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13 / 03 / 2019

Fonction publique : le 19 mars sonne le début de la mobilisation

La journée interprofessionnelle d’actions et de grève du 19 mars s’annonce. Pour FO, côté Fonction publique, on active les préparatifs. Les six fédérations FO du public et leurs 59 syndicats nationaux appellent au 19 mars.

« C’est une certaine organisation de la société qui est actuellement en jeu. Nous sommes à un moment charnière au plan social » indiquaient le 12 mars lors d’une conférence de presse des représentants FO de fédérations du secteur public (rassemblées au sein de l’union interfédérale FO des agents de la fonction publique/UIAFP-FO autrement appelée FO-Fonction publique).

Parmi les revendications que l’on entendra ce 19 mars, il y aura la défense du service public, de ses missions et de ses emplois. Et pour cause. Depuis des années, la fonction publique républicaine est sans cesse attaquée dans son fonctionnement et dans sa capacité à maintenir des valeurs de service aux usagers inhérentes à ses principes fondateurs structurés autour du statut général.

Les fonctionnaires en savent quelque chose, ils s’opposent depuis de longs mois au gouvernement qui a concocté un projet de réforme aux ingrédients s’annonçant dévastateurs.

Vers d’autres actions avant l’été

Quatre organisations (FO, CGT, FSU et Solidaires) du public appellent à la journée d’actions, de grève et de manifestations du 19 mars. Les neuf organisations du public (y compris donc la CFDT) tiendront par ailleurs une intersyndicale ce mercredi 13 mars tandis que des conflits fleurissent un peu partout depuis quelques semaines.

Récemment, ce sont les agents des douanes qui se sont mis en grève (depuis plus de dix jours) à l’appel de FO notamment. Ils revendiquent une hausse de salaire (via l’allocation complémentaire), une augmentation des effectifs et des moyens supplémentaires. Les agents des finances publiques programment eux une grève le 14 mars. Ils demandent aussi des hausses de salaires, l’arrêt des suppressions d’emplois, l’ouverture de « véritables discussions » sur les missions…

Plus largement, les fonctionnaires FO estiment nécessaires d’apporter une suite à la mobilisation du 19 mars. « Après cette journée d’actions se posera la question d’une mobilisation, avant l’été et pas forcément d’une durée de 24 heures » insiste Christian Grolier, le secrétaire général de l’UIAFP-FO.

Alors que « le gouvernement lance une attaque frontale » contre la Fonction publique à travers un projet de loi qui entend entre autres restructurer les instances consultatives des personnels par des fusions et en les vidant de leurs prérogatives, exacerber le recours aux contractuels ou encore organiser la mobilité des fonctionnaires notamment par des mesures favorisant des départs massifs, FO-Fonction publique s’inscrit dans une mobilisation qui vise à contrer ses velléités gouvernementales.

La Fonction publique connaît aussi la paupérisation

Il s’agit ainsi pour FO de construire des actions permettant de contrer cette réforme que cherche à imposer le gouvernement. Cela alors même qu’il a échoué déjà à imposer aux organisations son projet au fil de séances de concertation organisées depuis un an.

Au-delà des manifestations déjà prévues dans les départements et « probablement des blocages de services qui seront organisés car les agents ne veulent plus se contenter d’un défilé » souligne Christian Grolier, les fonctionnaires FO rediront déjà le 19 mars leur opposition au projet gouvernemental.

Pour Denis Basset de la branche Santé de la fédération SPS-FO, la fonction publique connaît hélas bien une paupérisation. « 650 000 agents publics sont éligibles à la prime d’activité. Par ailleurs, beaucoup de femmes retraitées perçoivent une pension de moins de 1000 euros ».

Face aux attaques du gouvernement, les fonctionnaires FO programment des actions, choisissant en quelque sorte de passer à la vitesse supérieure.

FO demande toujours le retrait du texte

Alors que huit des neuf organisations du public avaient boycotté récemment les premières instances des trois Conseils supérieurs de la fonction publique (État, hospitalière et territoriale) ainsi que le Conseil commun de la fonction publique, la prochaine tenue (des 13 au 18 mars) de ces conseils (en 2e instance) se traduira pour FO par un « vote contre le texte du projet de loi dans les différents conseils. Notre récent boycott des Conseils a voulu signifier au gouvernement que le dialogue social de marche pas actuellement ».

