>Histoire

18 / 05 / 2019

 Décembre 1963 : Les traminots nantais ouvrent la voie.

 La grève générale de mai-juin 68 vient de loin. La grève des mineurs avait dès 1963 constitué un premier avertissement pour un pouvoir gaulliste qui semblait pourtant bien établi. (1).

Quelques mois plus tard, ce sont les traminots nantais qui se mobilisent. En 1958, de Gaulle avait annoncé la couleur, sans surprise : il s’agissait par l’association capital-travail, par la « participation » d’intégrer les deux confédérations ouvrières, C.G.T-F.O. et C.G.T. et une nouvelle gouvernance, comme on dit maintenant. L’action indépendante de la classe ouvrière, sur son propre terrain de classe – par la grève – a mis en échec les projets gaullistes, simple reprise de la politique sociale de Vichy. (2).

L’expérience montre qu’il faut parfois revenir loin en arrière pour comprendre les évènements du présent. (3).

En 1963, en 1964, le « syndicalisme rassemblé » prend la forme de l’unité d’inaction C.F.T.C. – C.G.T. Le divin enfant, la C.F.D.T est toujours en gestation. On verra ci-dessous l’analyse d’Alexandre Hébert confronté en permanence aux manœuvres de division et aux calomnies.

La grève des mineurs ébranle l’Etat gaulliste. Au référendum qui adopte l’élection du président de la Vème république au suffrage universel en 1962, de Gaulle avait pourtant recueilli 62, 25 % de : OUI.

 

Le contexte. Bataille pour la fiche de paye.

– Le gouvernement se fixe pour objectif : « de moderniser notre industrie ( … ) notre économie doit s’orienter vers la recherche de prix compétitifs … »

– Le gouvernement tente d’associer les deux confédérations aux objectifs du Plan, le sacro-saint plan, qui fixe dans le détail les objectifs de l’Etat au service des capitalistes.

La classe exploiteuse se bat pour imposer la baisse du coût du travail. les exploités utilisent leur arme principale, la grève, pour arracher des augmentations de salaire.

– Alexandre Hébert explique : « Les conclusions de la commissions Toutée stipulent un contrat entre l’Etat et les syndicats de fonctionnaires pendant la durée duquel recours à la grève serait exclu et les litiges tranchés par juridiction administrative ». C’est le retour aux procédures d’arbitrage, incompatible avec l’exercice plein et entier du droit syndical. Qu’on le veuille ou non, la généralisation des procédures d’arbitrage conduit tout droit à un régime totalitaire, fasciste.

« Quant aux salaires, seul l’Etat en fixera la masse globale, les syndicats des diverses catégories de fonctionnaires gardant la latitude de s’entredéchirer lors de la répartition des aumônes ».

Rappelons qu’à l’époque les personnels de l’Education nationale sont massivement syndiques

à l’ex F.E.N. (Fédération de l’Education Nationale) restée dans l’autonomie. Une situation que le régime gaulliste sait utiliser.

-Les Comités d’expansion économique, autre bidule où les militants syndicalistes doivent gérer localement la bonne mise en œuvre des plans élaborés à l’étage supérieur, c’est à dire le Commissariat au plan, (où sévit déjà M. Jacques Delors) sont amenés à jouer un rôle – au moins sur le papier – de plus en plus important.

Composition des bidules : ¼ d’élus locaux désignés par les conseils régionaux ; ¼ de personnalités désignés par le 1er ministre ; ½ de représentants de syndicats patronaux et ouvriers. De Gaulle ne négligent pas les « corps intermédiaires ».

La riposte par la grève.

Alexandre Hébert note :

« Le 5 décembre, par 135 voix contre 50 les traminots nantais, s’engageaient dans une grève illimitée qui devait durer 39 jours.

Pendant 39 jours, tous les matins, un piquet de grève fut organisé de 5 h à 7 h 30, une réunion de chaque syndicat (C.G.T., F.O., C.F.T.C.) à 8 h, une intersyndicale à 9 h, une assemblée générale à 10 h. Les collectes rapportèrent 12 millions d’anciens francs. Les 24 bus conduits par des cadres et quelques « jaunes », mis en circulation le 4 janvier sous protection policière, furent en grande partie boycottés par les usagers. Quant, le 12 janvier, les traminots reprirent le travail, ils n’avaient obtenu qu’une augmentation mensuelle uniforme de 1.800 A.F., plus quelques primes. Pourtant, ils rentraient la tête haute, ils avaient conscience d’avoir fait reculer la coalition qui misait sur leur capitulation pure et simple.

Car, au cours de cette grève, les traminots eurent contre eux : leur patron, la municipalité, les pouvoirs publics (intervention des camions militaires pour remplacer les bus), mais aussi l’appareil de la C.F.T.C. et de la C.G.T.

