28 / 02 / 2026
Les très jeunes ne le savent sans doute pas. Les moins jeunes ont peut-être déjà oublié. Il y a dix ans le gouvernement Valls II (1) – Macron -El Khomri- Cazeneuve-Delga- Taubira … etc s’attaquaient au code du travail.
Entièrement au service du patronat, plus précisément du MEDEF, ce gouvernement prétendait en finir avec les « rigidités » du code du travail.
Le ministre de l’économie de l’époque, E. Macron rêvait de réussir le bon coup du siècle, tapi bien au chaud dans un gouvernement de … « gauche ».
On sait que son champion de la guerre du moment V. Zélinsky a profité de cette merveilleuse « opportunité » (selon le bon mot de l’actuel 1er sinistre actuel, M. Lecornu), la guerre, pour liquider entièrement ou presque le code du travail en Ukraine. Des syndicats ukrainiens liés à la CSI ont tenté d’alerter … sans grand succès.

El Khomri, ministre du travail et des solidarités et Macron déclarent la guerre au code du travail et aux conventions collectives.
Le jésuitisme sans limite du futur président enchante le journal de la finance Challenge qui note ces propos :
« Le gouvernement est à l’écoute et ne considère pas que tout est intangible », déclare-t-il, estimant qu’il faut « mener un vrai débat démocratique, de manière calme et dépassionnée ». « Nous sommes à un moment du quinquennat où on ne peut pas tout brutaliser, car ce serait prendre le risque de refermer les débats pour longtemps sans avoir réglé les problèmes », ajoute le ministre, à l’origine de la réforme du licenciement, inscrite dans le projet de loi qui sera porté au Parlement par sa collègue Myriam El Khomri ».
Pas dupes, de nombreux syndicats FO avaient immédiatement dénoncé l’arnaque.
Dans l’éditorial du 24-02-2016 de l’Ouest-Syndicaliste titré RETRAIT ! Michel Le Roch écrivait :
« RETRAIT ! Le projet de loi de la ministre du travail, largement inspiré du rapport Badinter, remet en cause plus d’un siècle de conquêtes sociales. Il représente l’un des pires reculs sociaux depuis la Libération. Pour le MEDEF, le rêve devient enfin réalité. Pierre Gattaz, qui milite depuis longtemps pour le retour au contrat de louage de service négocié de gré à gré, encourage le gouvernement à ne rien lâcher.
Il s’agit d’une attaque sans équivoque contre le « principe de faveur » qui veut qu’entre deux niveaux, la disposition la plus favorable s’applique.
( … ) Ce modèle idéologique – corporatiste – porté par le gouvernement est directement inspiré du catholicisme social. Ce n’est donc pas un hasard s’il est pleinement soutenu par la Cfdt.
( … ) La défense du code du travail, contre « le dézingage du droit du travail » (selon la judicieuse expression du secrétaire général de notre confédération) mérite bien une grève. Nous allons bien entendu nous y employer, en mobilisant tous les militants et en recherchant l’action commune à tous les niveaux, en particulier avec les organisations syndicales avec lesquelles dans le département, nous avons déjà fait front commun … »

Notre confédération n’était pas candidate à la co-construction du dézingage du code du travail. (2)
Le comité confédéral national réuni en avril déclarait :
« ( … ) L’inversion de la hiérarchie des normes, (c’est la destruction programmée des conventions collectives de branches par le transfert de pans entiers du droit du travail et de la négociation collective au niveau de l’entreprise ; la remise en cause des missions de la branche et de droits collectifs ; la destruction de droits individuels acquis ; la mise en cause des majorations des heures supplémentaires; les facilitations des licenciements ; l’affaiblissement de la médecine du travail sont au cœur de ce projet. Ce texte est inacceptable, dans sa philosophie générale comme dans nombre de ses articles. Cette logique de remise en cause des garanties et des droits collectifs concerne tous les salariés du privé et du public ».
Le CCN appelle à préparer la grève interpro, partout, pour le retrait.
Quant au secrétaire général de la confédération, il écrivait à juste titre : « Face à un projet pourtant multi minoritaire, le gouvernement a décidé de faire passer sa loi travail en force, à grands renforts de 49-3, son arme constitutionnelle anti démocratique favorite ». On ne saurait mieux dire.
Le syndicat national des magistrats FO complétait : « ( … ) La loi travail n’aura pas seulement marqué l’histoire sociale par sa procédure chaotique à coups de 49-3 et sa conception libérale du droit du travail imposée par la gauche de gouvernement. Elle a été aussi l’occasion d’affiner une gestion de l’ordre public tout en nuances politiciennes. Son ultime finalité semble avoir été de discréditer les syndicats et d’entretenir un soigneux désordre visant à rendre insupportable l’exercice d’une liberté publique auquel on reconnaît la qualité d’une démocratie : le droit de manifester, corollaire de la liberté d’expression ».
Ceux qui aujourd’hui approuvent le PLFSS meurtrier du président Macron de la Vème République-du-coup-d’état-permanent.
De nombreux camarades de la CGT, de la FSU et des syndicats SUD partageaient bien évidemment ce refus.
J. M 28-02-2026.