>Histoire

20 / 03 / 2017

Chronique des envahisseurs (1/2)

mitterand-1969-1971

Jean Battut, militant syndicaliste à l’ancien syndicat national des instituteurs, – SNI – (affilié à l’ex FEN) a publié ses souvenirs de la période précédant le congrès d’Epinay qui a donné naissance au parti dit socialiste. Le témoignage de J. Battut peut laisser perplexe. Comment des militants syndicalistes avertis, responsables de syndicats ayant une audience « de masse » ont-ils pu si facilement se laisser abuser par les néos socialistes regroupés autour du clan F. Mitterrand ? Comment des militants laïques ont-ils pu accepter de se soumettre aux ukases des néos cléricaux de « gauche » pourtant ultra minoritaires du Sgen-CFDT ? Du serment de Vincennes au congrès d’ « ouverture » du CNAL (à la CFDT) et au congrès d’Epinay, 10 ans à peine ont suffi aux néos pour s’emparer de la direction des « vieilles » organisations qu’ils ont phagocytées puis, détruites. Un scénario étonnant que les commentaires de J. Battut – qui ne regrette rien – contribuent à éclairer. (J. Battut : « F. Mtterrand, les trois années inconnues, 1969,1971. Au pied d’Epinay)).

Chronique des envahisseurs : le titre est emprunté à Marc Prévotel qui a largement contribué à mettre en évidence la continuité des politiques des cléricaux regroupés autour de Léon XIII et les adeptes de la « deuxième gauche », jusqu’à la CFDT « moderne » … il est toujours utile de lire ou relire, notamment : « cléricalisme moderne et mouvement ouvrier » (3ème trimestre 2008), préfacé par Joachim Salamero.
C’est à l’occasion du décès de l’ex secrétaire général de la CFDT – le malheureux aura peu profité de sa retraite (allongement de la durée de cotisations oblige) – que l’on a vu se presser un large échantillon d’éminentes personnalités de tous bords du petit monde médiatico-politico-syndical. A la messe, ils y étaient tous.
Il faut dire que tous ces « néos », qu’ils se rattachent au courant « deuxième gauche », à vocation « personnaliste » ou à d’autres chapelles, encombrent l’espace médiatique … jusqu’à la nausée.
Les hommages ont été si nombreux qu’on ne peut les citer tous. Notons tout de même celui de l’ex patronne du MEDEF, Laurence Parisot, « auteure » de l’inégalable formule : «   « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ». L’heureuse retraitée a déclaré :
François Chérèque avait « un tel souci de l’intérêt général (…) que je n’hésite pas à dire que la France a perdu un homme d’État et ensemble nous avons bâti un dialogue social extrêmement fructueux. Je pense à l’invention de la rupture conventionnelle ».
Un hommage oh combien mérité ! Que de chemin parcouru depuis la mue de la petite CFTC en « grande » CFDT « socialiste » … et pour faire bonne mesure « démocratique ».

« Le cléricalisme ancien avait la bedaine ostensible ». ( … ) Au début du XVIIIème siècle, la bourgeoisie a revendiqué sa part de gâteau :
« Les rois, les hobereaux et les cléricaux refusèrent de partager et la bourgeoisie, en s’appuyant sur le peuple, leur fit mettre un genou à terre » et puis, « il y a un siècle, le cléricalisme moderne s’est rallié à cette évidence : tout peut changer sans que rien ne change ». Les cléricaux du XXIème siècle, admirateurs de Jeanne la Pucelle nous promettent la « révolution » : casser la sécu, le régime des retraites, le code du travail, les statuts … autrement dit appliquer le programme des fascistes italiens et des nationaux-socialistes allemands.

Bref retour sur un passé pas si lointain

Les flonflons gauchistes de mai 68 oubliés, la CFDT fraîchement « déconfessionnalisée » part à la conquête de la « nouvelle classe ouvrière ». Toute la bonne presse, le Monde (2)
en tête,  Témoignage chrétien, même la Croix, s’extasie. C’est déjà suspect. A la CFDT, on fait de la politique au sens propre, si l’on peut dire, du terme (1). On a besoin de la compréhension des éditorialistes.
A « gauche » c’est sous la houlette de François Mitterrand que se prépare l’exécution de la « vieille » SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière), jugée trop archaïque par nos révolutionnaires en peaux de lapins. L’opération est d’envergure. Il s’agit d’adopter une posture socialiste et bien sûr laïque. Pas si simple pour l’ancien titulaire de la francisque.
Mais l’ambition démesurée permet de tenter les coups les plus tordus. C’est peut-être à ça qu’on les identifie … les ambitieux.