Henri Orrion le fut nommé une 1ère fois maire de Nantes entre 1942 et 1944.

Donc, nommé par Vichy, il est « révoqué en 1944 et réélu en 1947.

Autrement dit, il passe de l’acceptation de la doctrine sociale du maréchal, à celle du général. Ce n’est pas très compliqué …

 

Qu’on en juge: la C.G.T. et la C.F.T.C. proposaient la revendication de 140 à 180 F (hiérarchisés) mensuels, avec, comme moyen d’action des grèves de 24 H. A l’Assemblée Générale du 5 décembre, les traminots rejetaient ce moyen d’action sans mesure avec une telle revendication et décidaient la grève illimitée. Les responsables C.G.T. s’y opposèrent et furent désavoués. Le 20 décembre, en commission de conciliation, le délégué C.G.T. accepte la reprise du travail contre la proposition patronale d’une prime annuelle de 30 F. Il est désavoué le lendemain par l’Assemblée Générale qui décide (par 261 voix contre 65 et 9 nuls) la poursuite de l’action, malgré les exhortations des responsables C.G.T. et C.F.T.C.

Hébert intervient à ce moment dans l’action, à l’appel du syndicat F.O. des traminots, et déclare: « Nous savons qu’il faudra trouver un compromis pour terminer le conflit, mais il y a une marge entre ce compromis à rechercher et l’acceptation pure et simple des conditions de la direction. Nous sommes placés devant l’épreuve de force, mais celle-ci constitue un test pour l’ensemble de la classe ouvrière… »

Le 23 décembre le service d’entretien reprend le travail à l’appel de la C.G.T. et de la C.F.T.C., et le directeur félicite la délégué C.G.T. pour « son attitude conciliatrice » (il n’y a presque pas de syndiqués F.O. dans ce service).

Le 3 janvier, l’U.D.- F.O. lance un mot d’ordre de grève de solidarité à tous les transports nantais; les Ü.D. C.G.T. et C.F.T.C. refusent de s’y associer. Ce même jour, les syndicalistes révolutionnaires de Nantes organisent une réunion de militants qui décide de publier par tracts et dans la presse locale un texte où: « Les militants syndicalistes dont les noms suivent… affirment que le mouvement des traminots nantais est un aspect important de la lutte d’ensemble de la classe ouvrière dans sa résistance à la politique gouvernementale … déclarent qu’aujourd’hui s’impose une action générale interprofessionnelle apportant la solidarité active des travailleurs nantais… demandent que rapidement les responsables des U.L. et U.D. organisent un débrayage de 24 h avec rassemblement central de tous les travailleurs”.

Le 6 janvier, alors que la C.G.T. et la C.F.T.C. appellent à la reprise du travail et sont à nouveau désavoués par 191 voix contre 60 (à bulletin secret), A. HEBERT propose l’organisation d’un meeting central de tous les travailleurs nantais.

La C.F.T.C. tergiverse, le secrétaire de l’U.D.-C.G.T. s’y oppose. Toutefois la manifestation est décidée pour le 8. Malgré les manoeuvres de la C.G.T. (comme ce tract de la section C.G.T. des Batignolles qui déclarait: « les conditions ne sont pas remplies pour une participation massive des travailleurs des Batignolles aux meetings organisés par non Unions Locales… »

La manifestation du 8 janvier fut un succès: 8.000 travailleurs défilent et chantent l’Internationale sous les grilles de la mairie. (L’Humanité sera contrainte de signaler pour la première fois, le 8 janvier, l’existence d’une grève de traminots à Nantes).

C’est le lendemain que la C.G.T. et la C.F.T.C., en dernier recours, décidaient de rompre l’unité d’action jusqu’alors imposée par la démocratie régnant aux Assemblées Générales.

Le matin, l’Assemblée Générale avait refusé de se plier aux exigences de la Direction, qui, n’acceptant de traiter qu’avec les représentants des syndicats de traminots, refusait de recevoir les représentants des U.L. Problème d’importance, et général, au moment où la bourgeoisie et ses alliés tentent d’institutionnaliser, comme interlocuteur exclusif, la « section syndicale d’entreprise ». (4)

Dans l’après-midi du 9 Janvier, en violation du mandat de l’A.G., les délégués des syndicats de traminots C.G.T. et C.F.T.C. se font recevoir seuls par le patron, et s’engagent au secret jusqu’à l’A.G. du lendemain. Dénoncés par HEBERT, hués par les traminots, les responsables C.G.T. et C.F.T.C. se prononcent pour la reprise du travail. Après un vote à bulletin secret, HEBERT, mandaté par les trois syndicats, déclarera: « La majorité pour la continuation de la grève est trop faible, vous devez rentrer tous ensemble, en bon ordre ». Certes, les résultats obtenus ne permettent pas de crier victoire, mais la direction et les pouvoirs publics ont reculé. La capitulation escomptée par la C.G.T. et la C.F.T.C. n’a pas eu lieu.

