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France 24 / 05 / 2016

Les cheminots toujours sur le pied de guerre

Manifestation contre la loi Travail du 19 mai 2016 à Paris. Photographie : F. Blanc / FO Hebdo – CC BY-NC 2.0 – flickr.com/force-ouvriere

Des assemblées générales de cheminots devaient se tenir à partir du 20 maipour décider de la suite à donner au mouvement. Pour la Fédération FO des Cheminots, l’heure est à la grève reconductible en continu.

En mars dernier, le gouvernement, dans le cadre de l’ouverture à la concurrence et en application de la réforme ferroviaire votée en 2014, a présenté une nouvelle réglementation du travail minimum (décret socle) pour toutes les entreprises du secteur.

Pour le retrait de la loi Travail aussi

Les cheminots exigent que la réglementation minimum soit au moins au niveau de la réglementation actuellement en vigueur à la SNCF (RH0077).

À l’inverse, le décret socle présenté par le gouvernement abaisse les droits de l’ensemble des cheminots. Il réduit, par exemple, les temps de repos des conducteurs, ce qui peut avoir des conséquences sur la sécurité des voyageurs.

De plus, l’organisation patronale refuse que la convention collective nationale en cours de négociation améliore le décret socle. Il s’agit de la même logique, dénoncent les cheminots FO ainsi que Sud-Rail et la CGT, que celle du projet de loi Travail, dont, en prime, de nombreuses dispositions s’appliqueraient aux cheminots, ceux-ci, y compris les 150 000 de la SNCF sous statut, étant sous contrat de droit privé.

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mardi 17 mai 2016

Cheminots : l’heure est à la grève reconductible

Après plusieurs journées de grève très suivies en mars et avril contre le nivellement par le bas de leurs conditions de travail, dans le cadre de la réforme ferroviaire et de l’ouverture à la concurrence, les cheminots sont de nouveau mobilisés. Cette fois, FO, notamment, appelle à une grève reconductible à compter de ce 18 mai.

Le 12 mai, le bureau fédéral FO cheminots a lancé un « appel solennel » à l’ensemble des salariés du secteur ferroviaire « à la grève reconductible à partir du 18 mai jusqu’au retrait de la loi travail et l’obtention d’un décret socle sur la base minimale du décret actuel (RH0077) ».

Pourquoi ?

En mars dernier le gouvernement, en application de la réforme ferroviaire votée en 2014 pour adapter le fonctionnement du secteur à l’ouverture à la concurrence imposée par Bruxelles, a présenté une nouvelle réglementation du travail minimum (décret socle) pour toutes les entreprises, y compris privées, du secteur (que le ferroviaire soit leur activité principale ou non).

Les cheminots exigent que cette réglementation minimum ou décret socle soit au moins au niveau de la réglementation actuellement en vigueur à la SNCF (RH0077). En clair, ils revendiquent que les conditions de travail les plus favorables actuellement appliquées aux 150 000 cheminots de la SNCF soient étendues aux 5000 employés des entreprises privées nées de l’ouverture à la concurrence.

A l’inverse, le décret socle présenté par le gouvernement abaisse les droits de l’ensemble des cheminots. Il réduit, par exemple les temps de repos des conducteurs, ce qui, notons-le au passage, n’est pas sans conséquence sur la sécurité des voyageurs…

Bien évidemment, l’organisation patronale, l’UTP (Union des transports publics et ferroviaires, représentée au conseil exécutif du Medef) suit cette même logique et propose une convention collective nationale pour les seules entreprises du secteur dont le ferroviaire est l’activité principale qui, loin d’améliorer le décret socle, se contente pour l’essentiel d’en reprendre les dispositions.

La même logique que celle de la loi Travail, dénonce FO Cheminots

Une nouvelle réglementation minimum qui abaisse leurs droits, une nouvelle convention collective qui n’améliore pas la réglementation minimum… Cette logique, dénoncent les cheminots FO, est la même que celle du projet de loi travail : la hiérarchie des normes est inversée et le principe de faveur remis en cause. Un constat qui a amené la fédération FO des cheminots à se joindre depuis le début à la mobilisation interprofessionnelle pour le retrait du projet de loi Travail.

« Allons-y ! »

La dernière séance de négociation de la convention collective portant sur l’organisation du travail doit se tenir ce jeudi 19 mai.

Dans son appel solennel du 12 mai, le bureau fédéral de FO Cheminots, « condamne toutes les tentatives de diversion et de division consistant à appeler à d’autres formes d’actions qui affaibliraient le mouvement reconductible du 18 mai. » La CFDT et l’UNSA devaient décider ce mardi 17 mai d’une éventuelle grève dans la semaine du 23 mai…

FO Cheminots explique au contraire : « La direction sait que le 18 mai va être suivi et que ça pourrait être le départ d’une grève forte et reconductible jusqu’à satisfaction. Le gouvernement a peur que les salariés se joignent, comme c’est déjà le cas, à cette grève et que le caractère interprofessionnel soit la réponse au gouvernement sur l’utilisation du 49-3 (…) ». Et elle conclut : « allons-y ! », appelant les cheminots à participer massivement aux assemblées générales dès le 18 mai pour discuter de la suite à donner au mouvement.

chaud ! chaud ! chaud !

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