La Nièvre, «  territoire » expérimental

Bousculades et prises de becs au paradis des néos.
L’auteur immortel du « coup d’état permanent » (publié en 1964), emploie des méthodes pas très catholiques, mais diablement efficaces, pour barrer la route à l’apôtre de la « deuxième gauche ». M Servet-Rocard peut bien protester. Rien n’y fait. Sur le trône, il n’y a de place que pour un seul pèlerin. Qu’on se le dise !

Un certain Jean Battut, passé aux oubliettes de l’Histoire, fut donc de longues années (dont l’année 68) secrétaire départemental du SNI (syndicat national des instituteurs) de la Nièvre. Il est à la tête d’un syndicat autonome rattaché à l’ex Fédération de l’éducation nationale (FEN). Ceux-là refusent toujours de se regrouper au sein de l’une des deux confédérations ouvrières, CGT-FO ou CGT. Un choix lourd de conséquences. Plus de 80 % des instituteurs sont syndiqués au SNI. Ii suffisait, explique J. Battut (3), de claquer des doigts, pour qu’immédiatement, tous les personnels se mobilisent. Quelques rares originaux – généralement considérés comme des marginaux, un peu comme jadis, le « simplet du village » – sont encartés au SGEN-CFDT. (4)
Ils ne paraissent pas encore constituer un réel danger pour les militants syndicalistes. A la FEN, l’immense majorité des syndiqués reste sur la ligne du serment de Vincennes. (5)
Le courant « néo » doit miser sur la naïveté des militants socialistes. Le témoignage de J. Battut est précieux. Il cite le cas d’un directeur d’école, Jean Vié, secrétaire départemental du SNI de 1954 à 1958. Adhérent SFIO, un militant assurément honnête, « suspicieux quant à la laïcité de Mitterrand » (page 45), notamment parce qu’il s’est abstenu lors du vote des lois anti-laïques Marie-Barangé de 1951.
Mitterrand prend personnellement en charge la conversion de Jean Vié avant de s’attaquer à Jean Battut, qui explique :
« ( … ) François Mitterrand aimait expliquer sa conception du socialisme en établissant un parallèle entre sa fidélité au christianisme et son acceptation de l’idéologie socialiste ».
Jean Vié confie :
« Au cours de discussions avec un athée comme moi, François Mitterrand faisait fréquemment allusion à l’amour et à la justice du Christ et il rêvait de marier les idées de l’Eglise, qui, par sa morale, nous invite à bien nous conduire avec le socialisme qui représente l’espérance ».
Et, peut-être contre toute attente, ces proies idéales, des militants syndicalistes avertis veulent y croire et participent à leur niveau à l’opération des envahisseurs. Jean Battut raconte même qu’il a joué un rôle loin d’être négligeable. Les marginaux du SGEN peuvent se réjouir. (6).

À gauche, toute !

Pour mener à bien l’OPA, il faut doubler la SFIO sur sa « gauche ». J. Battut retranscrit sans rire quelques-uns des propos « révolutionnaires » de son nouveau mentor :
Mitterrand : « Le véritable ennemi ( … ) celui qu’il faut déloger ( … ) c’est le monopole ! Terme extensif pour désigner toutes les puissances de l’argent, l’argent qui corrompt, qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ». (Page 244) … « l’argent trop souvent serviteur et instrument du mensonge » comme le disait le Maréchal (le 11 juillet 1940).
Bref, la finance est la source de tous nos maux. Les syndicalistes sont priés de se couler dans le moule d’un « socialisme » qui prétend « amorcer la transformation socialiste de la société en organisant le pouvoir dans l’entreprise » (7). La ficelle est un peu grosse, l’air est trop connu ; dans son message « à ses amis ouvriers » le 1er mai 1941, le Maréchal souhaitait lui-aussi que « délivrés de leurs mauvais bergers », les ouvriers « participent dans une mesure raisonnable au progrès de l’entreprise dans laquelle ils sont associés ». C’est la « communauté d’entreprise » de la république de Weimar reprise et poussée jusqu’à la logique ultime par le Front du travail national-socialiste.
Des syndicalistes fidèles jusque-là à la Charte d’Amiens et hostiles à celle de Vichy se rallient, plus ou moins honteusement.
A la CGT-FO, ces thèses néo-corporatistes sont reprises par quelques très rares individus que l’UD de Loire-Atlantique se charge de remettre à leur place (8).

