Mettre à terre 60 ans d’acquis sociaux, c’était le seul point à l’ordre du jour du CCE du 16 juillet. Avant l’ouverture de la séance, une délégation composée d’élus et de salariés en grève avait demandé une nouvelle fois à Emmanuel Hoog de renoncer à son projet destructeur.
Il entend mettre en place un accord de substitution unique qui supprimerait tous les jours de RTT de la quasi-totalité des salariés et remettrait en cause l’ensemble des droits : congés, horaires et conditions de travail, salaires, emploi, plans de carrière…
Face à son refus, le comité d’entreprise s’est tenu en l’absence de tous les élus, « pour la première fois dans l’histoire de l’agence » souligne le syndicat des journalistes SGJ-FO.
Rendez-vous en septembre
Ce passage en force a été dénoncé par l’ensemble des syndicats de l’agence. Ils pointent dans un communiqué « un mépris vis-à-vis des organisations syndicales et du personnel ». Ils estiment également « par cet acte, le PDG a ouvertement choisi de se couper de l’ensemble des salariés ».
Emmanuel Hoog a convoqué les syndicats dès le 20 juillet pour entamer les négociations. FO ainsi que les autres organisations s’y refusent. Elles se préparent par contre à lancer le combat sur le terrain juridique.
Les salariés, toutes catégories confondues, avaient cessé le travail du 7 au 9 juillet puis le 16 juillet, à l’appel de quatre syndicats dont FO. L’appel à la grève a été suspendu, mais les syndicats ont déjà donné rendez-vous en septembre aux salariés.
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Face au refus du PDG de l’Agence France Presse, Emmanuel Hoog, de revenir sur sa décision annoncée le 3 juillet de dénoncer l’ensemble des accords et conventions d’entreprise, le personnel a voté à une majorité écrasante la reconduction de la grève entamée hier.
L’affluence lors de l’assemblée générale du personnel de l’AFP était aussi importante le mercredi 8 juillet que la veille. Toutes catégories confondues (journalistes, personnels administratifs et techniques), les salariés ont ainsi massivement répondu à l’appel lancé par FO et trois autres organisations syndicales à une grève reconductible, « totale, bloquante (…) en raison de la brutalité de l’attaque ». Alors que deux autres syndicats avaient dans un premier temps appelé à une grève de seulement 24 heures, ils ont également appelé à reconduire le mouvement.
« En dénonçant tous les accords, le PDG de l’AFP entend obtenir par la force ce qu’il n’a pas réussi à obtenir par de pseudo-négociations : contraindre le personnel à accepter un « accord social » revoyant à la baisse tous les acquis des salariés », explique le SGJ-FO (syndicat général des journalistes).
« Tout l’édifice social construit depuis 60 ans est visé »
La direction projette de notamment supprimer les jours de RTT à la quasi-totalité des salariés, ce qui n’est pas sans rappeler le plan de M. Hirsh aux hôpitaux de Paris. Seuls les journalistes en production conserveraient le bénéfice d’une fraction de ces jours (7 au lieu de 18).
Mais au-delà de cette mesure, la plus spectaculaire, la direction veut remettre en cause l’ensemble des droits : temps de travail, congés, grilles de qualifications et de salaires, plans de carrière… Tout l’édifice social construit depuis 60 ans est visé.
« Pour M. Hoog, explique FO, « il s’agit de faire baisser à toute force les charges de personnel, comme l’exige le gouvernement en application de la récente réforme du statut de l’AFP pour le rendre compatible avec les orientations européennes en matière de concurrence libre et non faussée ». Un changement de cap qui, dans un contexte d’austérité qui plus est, laisse craindre la baisse prochaine des dotations de l’Etat.
L’AFP affiche aujourd’hui un endettement record de 55 millions d’euros. Mais, souligne le SGJ-FO, « ce n’est pas au personnel de l’AFP de payer la note d’une politique qui porte en germe la destruction de l’agence mondiale d’information. Il a déjà suffisamment payé pour cette dette qui n’est pas la sienne avec le blocage des salaires depuis novembre 1992 ».
