27 / 07 / 2021
Yves Veyrier : « Non ça n’est pas une solution qui est satisfaisante du point de vue des salariés. L’aspect positif c’est le signal qui est donné avec l’annulation de ce nouveau motif de licenciement qui doit être compris comme le fait que la menace de sanction n’est pas la solution sur cette question de vaccination ou de pass sanitaire. Maintenant, nous sommes dans une situation bancale, ce que vient d’expliquer Sarah Lemoine est juste, cela risque de mettre tout autant en situation compliquée les salariés dans la situation où ils se refuseraient à se faire vacciner. »
YV : « L’idée, nous l’avons compris, c’est d’inciter au maximum les salariés à se faire vacciner le plus rapidement possible. Encore une fois, la vaccination, le vaccin aujourd’hui est homologué et c’est incontestablement, après le masque, le gel, les moyens de protection, les parois de plexiglas pour les caissières… le moyen de se protéger soi-même et de protéger les uns et les autres. On avait demandé qu’on prévoie des créneaux pour permettre aux salariés au contact du public de se faire vacciner le plus largement possible pour se protéger. Il faut effectivement aller dans ce sens mais je ne pense pas que la sanction ou la menace de sanction soit la bonne solution. Cela risque de tendre les choses y compris en termes de relation au travail. »
YV : « Il fallait parler de nécessité plutôt que d’obligation avec sanction, dire clairement que c’est du point de vue scientifique, du point de vue des nécessités de santé publique, qu’il était nécessaire de faire en sorte que soient vaccinés les salariés au contact de publics vulnérables dans le système de santé par exemple ou dans le cadre des évènements rassemblant du public. Mettre l’accent sur cette nécessité et informer, expliquer et rassurer ! L’important est de rassurer les gens. Les éléments de souplesse doivent permettre justement de réduire le nombre de personnes qui restent interrogatives et, ce faisant, de trouver plus facilement des solutions alternatives. »
YV : « Cela va dans le sens, effectivement, de la nécessité de se donner le temps de rassurer les uns et les autres, ceux qui s’interrogent. Il faut avoir en tête que les personnels soignants on leur a refusé, dans un premier temps, la suspension du jour de carence, que la reconnaissance en maladie professionnelle en cas de contraction du covid n’est pas pleine et entière aujourd’hui.
Il faut se souvenir qu’on leur a demandé d’aller travailler bien que positifs tant qu’ils étaient asymptomatiques. Il faut se souvenir que beaucoup d’entre eux ont dû se fabriquer des blouses avec des sacs poubelles…
Bref, tout un environnement qui fait qu’il y a des interrogations. Il faut rassurer au sens où les vaccins sont sûrs, ils sont le moyen aujourd’hui de se protéger, de protéger les autres. Maintenant il faut se donner le temps justement. La situation d’un établissement à l’autre n’est pas la même : on voit bien que là où on se donne les moyens d’informer, expliquer, rassurer, on obtient le résultat escompté parce que tout le monde est attaché à protéger sa santé et celle des autres. »
YV : « Vous avez toujours eu des anti-vax ou des contestataires de la science, malheureusement, ça existe et ça existera toujours. Ensuite, il y a aussi une agrégation de mécontentements. Il n’était pas bienvenu, FO l’a contesté, nous avons protesté contre le fait qu’on nous annonce à la fois cet enjeu sur le plan de la vaccination et que le Président de la République y joigne l’objectif de maintenir la réforme de l’assurance chômage, qui va pénaliser les demandeurs d’emplois les plus précaires, et la réforme des retraites. »
YV : « Il faut prioritairement et premièrement faire en sorte que le plus largement possible les uns et les autres, les salariés en particulier pour se protéger eux-mêmes se fassent vacciner. Pour cela, il faut rassurer. Ça n’est pas par la sanction ou l’indemnisation qu’on résout un problème de santé publique. »