27 avril 1969 : un tournant

Alors que de Gaulle tente d’imposer à froid par voie référendaire un régime corporatiste achevé – que le double NON de la CGT-FO, rejointe par la CGT fait échouer – les « ralliés » au « socialisme  moderne » s’enfoncent un peu plus dans les sables mouvants des « néos ». Battut écrit :
«  le 27 avril, le NON l’emporte ( … ) le général cesse d’exercer ses fonctions. La gauche évite de crier victoire car ce ne sont pas seulement ses voix qui ont permis ce résultat. ( … ) L’échec était prévisible après qu’en mai 68, de Gaulle ait proposé un vague projet axé sur la participation : réforme de l’entreprise et association capital-travail, projet modifié pour éviter d’éveiller l’inquiétude des possédants. Ce projet se voit transformé par la préconisation de la création de conseils régionaux dépourvus de tous pouvoirs (9), associant des syndicalistes, liquidant au passage le Sénat, ce qui provoque dans tout le pays une insurrection des notables ». (Page 143). On croit comprendre que ce sont les notables (de « droite »), et surtout pas les confédérations ouvrières ! purement et simplement « oubliées » qui sont à l’origine de l’échec du projet du général. Les « vagues projets » de de Gaulle (association capital-travail) seraient avantageusement remplacés par les projets politiques précis de Rocard-Maire (CFDT-PSU), projets plus « novateurs », plus ambitieux, relayés par les « néos » pluriels ralliés à Mitterrand. Toute une fraction du « camp laïque » se range au jugement de la revue Esprit. Son directeur Jean Marie Domenach (encore un ancien d’Uriage) qualifie la réforme gaulliste de « confuse » et « ambiguë » (juin 1969).
En somme, le général qui manque d’audace, n’est pas assez « révolutionnaire ». Voilà où « l’autonomie » de la FEN et du SNI a conduit ce pauvre Battut.
Pourtant à cette date, la FEN n’a pas encore sombré dans le corporatisme. La CGT-FO obtient de la fédération autonome une déclaration qui exprime l’essentiel :
«  Alors que Michel Debré (1er ministre). vient de déclarer que les représentants du mouvement syndical doivent pouvoir participer au vote des lois et au vote annuel du budget, les délégations de FO et de la FEN persistent plus que jamais, à considérer que la gestion des affaires de l’Etat relève de la responsabilité des citoyens à travers les élus qu’ils se donnent, notamment au parlement, et non de celle du mouvement syndical ». (Mars 1969). Une réaction salutaire des autonomes qui ne sera pas suivie d’effets.
Les ex syndicalistes ralliés n’ont pas fini d’avaler des couleuvres. Nous verrons dans une seconde partie, comment l’entrée des cléricaux de la CFDT dans le Comité d’action laïque (CNAL) a conduit à la disparition de fait de ce cadre de regroupement « large » ; et comment l’OPA des envahisseurs a conduit au congrès « d’unification des socialistes », le congrès d’Epinay dont l’avenir apparaît aujourd’hui de plus en plus incertain.

L’UD FO combat l’association capital-travail et la régionalisation. L’article 40, Titre v du projet pétainiste de 1940 stipule : « un conseil provincial est formé pour 2/3 de membres élus par les conseils départementaux, pour 1/3 de membres nommés par le gouvernement sur la proposition du gouverneur, parmi les représentants élus des organisations professionnelles et corporatives et parmi les élites de la province ». L’article 1, chapitre 1 du projet gaulliste de 1969 : « Les conseils des régions ( … ) comprennent des élus et des représentants des activités économiques sociales et culturelles … » (Cité par B. Hazo, dans : « l’homme qui dit NON »).
En photo : Alexandre Hébert

La bête corporatiste bouge encore.
Prochain article : la mort du CNAL. Epinay …

(1) Le défunt Jean Boissonnat qui fut notamment grand patron des semaines sociales cléricales s’interrogent publiquement : « la CFDT, est-ce un syndicat ? ». poser la question, n’est-ce pas y répondre ?

(2) Journal fondé par l’ex éminence grise de l’école de formation des cadres de Vichy ; « l’école » d’Uriage, le regretté Hubert Beuve-Méry.

(3) Source : François Mitterrand, les trois années inconnues, 1969-1971. Au pied d’Epinay. 7 ans après la « transformation » de la CFTC en CFDT, la SFIO devient le parti dit socialiste.

(4) Le SGEN est fondé en 1937 ; c’est alors le SGEN-CFTC. 1937, c’est aussi l’année où Léon Blum s’adresse ainsi aux Dominicains :
« Vous me demandez si je crois possible une collaboration entre les catholiques français et le gouvernement de Front populaire ? assurément, je la crois possible ( … ). Serait-il si difficile de tirer des deux encycliques que le Saint-Siège à un demi-siècle de distance, consacrait aux problèmes sociaux, des formules voisines de celles que le gouvernement de Front populaire s’efforce de transposer dans la légalité républicaine ? Je n’hésite pas à répondre : je crois la collaboration possible ». (Interview au journal des Dominicains SEPT, en décembre 1937). Imaginons un seul instant la réaction de Jaurès ! Blum fait allusion à rerum novarum, sur la condition des ouvriers, constitutive de la fondation de la CFTC. Et, quadragesimo anno, quarantième année, (1931) qui bénit le régime mussolinien.

