27 / 02 / 2014
Les responsabilités familiales pèsent sur l’emploi des femmes, selon une étude du CeseAssumant en grande partie la charge des obligations familiales, les femmes sont souvent contraintes d’interrompre leur activité professionnelle, risquant ainsi d’être éloignées durablement du marché du travail, constate le Cese dans une étude publiée le 25 février.
Si les femmes représentent près de la moitié de la population active (47,6 % en 2008), leur travail reste cependant moins visible, moins reconnu et moins valorisé que celui des hommes, estime le Conseil économique, social et environnemental (Cese), dans une étude publiée le 25 février. Par ailleurs, ce sont davantage sur les femmes que pèse la charge de la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Une inégale articulation des temps de vie entre les hommes et les femmes qui provoque un retrait plus important de ces dernières du marché du travail.
Les obligations familiales, cause de l’éloignement professionnel
Les principaux facteurs d’interruption d’activité professionnelle des femmes sont liés aux difficultés posées par la conciliation vie professionnelle/vie familiale. Comme le rappelle le Cese dans son étude, « ce sont elles qui s’arrêtent de travailler pour prendre un congé parental et elles encore qui réduisent leur temps de travail et se replient sur un temps partiel voire cessent toute activité lorsque la conciliation devient trop difficile ». Premier constat chiffré éloquent à l’appui de cette affirmation : fin 2011, les pères représentaient seulement 3,5 % des bénéficiaires du complément de libre choix d’activité (CLCA), prestation qui finance le congé parental. En parallèle, des études de la Cnaf révèlent qu’environ 40 % des mères bénéficiaires du CLCA (210 000 femmes) se sont arrêtées de travailler après la naissance de leur enfant, alors qu’elles auraient préféré poursuivre leur activité.
Le déficit de modes de garde adaptés constitue à cet égard un problème pour les familles et pénalise les femmes. Sur les 210 000 femmes qui se sont retirées du marché du travail, 84 000 (soit 40 %) l’ont fait principalement en raison de l’absence de solution de garde. Le problème est par ailleurs non seulement lié au manque de modes de garde, mais au défaut d’adaptation de ceux-ci, y compris en termes d’horaires et de coût.
Les problèmes de discrimination liée à l’état de grossesse ou à la prise d’un congé maternité, les comportements sexistes, les faits de harcèlement sexuel peuvent également conduire les femmes à quitter le marché de l’emploi, ajoute le Cese, « par lassitude, voire pour préserver […] leur santé physique et/ou mentale ».
Des entreprises qui ne s’impliquent pas assez
Le soutien des entreprises à la parentalité s’avère nécessaire pour aider les salarié (e) s à concilier vie professionnelle et vie familiale. Or, en la matière, celles-ci se montrent plutôt timides, selon le Cese. Citant une enquête réalisée par l’Institut national d’études démographiques en 2005, le Cese indique que « si trois quarts des employeurs déclarent devoir s’investir, seulement un quart d’entre eux pensent à des mesures concrètes à mettre en place. Il y a donc une volonté, mais, au niveau de la réalisation, c’est moins évident ».
Par ailleurs, les aides proposées par les entreprises ne sont pas en adéquation avec les attentes des salariés. Alors que les premières accordent des prestations essentiellement financières (prime de naissance, Cesu préfinancé, etc.), les seconds souhaiteraient pouvoir bénéficier d’horaires de travail plus souples, mesure, selon eux, qui « contribue le mieux à la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale en concourant au bien-être au travail ».
Les solutions préconisées par le Cese
Le Cese propose plusieurs solutions afin d’améliorer l’emploi et le retour à l’emploi des femmes. Il suggère de mieux préparer le retour de la salariée en congé parental grâce à une offre de formation avant son terme et un accompagnement individualisé. De plus, comme alternative au congé parental, qui éloigne, même temporairement, de l’emploi, le Cese préconise l’aménagement des horaires pour les parents de jeunes enfants qui le souhaitent, avec des compensations à mettre en place afin que les entreprises ne soient pas les seules à contribuer à cet effort.
Autre élément sur lequel le Cese considère qu’il est impératif d’agir : le développement et la diversification des modes d’accueil des enfants, « condition essentielle de l’affirmation du droit au travail des femmes et de la réalisation de l’égalité professionnelle », en associant les entreprises à cette démarche.
Par ailleurs, le Cese souhaite renforcer la prise en compte de la parentalité dans la vie professionnelle en faisant de l’articulation des temps de vie une clause obligatoire des négociations triennales de branche sur l’égalité professionnelle. Enfin, plutôt que d’augmenter la durée du congé maternité, le Cese estime plus judicieux d’allonger le congé de paternité de deux semaines et que celles-ci soient prises à l’issue du congé maternité, lorsque la mère reprend son activité professionnelle.