27 / 10 / 2024
Frédéric Souillot, le secrétaire général de Force ouvrière, a tenu ce samedi un meeting à la Mutualité à Paris. L’occasion de mesurer l’attachement de la confédération à l’abrogation de la réforme des retraites ainsi que de constater un regain de tension avec l’extrême gauche du syndicat.

Frédéric Souillot, le secrétaire général de Force ouvrière. (Photos d’archives) (Emmanuel DUNAND/AFP)
« On est là, on est là, même si Macron ne veut pas, nous, on est là… » Drapeaux rouges FO à la main, quelque 2.000 militants de Force ouvrière ont rempli la salle de la Mutualité, ce samedi après-midi, à Paris. En ligne de mire, le relèvement de l’âge légal de la retraite à 64 ans, juste avant la discussion du projet de budget de la Sécurité sociale et de la proposition de loi du Rassemblement national qui arrive dans quelques jours dans l’hémicycle ( bien que vidée de sa substance en commission ) alors que les premiers assauts de la gauche contre la réforme de 2023 ont été repoussés à l’Assemblée.
C’est peu dire que les retraites fédèrent au sein du troisième syndicat français, dont nombre de militants arboraient un autocollant précisant que la réforme des retraites n’est « ni amendable, ni négociable ». Et si un slogan a rythmé le rassemblement, c’est bien : « La retraite elle est à nous, on s’est battu pour la gagner, on se battra pour la garder ».
Les récits de syndicalistes d’entreprise, Eurotunnel, Duralex Casino ou Tefal, et même Sanofi ont été émaillés d’interruptions venues de la salle revenant encore et toujours au même sujet. Ce climat électrisé était le reflet des tensions qui ont commencé à poindre dans la confédération, avec un réveil de la minorité d’extrême gauche.
Ses militants ont tenté de saisir l’occasion pour imposer l’annonce d’une journée d’action, sans réussir à gagner la salle à leur revendication de « grève générale ». « J’ai appuyé sur le bouton que m’a donné un militant, rien ne s’est passé », a ironisé le leader de FO Frédéric Souillot. Clôturant le meeting, le secrétaire général de Force ouvrière a aussi expliqué avoir, comme c’était son mandat, proposé aux autres syndicats « de parler mobilisation » et avoir reçu une fin de non-recevoir de la CGT et de la CFDT, qu’il a taclées sans les nommer.
Tirant ce constat, le syndicaliste n’a pas comme les contestataires le souhaitaient ouvert la porte à une mobilisation en solitaire. Il a en revanche pris soin de savamment équilibrer son discours devant les militants. Il a ainsi brandi plusieurs fois la revendication d’une abrogation des 64 ans « à portée de main ». « Face à une proposition de loi [abrogeant la réforme], je ne me poserais pas la question si j’étais parlementaire, je la voterais », a-t-il affirmé sans citer le RN.
Mais à côté de ce qu’il a qualifié de « première » des revendications, le syndicaliste a défendu mordicus la participation de Force ouvrière aux négociations avec le patronat sur l’assurance-chômage et sur l’emploi des seniors qui vont devoir intégrer les conséquences du relèvement de l’âge de la retraite à 64 ans, notamment sur la filière senior d’indemnisation en cas de perte d’emploi. « La retraite progressive à partir de 60 ans avec 150 trimestres, c’est sur la table, camarades, et 150 trimestres, ça fait 37 ans et demi ; bien évidemment, ça va être la négociation », a-t-il affirmé dans une pirouette, en référence aux conditions de départ à la retraite en vigueur avant 1993.
source: les échos
« La retraite, elle est à nous… ! » Nous étions plus de 2 000 aujourd’hui au meeting FO à Paris, dont une belle délégation du 44, prêts à en découdre pour arracher l’abrogation de la réforme des retraites. En avant !