Une semaine après la fin des JO, la crise Brésilienne revient sur le devant de la scène. L’acte final de la procédure de destitution de la présidente du Brésil Dilma Rousseff a commencé au Sénat ce lundi 29 août. La CSI (Confédération syndicale internationale) dénonce cette « procédure de mise en accusation fondée sur des chefs peu convaincants … » et qui « va permettre à des intérêts politiques battus aux urnes de prendre les commandes du pays et de faire table rase sur plus d’une décennie de progrès sociaux accomplis depuis l’élection du président Lula il y a treize ans ».
La procédure de destitution de la présidente Dilma Rousseff, accusée d’avoir maquillé les comptes publics pour minimiser l’ampleur du déficit public l’année de son élection, devrait s’achever par un vote final attendu mardi ou mercredi. L’ouverture de cette procédure avait été votée le 12 mai dernier par une majorité de sénateurs. Un « oui » des deux tiers des sénateurs -54 sur 81- est requis pour prononcer définitivement la destitution, qui serait une première dans l’histoire du Brésil.
Les centrales syndicales nationales s’engagent à unir leurs forces
Simultanément à cette procédure, le gouvernement par intérim de Michel Temer « s’apprête à déployer un vaste programme de privatisations et de coupes budgétaires », constate la CSI qui alerte également sur la réforme du code du travail en préparation.
« Une offensive contre les droits des travailleurs est imminente », souligne la CSI, indiquant que les six centrales syndicales nationales, dont la CUT et Força Sindical, se sont engagées à « unir leurs forces » pour la mettre en échec.
La CSI s’inquiète pour l’Amérique Latine dans son ensemble
A la procédure de destitution de Dilma Rousseff s’ajoute une campagne contre son prédécesseur, Luiz Inàcio Lula da Silva, les deux étant menées par des députés dont la plupart ont pour principale particularité d’être… impliqués dans des affaires de corruption.
Ce qui est en train de se passer au Brésil peut avoir des « implications politiques et économiques extrêmement inquiétantes » pour le pays, mais aussi pour l’Amérique latine dans son ensemble, a notamment déclaré la secrétaire générale de la CSI, Sharan Burrow.
Face à cette offensive du gouvernement qui n’épargnera pas les droits fondamentaux des travailleurs, les centrales syndicales nationales CUT, FS, UGT /CNPL, CSB, CTB et NCST se sont engagées à unir leurs forces pour mettre en échec des démarches qui visent ni plus ni moins qu’à vider de sa substance le code du travail.
La plus importante d’entre elles, la CUT, mène une campagne contre la destitution de Dilma et les attaques incessantes contre son prédécesseur, Luiz Inácio Lula da Silva.
Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI, a déclaré : « La procédure de mise en accusation fondée sur des chefs peu convaincants concernant le budget du gouvernement de Dilma Rousseff va permettre à des intérêts politiques battus aux urnes de prendre les commandes du pays et faire table rase sur plus d’une décennie de progrès sociaux accomplis depuis l’élection du président Lula il y a treize ans.
Une offensive contre les droits des travailleurs est imminente, au même titre que des réductions drastiques dans les dépenses sociales, le transfert d’actifs énergétiques essentiels aux mains de multinationales et la privatisation d’autres actifs jusque là publics. La campagne concertée contre Lula lui-même, instiguée par un juge agissant de connivence avec de puissants groupes de médias et les élites fortunées, vise à empêcher ce dernier de briguer un nouveau mandat aux prochaines présidentielles. »
La procédure de mise en accusation a été orchestrée par la chambre basse du Congrès, où 303 députés sur 513 font actuellement l’objet d’enquêtes portant sur des chefs de détournement, d’homicide et d’esclavagisme, entre autres délits. Eduardo Cunha, président de la chambre et instigateur des procédures de mise en accusation s’est récemment vu contraint de démissionner en raison d’une enquête de la Cour suprême actuellement en cours avec l’assistance des autorités helvétiques. Il est accusé d’avoir perçu des millions de dollars en pots-de-vin.
D’autres accusations de corruption ont été portées à l’encontre du président par intérim Michel Temer et du ministre des Affaires étrangères Jose Serra. Le président du Sénat, Renan Calheiros, est quant à lui accusé de conspiration aux fins de limiter les enquêtes sur la corruption qui pèsent sur les membres du Congrès. De nombreux sénateurs s’affrontent à des accusations de corruption et autre conduite criminelle.
« Déterminés à destituer la présidente Dilma, ses opposants ont d’ores et déjà présenté un projet de loi au Congrès portant sur un programme d’austérité sur 20 ans qui aura des conséquences désastreuses, en particulier pour les plus pauvres, et entraînera des préjudices durables pour l’économie. Les implications politiques et économiques pour le Brésil et pour l’Amérique latine dans son ensemble sont extrêmement inquiétantes », a déclaré madame Burrow.