(5) 19 juin 1960 : 350 000 manifestants prêtent serment pour l’abrogation de la loi Debré. :
« Nous, délégués des pétitionnaires des communes de France, représentant 10 813 697 Françaises et Français de toutes origines et de toutes opinions, ayant signé la protestation solennelle contre la loi scolaire de division du 31.12.1959, faisons le serment solennel : – de manifester en toutes circonstances et en tous lieux notre irréductible opposition à cette loi contraire à l’évolution historique de la Nation ; – de lutter sans trêve et sans défaillance jusqu’à son abrogation ; – et d’obtenir que l’effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l’école de la Nation, espoir de notre jeunesse ». Les ministres Rocard, Jospin, Lang, Peillon etc ont non seulement maintenu la loi Debré, mais l’ont surtout aggravée par l’introduction du principe de la gestion tripartite du service public lié à la « territorialisation » que combat la CGT-FO.

(6) On ne peut passer sous silence le coup de main de Paul VI qui, en mai 1971 autorise – conseille – aux militants de l’Action catholique de s’investir dans les organisations ouvrières – syndicats et partis – pour en prendre la direction, donc, les détruire. C’est la lettre apostolique de Paul VI au cardinal Roy ; voir en particulier le point 31. (Consultable sur internet). La confédération CGT est directement menacée depuis l’arrivée de Pierre Le Brun à la direction du syndicat ; Lebrun membre du PSU (admirateur sans retenue du pape Jean XXIII et de Vatican II), le PSU de Rocard, Maire, Delors … le fleuron « révolutionnaire » de la « deuxième gauche », le laboratoire des corporatistes de « gauche ». Lebrun, partisan avant tout le monde du « syndicalisme rassemblé » à la botte de la CFDT-CFTC, Lebrun, le chouchou de l’agent américain, Jean Monnet, champion toutes catégories du fameux « Plan démocratique ».

(7) Au congrès du parti ouvrier en 1908, Jaurès pourfendait déjà les déviations corporatistes du « syndicaliste révolutionnaire » Hubert Lagardelle, futur ministre du travail de Pétain, nommé après René Belin et avant Marcel Déat (tous des hommes « modernes », de « gauche ») ; Lagardelle auteur de la formule : « la Charte du travail sera syndicale ou ne sera pas ».

(8) Un exemple parmi beaucoup d’autres : au congrès confédéral de mai 1977, quatre ans avant la seconde « divine surprise » du 10 mai 1981, Alexandre Hébert écrit dans l’Ouest-syndicaliste :
« Au congrès confédéral, André Bergeron répondant aux critiques venimeuses de certains animateurs du courant socialiste, a déclaré :
Nous sommes du côté de la classe ouvrière ( … ) j’aimerais qu’on n’y revienne pas ». A. Hébert précise :

« C’est vrai, le congrès, à part une faible frange de néos-socialistes  (artificiellement gonflés au moment du vote sur les résolutions) se situait du côté de la classe ouvrière. Le Bureau confédéral, même s’il a cru devoir consentir quelques concessions à l’Union de la gauche (concessions sévèrement jugées par certains délégués et plus particulièrement par ceux représentant des syndicats du privé) a néanmoins réaffirmé avec netteté la nécessité de l’indépendance syndicale et c’est là l’essentiel ! »

(9) Le néo-socialiste Marcel Déat, authentique fasciste, était partisan d’une chambre régionale associant toutes les « forces vives » et disposant de réels pouvoirs. (Voir ses mémoires politiques). Les personnalistes d’Emmanuel Mounier (les premiers « poissons roses ») ont le même projet, depuis 1932. Ces gens-là font preuve de constance. D’ailleurs, le journal Témoignage chrétien a publié en 2012 un projet de nouvelle constitution. On y réclame : « À ces côtés, (de l’Assemblée nationale) une deuxième chambre, fusion de l’actuel Sénat et du Conseil économique, social et environnemental, dispose de pouvoirs d’étude d’impact, de proposition et d’amendement. Cette Chambre de la société civile et des territoires représentera les acteurs « de terrain » – collectivités territoriales, syndicats, associations, etc., dont les représentants siégeront aux côtés d’un petit nombre de citoyens tirés au sort selon le mécanisme classique de la démocratie athénienne. » Le président actuel néo socialiste de l’assemblée nationale, M. Bartolone, l’inévitable Cohn- Bendit et bien d’autres en rêvent encore. (Voir sur ce point, « corporatismes d’hier et d’aujourd’hui »).

J. M mars 2017

chaud ! chaud ! chaud !

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