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1 / 11 / 2021

Hôpitaux : FO dénonce la politique de réduction continue des moyens

© Laurent GRANDGUILLOT/REA

La fédération FO-SPS, première organisation à alerter sur la poursuite des réductions de moyens hospitaliers malgré la crise sanitaire, voit son alarmant constat confirmé par une étude des ministères sociaux. FO-SPS appelle plus que jamais à rompre avec la logique financière de « Ma santé 2022 » et à ouvrir un débat public.

Chiffres à l’appui, la fédération FO-SPS (services publics et de santé) avait alerté en juin sur la réduction continue des capacités hospitalières en dépit de la crise sanitaire. Le décompte alors réalisé par les sections FO des établissements, recensant les suppressions de lits relevant d’une décision politique ou en lien avec le manque de personnels, avait fait grand bruit. Et encore, ce bilan n’était que très partiel, commente Didier Birig, secrétaire général de FO-SPS. Une étude de la direction statistique des ministères sociaux vient de confirmer le constat alarmant établi par la fédération : malgré la pandémie, l’exécutif n’a pas mis de coup d’arrêt à sa politique de réduction des moyens hospitaliers. Bien au contraire, révèlent les experts de la Drees, il l’a amplifiée !

Plus de 5 700 lits d’hospitalisation complète fermés en 2020

Leur étude statistique est sans appel. Fin 2020, à l’issue de la première année de crise, les 2 983 établissements hospitaliers français (dont 1 342 structures publiques) ne disposaient plus que de 386 835 lits d’hospitalisation complète. Un chiffre en baisse de 5 758 lits comparé à l’année 2019 (soit -1,5%). Pis, constatent-ils, le recul 2020 de la capacité de prise en charge en hospitalisation complète est bien supérieur à celui intervenu entre 2013 et 2019 (-0,9 % par an).

Le contexte de l’épidémie pourrait l’expliquer, estiment les statisticiens, du fait de la transformation de chambres doubles en chambres simples pour limiter la contagion et des déprogrammations massives de soins, pour pouvoir réaffecter les personnels vers les services de soins critiques.

Constat indéniable, le virage ambulatoire s’est poursuivi en 2020 : 1 369 places d’hospitalisation dites « de jour » ont été ouvertes en cette première année de crise sanitaire, pour un total porté à 80 089. Ce virage ambulatoire, précisent les statisticiens des ministères sociaux, ne reflète pas que la volonté de réorganiser l’offre, mais s’inscrit aussi sur fond  de contraintes de personnel ne permettant pas de maintenir les lits. En clair, la politique de santé actuelle, en générant une dégradation des conditions de travail et d’emploi des personnels hospitaliers, alimente la désaffection des agents hospitaliers.

Le sujet doit être arbitré par les Français

Il est urgent de rompre avec la logique financière du plan Ma Santé 2022. C’est une revendication forte des hospitaliers, dont les conditions de travail sont tributaires des effectifs et du nombre de lits, martèle Didier Birig, qui appelle l’exécutif à changer de paradigmeLe sujet doit être arbitré par les Français. Ils attendent que l’hôpital public soit à la hauteur des enjeux et des futures probables autres crises sanitaires, avec une prise en charge de qualité. Pour assurer celle-ci, ainsi que l’amélioration des conditions de travail des personnels, la fédération FO exige que la création de 15 000 postes d’agents, promise lors du « Ségur de la Santé » à l’été 2020, devienne une réalité.

Depuis juin, FO-SPS maintient le ministère de la Santé sous pression, exigeant une seconde phase du Ségur de la Santé sur les capacités hospitalières, en lits et en effectifs. Sa demande qu’un groupe de travail soit constitué – plusieurs fois réitérée – n’a toujours pas reçu de réponse. Ni sa demande qu’une évaluation sincère sur le nombre de lits effectivement supprimés ou fermés soit réalisée.  Le ministère prétend que 4 000 lits ont été créés dans la crise. Où sont-ils ?, demande Didier Birig.

Cette assertion ministérielle ne fait que reprendre l’annonce faite à l’issue du « Ségur de la Santé » : le ministre avait promis une enveloppe budgétaire de 50 millions d’euros pour financer – dès l’hiver 2020 – l’ouverture ou réouverture de 4 000 lits dans les hôpitaux à la demande, afin que ceux-ci puissent s’adapter à la suractivité saisonnière ou épidémique. Même l’étude Drees sur les capacités hospitalières 2020 fait le silence sur le sujet : le déploiement temporaire de lits pour faire face à la pandémie ne se retrouve (…) pas systématiquement dans (l’) état des lieux en fin d’année, constate-t-elle.

chaud ! chaud ! chaud !

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