Pendant 39 jours 400 traminots ont déshabillé de leur démagogie verbale les appareils de la C.G.T. et de la C.F.T.C. Le tract de contre-vérités et de calomnies contre Hébert (« qui a joué la carte de diviseur ») largement diffusé les jours suivants par l’U.D.-C.G.T. ne fut d’ailleurs pas distribué parmi les traminots C.G.T.! »

Ainsi « l’appareil » de l‘UD C.G.T éprouve quelques difficultés à mobiliser ses troupes pour mener jusqu’au bout sa politique de division. A. Hébert poursuit :

« ( … ) LA C.G.T. EXCLUT 18 MILITANTS NANTAIS

A NANTES existe un Comité de Liaison et d’Action pour la Démocratie Ouvrière (C.L.A.D.O.) regroupant les syndicalistes révolutionnaires de toutes tendances militants à la C.G.T., à F.O. ou à la F.E.N. On comprendra que les responsables locaux de la C.G.T. et de la C.F.T.C. ne tiennent pas particulièrement en honneur de sainteté ce regroupement qu’ils dénomment schématiquement « la bande à Hébert ».

Les tracts et autres attaques de la C.G.T. contre Hébert ne peuvent être d’une grande efficacité, quand ils ne contribuent pas, paradoxalement, à renforcer son crédit près des ouvriers. Par contre, l’appareil de la C.G.T. n’hésite pas à mettre de l’ordre dans ses propres rangs. Les démêlés des camarades révolutionnaires militants à la section C.G.T. de l’usine « Sud-Aviation » ne datent pas d’hier (voir n° 22 de l’Anarcho-Syndicaliste – juin 62). Aujourd’hui, l’appareil de la C.G.T. ne peut tolérer qu’à l’intérieur de ses syndicats, des militants se permettent d’analyser sa politique et de dire la vérité.

Voici les faits: dans l’organe du syndicat C.G.T. de Sud-Aviation, « Mach Boum » du 11 Mars 64, sept militants syndicalistes révolutionnaires sont attaqués. On leur reproche notamment d’avoir « dénigré l’organisation on signant, avec d’autres ouvriers, l’appel pour l’organisation d’une action générale interprofessionnelle apportant la solidarité active des travailleurs nantais” aux traminots en grève depuis un mois. On leur reproche d’avoir diffusé un texte, le 30 Janvier, intitulé « Contre la division », où, en réplique au tract calomnieux de l’U.D.-C.G.T. contre Hébert, ils proposaient « aux U.D.-C.G.T., F.O., C.F.T.C. qu’elles organisent une réunion publique où elles pourraient devant les travailleurs confronter leurs points de vue respectifs sur le récent mouvement des traminots ». On leur reproche leur « aventurisme » parce qu’à la tribune de la conférence des Métaux à NANTES ils ont réclamé une action « tous ensemble, au même moment, au même jour ».

On leur reproche d’avoir distribué « L’appel des Travailleurs de NANTES ». On leur reproche, bien sûr, de « prendre leurs consignes » près du secrétaire de l’U.D. F.O., et aussi de vendre le journal « Informations Ouvrières » dont on insinue qu’il est payé par les patrons!

Point par point, nos camarades ont répondu. Mais la parution de leur réponse dans « Mach Boum » leur fut refusée en ces termes: « Mach Boum » est l’organe de la majorité. Le 19 mars nos camarades publiaient donc leur réponse dans un tract qu’ils terminaient ainsi: « Travailleurs de Sud-Aviation, militants du P.C.F., durant 30 ans Staline a calomnié et massacré les militants révolutionnaires bolchéviks par milliers. Thorez, Duclos et d’autres dénonçaient ces militants comme fascistes, agents des trusts. Brusquement en 1956 Khrouchtchev a dénoncé les crimes du « culte de la personnalité ». Les calomniateurs, complices de Staline ont suivi Khrouchtchev. N’acceptez pas le retour de telles méthodes… » Le 21 Mars a lieu une « assemblée de militants C.G.T. » de Sud-Aviation. Un secrétaire de l’U.D.- C.G.T., Prampart (5) dirige la séance; sa brève intervention se résume à ceci:

« Je suis délégué par le Bureau Confédéral pour vous annoncer que les 7 militants dont les noms suivent sont exclus de la C.G.T. » C’est tout. Pas de texte, pas de vote.

Les exclus demandent à s’expliquer, « pas question, leur est-il répondu, puisque vous ne faites plus partie de la C.G.T. ». Onze ouvriers se solidarisent avec nos camarades et se considèrent par conséquent exclus ».

