>Édito

17 / 01 / 2018

Bonne année ! ?

Dans la continuité de la publication des ordonnances « travail », le président de la République a assuré, à l’occasion de ses vœux, que les « réformes » se poursuivraient avec «la même force, le même rythme, la même intensité» qu’en 2017.

Et pourtant…

Emmanuel Macron avait par exemple promis d’engager une grande réforme des retraites dès 2018. Celle-ci semble reportée d’un an. Peut-être a-t-il encore à l’esprit les puissantes mobilisations de 2003 et 2010 contre les réformes précédentes ? Il doit par ailleurs mener de front des «réformes » telles que celles de la formation professionnelle et de l’assurance chômage, tout en préparant les conditions de la suppression de 120 000 postes dans la Fonction publique et la remise à plat du baccalauréat.

Rien que ça !

Toutes ces mesures annoncées suscitent une indignation considérable. Ajoutons à cela les hausses de prix au 1er janvier 2018 : hausse de 6,9 % des tarifs réglementés du gaz ; hausse des taxes des carburants (+ 7,6 cts pour le gazole et + 3,8 cts pour l’essence) ; hausse des amendes pour défaut de paiement du stationnement (passant de 17 € à 35€ dans l’hyper–centre de Nantes); hausse du timbre postal jusqu’à 11,8 % ; hausse du forfait hospitalier de 18 à 20 €, etc. Ajoutons encore le rétablissement du jour de carence dans la Fonction publique et la hausse de la CSG afin de remplacer les cotisations sociales. La liste n’en finit plus.

Et il y a la note confidentielle du ministère du Travail révélée par le Canard Enchaîné sur le devenir de l’assurance chômage selon laquelle  « une recherche insuffisante, un refus de formation ou un refus de deux offres d’emploi  jugées raisonnables entraîneraient une réduction des allocations de 50% pendant deux mois.  En cas de récidive, elles seraient supprimées pour une durée de deux mois. En outre, le demandeur d’emploi devrait remplir un rapport d’activités mensuel »

Quel dommage !

Au moment où le Canard Enchaîné publie cette attaque contre l’assurance chômage et les chômeurs, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique présente les déclarations de patrimoine des membres du gouvernement. Une pauvre douzaine de millionnaires ! Muriel Pénicaud arrive en tête avec une petite fortune de 7,5 millions d’€uros récompensée de 62 000 € en 2018 grâce à la suppression de l’ISF. Elle est talonnée par Nicolas Hulot, ardent défenseur de l’écologie et partisan de la fermeture de la centrale de Cordemais. Après tout, que valent 2 000 emplois directs et indirects pour un amoureux de la nature qui possède six voitures dont un 4×4, deux motos et un bateau à moteur ?

Une autre « réforme » inquiète tous ceux qui sont attachés à l’instruction et à l’école républicaine. Après le  « plan étudiants » qui organise la sélection et l’arbitraire à l’entrée de l’université, un nouveau baccalauréat est en cours d’élaboration. De nombreuses « fuites » émanent de la presse et en donnent les pistes essentielles : suppression des  filières ES, L ou S, et seulement quatre  disciplines évaluées par des épreuves terminales contre une dizaine auparavant. Les autres disciplines seraient donc évaluées en contrôle continu et les horaires disciplinaires baisseraient de 20% avec à la clé de nombreuses suppressions de postes. Autrement dit, c’en serait fini du baccalauréat, diplôme  ayant la double particularité de  sanctionner la fin des études secondaires tout en ouvrant l’accès à l’enseignement supérieur (premier grade universitaire).

Baccalauréat, assurance chômage, paritarisme, statut de la Fonction publique, régimes spéciaux de retraite, ordonnances travail, représentativité, etc. : en fait, une même logique. « Les annonces successives des différentes réformes prises par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégales, et de portées diverses (… )  A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ?, C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et  de défaire méthodiquement le programme du conseil de la résistance ». (1)

Emmanuel Macron marche dans les pas de Denis Kessler. Pas nous ! Notre rôle n’est pas d’accompagner les mesures régressives mais de défendre et d’améliorer les conditions matérielles et les garanties collectives des salariés. C’est la condition de notre indépendance.

(1) Denis Kessler – 4 octobre 2007 – ancien vice président du MEDEF

par Michel Le Roc’h,

secrétaire général de l’union départementale

CGT-Force Ouvrière de Loire-Atlantique

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