Ce prochain « vote contre » FO le revendique d’autant plus que le texte du projet (qui doit être présenté le 27 mars en Conseil des ministres) sera présenté le 15 mars au Conseil commun, soit avant le dernier Conseil supérieur, celui de la territoriale qui se tiendra le 18 mars. Les employeurs territoriaux risquent de peu apprécier de compter si peu ironise FO, s’étonnant aussi d’un pseudo renversement d’attitude du gouvernement. Alors en effet qu’il semblait impossible ces dernières semaines d’apporter des amendements au texte, ce serait désormais possible…

Quoi qu’il en soit, pour FO le problème des amendements ne se pose pas. FO-Fonction publique demande en effet le « retrait » du texte et non simplement la suspension du projet comme certaines autres organisations. « Cette réforme signifierait la fin du service public » s’insurge Denis Basset. Or s’interroge le militant, comment le gouvernement peut faire fi de la contestation envers ce projet des agents publics. On compte actuellement 5,5 millions d’agents publics (dont un million de contractuels) « soit un quart des salariés français » rappelle-t-il.

Quid du dialogue social ?

Christian Grolier de son côté fulmine. « Avec la méthode Macron, on ne peut pas négocier mais à la fin on voit quand même un texte tomber ! » Et les fonctionnaires FO ne manquent pas d’exemples concernant le déficit de dialogue social induit par l’attitude de l’exécutif. « Nous n’avons même pas été auditionnés sur la protection sociale complémentaires (une réforme de la participation des employeurs publics au financement des garanties de protection complémentaire, Ndlr) alors que l’on nous parle d’ordonnances sur ce sujet dans le projet de loi ! ».

FO-Fonction publique peste aussi contre la remise en cause des congés bonifiés pour les agents issus d’outre-mer. « Cela fait l’objet d’un cadre de négociation qui devrait introduire la fin de la sur-rémunération ! C’est hallucinant » s’indigne Christian Grolier apportant encore un autre exemple d’une étrange attitude à l’égard des fonctionnaires. « Nous avons participé le 10 mars à une réunion avec le Haut-commissaire à la réforme des retraites, M. Jean-Paul Delevoye. La réunion portait sur la problématique de retraite des agents relevant de la catégorie active (policiers, infirmiers, personnels de la pénitentiaire…, NDLR). Et bien au final nous ne savons rien de plus ! »

Informer les citoyens/usagers par des réunions publiques

Dans le cadre des actions contre le projet de loi de réforme de la fonction publique doté de 33 articles, FO-Fonction publique a décidé de lancer une campagne de mobilisation et de sensibilisation, notamment des parlementaires. Il s’agit de mettre en lumière la « défense du cadre républicain de la fonction publique et le respect du statut ». Après la tenue des conseils supérieurs et du conseil commun, FO demandera en avril des audiences à tous les groupes parlementaires (députés et sénateurs). « Nos cahiers de revendications leur seront remis. Nous leur demanderont de bien réfléchir avant d’approuver ce projet de loi » lance Christian Grolier.

Des actions de terrain seront aussi organisées. Ainsi des réunions publiques auront lieu dans 13 capitales régionales, cela afin d’informer le public, concrètement les usagers, sur le projet mais aussi sur ce qu’est réellement la fonction publique et le travail de ses agents. Cette série de réunions publiques débutera par la ville de Lille le 29 mars. Suivra Lyon le 11 avril puis Grenoble…

Le 11 mars, dans une réunion avec toutes leurs instances, les fédérations FO du public ont adopté une motion. Elle déclare notamment : « le 19 mars est une étape décisive dans notre combat pour défendre le statut général des fonctionnaires, le code des pensions civiles et militaires et la CNRACL ».

Cette motion est en forme d’appel solennel. « Conformément à la déclaration de la commission exécutive confédérale du 21 février 2019, nous appelons toutes nos structures à organiser des heures mensuelles d’informations et des assemblées générales pour préparer le rapport de force nécessaire et impératif pour contrer ces projets et bloquer l’économie ».

chaud ! chaud ! chaud !

Tous au 1er mai à Nantes à 10 h 30 avec Christian Grolier

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