme tarifaire fait souffrir surtout le public. Dans les petit EHPAD c’est 35 000 € en moins, dans les plus gros jusqu’à 300 000 € … On a déjà réduit sur tout, reste de nouvelles compressions d’effectifs ! »

La société que nous voulons

Sachant de quoi ils parlent, plusieurs délégués disent leur peur d’être à leur tour maltraités quand leur tour viendra. Un délégué rappelle à ce propos les vers de Corneille chantés par Georges Brassens dans sa chanson, Marquise : « On m’a vu ce que vous êtes, vous serez ce que je suis ». (…)

Un délégué de Clermont explique que pour lui l’EHPAD est « un morceau de la république ».

Cet autre, des Bouches du Rhône commentant le titre de l’affiche d’appel à la conférence dit qu’il faut plutôt écrire « Un gouvernement se juge à la manière dont elle traite ses personnes âgées » et pas « la société », « car dit-il, « la société, c’est nous ! » 

Agir aussi auprès des familles de résidents.

Didier Hotte, relayant plusieurs délégués (« que les familles fassent des courriers au gouvernement et témoignent » …), affirme le soutien et l’appui qu’apportera l’UCR aux initiatives et appels à mobilisation qui seront décidés par la Fédération FO des services publics et de santé.

Tout le monde est concerné dit-il, il y a urgence à expliquer et mobiliser : une action en direction des familles est aussi nécessaire.

Philippe Pihet, en tant que responsable confédéral du secteur des retraites, est intervenu pour rappeler la pression mise par les pouvoirs publics sur le secteur, les inquiétudes sur les projets du gouvernement et a assuré la Fédération de son soutien total aux actions qui seront engagées.

L’heure à la mobilisation

La conférence s’est conclue par une « Alerte sur la situation des EHPAD », adoptée à l’unanimité, appelant à l’organisation avec les autres organisations syndicales d’une mobilisation et grève de tous les EHPAD et maisons de retraite fin janvier début février pour notamment :

  • L’application de la mesure prévue par le Plan solidarité grand âge « un agent par résident »
  • L’arrêt des baisses de dotation soins et dépendances induites par la convergence tarifaire, se traduisant par des milliers de suppression de postes
  • L’attribution immédiate des moyens reconnus comme nécessaires aux besoins
  • Le retrait des deux décrets du 21/12/16, portant réforme tarifaire introduite par la loi dite d’adaptation de la société au vieillissement du 28/12/15

Avec la défense de la Sécurité sociale et des régimes de retraites des salariés, c’est l’ensemble de la protection sociale collective qui est aujourd’hui menacée et pour la sauvegarde desquelles la mobilisation est effectivement urgente et absolument nécessaire.

Gérard Le Mauff

chaud ! chaud ! chaud !

Processus d'actions et nouvelle grève le 22 mai prochain

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