>Histoire

13 / 01 / 2018

Dans les pas du maréchal … et du général

C’est une certitude, on n’y échappera pas : la commémoration du joli mois de mai. La CFDT, bien sûr sera en première ligne. On parlera de « fête », de « révolution » de « droits des travailleurs » … peut-être même « d’autogestion » encore que la centrale cléricale nous bassine plutôt maintenant avec la co décision et le sacro-saint « modèle » allemand.

Peut-être l’épisode peu glorieux du grand meeting du stade Charléty sera-t-il passé sous un pieux silence.

Rappelons brièvement les faits.  Le 1er ministre du général, Georges Pompidou réunit les « partenaires sociaux «  de l’époque. Il s’agit – annonce-t-il d’emblée -de « mettre un terme à la grève ». Ils sont 7 millions de grévistes le jour de l’ouverture de la grande « concertation de Grenelle. (25 mai).

Le pouvoir semble quelque peu déliquescent. A « gauche », on s’active. Il faut, en cas d’urgence, une solution crédible de remplacement.

Le PCF propose un « gouvernement d’union populaire » ; ça rappelle trop la Pologne, la Hongrie, la Roumanie etc. pas crédible ! même pour le PCF.

Les  » modérés « , rassemblés autour de Rocard et la CFDT jouent la carte Mendes France, un saint homme, mais, attention laïque non de dieu !

Celui-là, plus personne ne le connait.*

Dommage. Son itinéraire est très révélateur.

 

Les hommes nouveaux ? On connait la chanson ; parmi eux : F. Mitterrand, ministre de l’intérieur. A propos de l’Algérie : « la seule négociation, c’est la guerre ». On y retrouve aussi Chaban-Delmas, 15 ans avant la promotion de sa « nouvelle société » avec des « hommes nouveaux », cela va de soit, comme … les amis de Mendes …

En 1945, ministre de l’économie du gouvernement d’union nationale de Gaulle-PS-PCF, il démissionne car il reproche au gouvernement de ne pas mener une saine politique d’austérité.

En novembre 1954, il pense que « l’Algérie, c’est la France ». Etant moins stupide que la plupart des représentants de l’ordre établi, il finit par comprendre que le colonialisme bête et brutal doit évoluer, sous peine de disparaître. … ce qui ne change rien à son point de vue de fond.

C’est ce curieux personnage que la CFDT rocardienne veut propulser à la tête de la Vème république.

L’objectif est clairement affirmé dans la bible des corporatistes « modernes » des années soixante, publié en 1962 : la République moderne.

Mendes y consacre 30 pages au rôle des syndicats « nouveaux ». Pour faire court, disons simplement que le syndicat « moderne » ne revendique pas. Il gère. Quand c’est la « crise » et le capitalisme est désormais perpétuellement en crise, il gère la crise du capitalisme. Il ne sert à rien d’autre.

« Réforme » des institutions.

Mendès comme Hollande, comme de Gaulle, comme Pétain, comme le néo-socialiste Déat, comme le fasciste, Valois rêve d’une Chambre des corporations.

Pour la CFDT et toutes la « deuxième gauche » toutes sensibilités confondues, c’est un atout considérable.

Mendes devient le Bonaparte idéal … l’espace d’un meeting où il reste désespérément muet …

Les voies de la « rénovation » restent impénétrables.

Les lampions de Charléty éteints, le général hausse le ton, annonce – avec la bénédiction sans faille des camarades staliniens –  la dissolution de l’Assemblée et des élections en juin.

La suite est connue : triomphe en trompe l’œil des gaullistes puis, échec retentissant au référendum d’avril 69. De Gaulle doit quitter le pouvoir.

Notre « président-marcheur » rêve lui aussi d’une « Chambre du futur » où les militants syndicalistes prendraient en charge la gestion de l’intérêt général ; d’autres disent plus clairement, le bien commun.

L’une des encycliques préférées des « modernistes », mater et magistra note :

« Les pouvoirs politiques (sont)  responsables du bien commun … »

Notre confédération saura s’y opposer.

   

On lit page 93 : « la seconde assemblée sera conçue de manière à représenter les groupes sociaux et les intérêts professionnels, forces nouvelles auquel l’Etat doit reconnaître un rôle et qui doivent participer à son fonctionnement. De telles idées choqueront des démocrates de l’école traditionnelle ». Une note en bas de page précise que ce ne sera pas le cas du très réactionnaire Bertrand de Jouvenel. Par contre ce sera le cas « des syndicalistes qui considèrent l’Etat avec une certaine méfiance et qui redoutent d’être pris dans un engrenage institutionnel où ils perdraient leur indépendance ». Les syndicalistes de notre CGT-FO ne se laisseront pas abuser par le corporatisme « moderne » du nouvel homme providentiel …

 

*Autre Sauveur putatif, François Mitterrand, l’homme à la francisque. Son nom évoque encore quelque chose. Sans doute la « parenthèse » de la rigueur initiée par son compère Jacques Delors, dès 1982

J M janvier 2018.

 

chaud ! chaud ! chaud !

Contre la suppression des 120.000 fonctionnaires, grève le 22 mars

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