>Édito

24 / 11 / 2018

La démocratie syndicale : Le mandat et le respect du mandat

La démocratie n’est pas un exercice aisé. À l’occasion du Comité Confédéral National, qui avait à son ordre du jour l’élection d’un nouveau secrétaire général, les délégués des Unions départementales et des Fédérations nationales ont pu s’exprimer sereinement à la tribune.

Le lendemain des interventions, l’élection a été organisée en présence des 104 délégués des Unions départementales et des 29 délégués des Fédérations nationales. Chaque Fédération disposant de 104 voix et chaque Union départementale de 29 voix, le total des suffrages exprimés était de 6 032 voix.

Le résultat a été le suivant :

Blancs et Nuls : 87 (01,4 %)

Patrice CLOS : 648 (10,7 %)

Christian GROLIER : 2577 (42,7 %)

Yves VEYRIER : 2720 (45,1 %)

Au moment du vote, une Fédération et plusieurs Unions départementales ont voté pour Yves Veyrier, alors qu’elles n’avaient pas ce mandat-là de leur instance. Cela entache la légitimité du résultat. Ces pratiques n’honorent pas ceux qui les ont initiées, pas plus que ceux qui en ont profité. Cela pose bien entendu un problème de fond.

Le mandat et le respect du mandat, c’est la base de notre syndicalisme. C’est cela qui garantit notre marque de fabrique : l’indépendance syndicale. C’est sur cette base-là que s’est constituée la CGT-FORCE OUVRIÈRE en 1947, lorsque nos anciens ont refusé la mainmise des staliniens sur notre organisation syndicale.

Le respect du mandat, dans les élections internes comme dans l’action syndicale quotidienne, c’est l’essentiel. C’est la raison pour laquelle nous continuerons, avec l’immense majorité des militants, et dans le droit fil des orientations définies au dernier congrès confédéral, à défendre les intérêts matériels et moraux du salariat et en particulier notre régime d’assurance chômage, le code des pensions civiles et militaires, ainsi que tous nos régimes particuliers de retraites.

Chacun pourra lire ci-dessous mon intervention dans ce CCN.

Extraits de l’intervention au CCN

Camarades, Je ne reviendrai pas sur les pratiques incompatibles avec nos statuts, l’existence de fichiers « policiers » mais également le « management » musclé qui avait cours depuis quelques temps, avec la place du « cabinet ».

Le plus important mes camarades, c’est que le fonctionnement rapide, efficace et démocratique de nos instances confédérales, la qualité des délibérations ont permis, au moins jusqu’à ce jour, de préserver notre confédération.

Certains dans le gouvernement, dans le patronat et même au-delà, rêvent sans doute d’affaiblir ou de liquider notre confédération ; ce serait tout de même plus facile pour imposer une nouvelle contre-réforme des retraites, brader l’assurance chômage et j’en passe.

La campagne qui se déchaîne contre nous, en particulier depuis la double page du Parisien, n’est pas le fait du hasard. L’objectif est de nous mettre à genoux en déversant accusations, insinuations, contrevérités et calomnies. Nous avons condamné cette charge violente. Le Bureau confédéral, avec la commission de la CE, a fait face. Je regrette qu’en interne, certains camarades, certes très minoritaires en nombre, aient jugés utiles de reprendre à leur compte ce flot de calomnies. Mais je n’en dirai pas plus.

Camarades, Je vous informe que l’Union départementale de Loire-Atlantique a donné mandat pour voter pour Christian Grolier, car nous considérons qu’il incarne pleinement et sans équivoque la continuité des orientations revendicatives défi nies par le congrès confédéral et qu’il a prouvé, à la tête de la Fédération générale des fonctionnaires, sa capacité à rassembler largement.

Petite précision : j’ai parlé de «mandat». Les valeurs de Force Ouvrière, fondées sur le fédéralisme, c’est le mandat et le respect du mandat. Je le dis clairement mes camarades, le Comité Confédéral National, ce n’est ni l’Assemblée nationale ni le Sénat, où chacun vote en son âme et conscience. Je pense qu’il est important de rappeler ces choses-là.

Relisez l’article 6 des statuts confédéraux qui précisent cette question. Bien entendu, quand on vient ici dans le CCN, « mandaté » par son Union départementale ou sa Fédération, nous avons un mandat souple sur les orientations et les revendications. Mais là, il s’agit d’élire un nouveau secrétaire général de la Confédération. Je pense donc qu’il est important, dans ce cadre, que chaque structure respecte le mandat donné précisément.

Enfin, dernière chose, plusieurs camarades sont intervenus sur les retraites et l’assurance chômage. Je n’y reviendrai donc pas. Mais nous avons intérêt dans la situation actuelle à avoir une position nette sur la question des salaires. Nous avons eu raison de ne pas participer à l’action des « gilets jaunes » du 17 novembre, car celle-ci n’avait pas un caractère syndical. Mais attention, cette action exprime dans le pays un fort mécontentement. Et si nous ne prenons pas toute notre place, le risque est grand de laisser le terrain aux mouvements et forces politiques les plus divers. Alors je pense qu’il faut se positionner nettement en faveur de l’augmentation générale des salaires et du plafonnement et gel des taxes sur les carburants.

Mais il y a une question que nous devons régler : Laurent Berger a proposé la mise en place d’un pacte social de la «conversion écologique». Je viens d’apprendre que Gérard Larcher, le président du Sénat, soutenait totalement la proposition de Laurent Berger. Ce n’est pas une surprise, mais quelle va être la position de notre Confédération dans cette situation ?

Je suis pour qu’on ait une position nette : en particulier, l’augmentation générale des salaires avec retour à l’indexation des salaires sur les prix.

En tout état de cause, nous ne pouvons pas nous engager à participer à ce pacte social.

par Michel Le Roc’h,

secrétaire général de l’union départementale

CGT-Force Ouvrière de Loire-Atlantique

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