>Édito

23 / 01 / 2019

Notre indépendance, ce sont les revendications, pas le grand débat !

Fin 2018, plusieurs quotidiens soulignaient l’extrême fragilité dans laquelle se trouvait le président de la République après deux mois de mobilisation des gilets jaunes. Le chroniqueur du Figaro inquiet concédait même: « Emmanuel Macron est à terre. Fracassé sur six mois de crise ininterrompue, le président de la République achève l’année sonné et chancelant au milieu d’un champ de ruines ».

« Sonné et chancelant », mais nullement décidé à lâcher du lest, le président de la République déclarait, à l’occasion des vœux du 1er de l’an, vouloir tenir le cap des «réformes». La veille, le gouvernement avait publié un décret renforçant les sanctions contre les chômeurs. Le 7 janvier, 48 heures après l’acte VIII des gilets jaunes, le premier ministre se permettait d’annoncer un nouvel arsenal « sécuritaire », souhaitant soumettre le droit de manifester à une autorisation préalable, contrôler l’accès aux manifestations et ficher les manifestants par la police, hors contrôle judiciaire. C’est là tout bonnement une atteinte à la liberté individuelle et collective d’expression et donc à la démocratie.

Aux revendications légitimes qui s’expriment, le président de la République et le gouvernement ont choisi de répondre par la menace, l’insulte et la répression. Comment ne pas être choqué par les images de manifestants défigurés ou mutilés, victimes des tirs de «flash-ball» projetés à plus de 300 km/h !

Dans ces conditions, quelle peut être la place d’un grand débat ? Le président de la République a déclaré dans sa « lettre à tous les Français » qu’il resterait « fidèle » à son programme. La grande majorité, à commencer par les salariés, n’est pas dupe. Elle sait bien que l’objectif du président de la République n’est pas de prendre en compte ses doléances, mais d’associer le plus grand nombre à la mise en œuvre des « réformes » contre les retraites, l’assurance chômage, les services publics, la sécurité sociale, etc.

Pour le Medef, principal soutien du gouvernement, le grand débat « doit permettre d’apaiser le pays, mais aussi et surtout de l’engager sur la voie d’une réforme acceptable et partagée ». La CFDT, qui condamne le mouvement des «gilets jaunes», n’est pas en reste et rappelle que c’est elle qui « a soufflé au gouvernement l’idée d’organiser le grand débat national ».

Rien ne peut donc justifier, et ce, sous quelque forme que ce soit, notre présence dans ce « grand débat ». Comme l’exprime la déclaration du bureau de l’Union départementale du 14 janvier dernier (Texte ici en cliquant), « le rôle du syndicat, plus que jamais, est de défendre les intérêts matériels et moraux de la classe ouvrière, d’améliorer les conditions de vie et de salaire de celle-ci et non de participer à la mise en musique des plans destructeurs d’ampleur décidés en haut ».

Notre indépendance, ce sont les revendications, pas le grand débat ! Compte tenu de l’attitude du président de la République et du gouvernement, mais également du Medef, nous n’avons pas d’autres choix que de préparer les conditions de la mobilisation pour gagner sur les revendications. Nous le faisons instruits par les combats contre la loi travail et les ordonnances Macron, mais aussi par la mobilisation des « gilets jaunes ». Nous l’avons maintes fois réaffirmé, la condition du succès dépend de notre détermination à gagner, mais aussi à déjouer les tentatives des journées d’action syndicales sans revendications et à répétition, avec l’objectif au bout du compte de nous diviser, de nous épuiser et en dernier ressort de nous reléguer comme simple force d’appoint de forces politiques étrangères à l’action revendicative.

L’initiative prise par l’Union Interfédérale des Agents de la Fonction publique Force Ouvrière d’organiser une montée nationale à Paris devant Matignon le 7 février dans le cadre d’une semaine de mobilisation, pour l’augmentation du point d’indice, la sauvegarde des services publics, du statut, du code des pensions civiles et militaires et de la CNRACL (caisse de retraites des hospitaliers et territoriaux) s’inscrit dans cette volonté de frapper un grand coup. C’est la raison pour laquelle nous la soutenons pleinement.

Au-delà de cette initiative, c’est la question de la grève interprofessionnelle pour bloquer le pays et faire plier le gouvernement qui est posée. Elle est dans tous les esprits, salariés, fonctionnaires, gilets jaunes, etc.

La volonté de combattre est maintenant profondément ancrée dans la conscience ouvrière. Partout, réunissons les syndiqués et les salariés, définissons le cahier de revendications et exigeons qu’il soit satisfait.

par Michel Le Roc’h,

secrétaire général de l’union départementale

CGT-Force Ouvrière de Loire-Atlantique

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