On connait la suite ; les exclus imposent, suite au 13 mai 68 la grève totale à Sud-aviation Bouguenais. C’est le début de la grève générale, trahie, encore une fois par les « appareil » au service du maintien du « statu quo ».

Mais :

  • Les plans de fermeture d’usines Sud-Av du pouvoir gaulliste sont abandonnés.

  • FO pourra signer en 1971 un « accord d’entreprise » dont bénéficient encore largement les salariés de l’entreprise.

On ne peut arbitrairement opposer pratique contractuelle et mobilisation sur le terrain de classe lorsque c’est nécessaire.

  1. Voir la brochure éditée par l’UD FO de Loire-Atlantique : « Mai-juin 68, dix ans, ça suffit ! »

(2)  « Les doctrines sociales de la révolution nationale, Charte du travail, organisation corporative (c’est-à-dire « association capital-travail ») privilège de la famille n’étaient pas sans attraits ». C’est dit, c’est écrit. (De Gaulle, Mémoires politiques).

(3) Extrait d’interview de Jean Pierre Chevènement, plusieurs fois ministre du gouvernement d’union de la gauche sous le premier septennat de F. Mitterrand.

Question : La crise des gilets jaunes était-elle prévisible ?

Réponse : Elle vient de loin, oui. C’est l’expression de multiples fractures qui procèdent d’une politique qu’on ne peut pas redresser en trois coups de cuillère à pot. Si je devais identifier une date originelle, je dirais 1983 : l’année du tournant de la rigueur et de ma démission du gouvernement. On paye un choix qui a anticipé sur d’autres : l’Acte unique qui a mis la concurrence au coeur de l’Europe, avec toutes les directives qui en ont découlé — la libéralisation des capitaux, la libéralisation des services… Très vite les gens ont manifesté leur rejet de cette politique, et cela n’a fait que croître pour aboutir à 2017, c’est à dire au rejet de l’ancien système des partis et à la mise en place de quelque chose de nouveau, mais qui n’est pas davantage satisfaisant puisqu’il fait lui aussi l’objet d’un rejet, en tout cas de la part des gilets jaunes, eux-mêmes soutenus par une partie importante des Français.

Et l’ex ministre précise : « (…) Jaurès disait que « le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ». C’est bien vrai ! 

(4) revendiquée par la C.F.T.C. Puis par son prolongement, la C.F.D.T ; généreusement accordée par le 1er ministre G. Pompidou en décembre 1968.

Peut-être y voyait-il déjà le moyen d’aller vers la « nouvelle société du duo « gauche-droite » ou « droite-gauche », Chaban-Delors en 1969 ?

L’idéologue Boch-Lainé avait écrit dans le Monde du 7 mai 1963, dans la continuité des thèses de Mendès-France :

« ( … ) de donner aux syndicats les moyens de s’implanter fortement, notamment en reconnaissant la section syndicale d’entreprise (couplée) à un système d’arbitrage obligatoire. ( … ) Le personnel des entreprises en tant que force constituée, peut aspirer à toutes les responsabilités, hormis celles de l’employeur ».

Ici, pas de camp de concentration, pas de chasse aux juifs, aux francs-maçons, aux « mauvais français » … mais toujours la prétention de « concilier » les intérêts des classes.

(5) Georges Prampart (dirigeant de l’UD C .G.T.) confie dans ses mémoires : « une vie de combats et de convictions » (page 146) :

« ( … ) et si on ne comprenait pas l’attitude de Thorez et de Duclos (dirigeants du PCF), on les excusait parce qu’on avait toujours en tête l’idée qu’en cachant le rapport Khrouchtchev, ils avaient agi dans l’intérêt du parti, du prolétariat international dans l’intérêt de la Révolution ».

Quant au secrétaire général de la CGT B. Frachon, il se fend d’un article en pleine grève des traminots, paru dans l’Humanité du 24 décembre adressé … au syndicat des Métaux FO de Saint-Nazaire pour y prêcher les vertus de … l’unité ! et ne dit rien de la grève. (Source Frachon, « au rythme des jours », page 416).

Le 1er mai 1964, C.G.T. et C.F.T.C. tiennent meeting commun. L’UD FO réunit comme traditionnellement ses militants ce qui indispose le secrétaire de l’UL C.G.T. de Saint-Nazaire :

« L’évolution conduira sans doute ceux qui qui n’ont pas cru y être cette année avec venir avec nous l’an prochain. Ceux qui s’y opposeront seront définitivement balayés par l’histoire » ; (5source : l’Eclair 2 mai 1964).

25 ans avant la chute du mur de Berlin. Tout le monde peut se tromper.

JM mai 2019

chaud ! chaud ! chaud !

Pour la sauvegarde de tous nos régimes de retraites, tous à Paris le 21 septembre 2019

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