>Histoire

10 / 10 / 2020

Chronique des envahisseurs.

Mobilisation pour « une autre répartition des richesses » ?

Ou pour gagner sur nos revendications ?

Le quotidien LA CROIX annonce fièrement le 10 octobre 2011.

« Mobilisation pour « une autre répartition des richesses …

 Les syndicats CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires appellent demain à une journée d’action sous le signe de l’unité contre le programme d’austérité du gouvernement. La mobilisation devrait se traduire par des manifestations – 200 attendues –, un appel général à la grève ayant été écarté par la CFDT et l’Unsa ».  L’appel « unitaire » ne mentionne aucune revendication salariale.

Quand il s’agit de « mieux répartir », les cléricaux ne sont jamais loin.

Dans son quotidien, le Monde, (mai 2020) Laurent Berger « revendique » «Une autre répartition des richesses»

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 » Nous aurons besoin d’une autre répartition des richesses et d’une contribution accrue des plus riches. Rien de bien nouveau, à priori.

Au même moment, une « intersyndicale », moins la CFDT, « revendique :

« Exigeons la fin de la précarité et une autre répartition des richesses !

Communiqué intersyndical des organisations : CGT, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNEF et UNL

« En effet, et nous l’avons déjà dénoncé, depuis plusieurs années, plus les dividendes versés aux actionnaires sont élevés, plus le taux de pauvreté augmente. D’un côté, pour 2019, on décompte plus de deux millions de travailleur-ses pauvres, neuf millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté dont 21 % de jeunes. De l’autre, 49,2 milliards d’euros de dividendes versés, battant le record de 2007. La crise du Covid-19 n’a pas épargné les plus modestes et les plus pauvres ».

On voit mal comment la « crise du Covid » aurait pu épargner les « plus pauvres ». Les plans de licenciements massifs dans l’aéronautique, par exemple, concernent tous les salariés, pauvres ou pas. Les salaires de la fonction publique sont bloqués depuis 10 ans. Le Covid n’y est pour rien.

Des sociologues, des économistes, des commentateurs divers sont aussi à la manœuvre.

Citons Philippe Eskenazy (1)  auteur de : « partager les richesses ». Il explique ceci :

« Les inégalités ? un mal qui ronge le capitalisme. (Il faut) remettre le Capital dans les rails du progrès et de l’émancipation. (Il faut) promouvoir l’égalité des chances »

Il fustige « les dérives du capitalisme … » il veut « rééquilibrer la politique et le capitalisme ».

Cet ouvrage a connu un certain succès. Pourtant il ne s’agit là que de la reprise des  vieilles encycliques dites « sociales ». (2). Le pape Léon XIII, soucieux d’assurer la « concorde sociale » dénonçait, fâché tout rouge, les « excès », les « abus », le comportement non chrétien des « apporteurs de capitaux », ou plus précisément, de certains d’entre eux, trop avides de profits immédiats. Ces mauvais comportements ne pouvaient qu’inciter les « apporteurs de travail » à suivre les « mauvais bergers », les socialistes coupables de vouloir remettre en cause « l’ordre naturel », don de la Providence avec son corollaire : la propriété privée des moyens de production.

Ce « partage des richesses «  qui ne vient pas, on le trouve désormais à toutes les sauces :

« Pour la banlieue, le mot clé est le partage des richesses » déclare un ancien candidat à la présidentielle.

Des syndicalistes s’indignent que la question ne soit pas au centre des préoccupations des « décideurs ». Par exemple, l’UGICT-CGT :

« Grand débat : Macron escamote le partage des richesses » (21 janv 2019).

 « Des règles pour mondialiser le progrès social. » ? (10 mai 2020).

 La CGT souhaite que l’OIT organise une conférence internationale extraordinaire du travail dès début 2021 comme au sortir de la Seconde Guerre mondiale (déclaration de Philadelphie en 1944) actant que le travail n’est pas une marchandise.

Dans le même état d’esprit, la pandémie actuelle montre que des institutions, telles l’OIT, l’OMS, l’Unesco, l’ONU et la FAO, devraient avoir des moyens juridiques renforcés pour jouer leur rôle et que les normes sociales et environnementales supplantent les règles du commerce ».Présenter l’ONU en arbitre impartial chargé de « réguler » les rapports Capital-Travail à l’échelle mondiale, c’est osé !

C’est ce que revendique aussi le pape François dans sa récente encyclique, « tous frères » sous-titrée, « sur la fraternité et l’amitié sociale ». (« Patrons, ouvriers, techniciens », tous frères dans la corporation, disait Pétain …)

  « Il faut une réforme de l’ONU comme de l’architecture économique et financière internationale » affirme François.

Comme ses illustres prédécesseurs dont il se revendique (3), il fait semblant d’être affligé des « excès » du « néo libéralisme » qui pourrait conduire tout droit à des « explosions sociales ». Mon dieu !

Seule la charité peut sauver le monde malade des « égoïsmes ». Que faire ? s’interroge le Saint Père :

« Il s’agit de progresser vers un ordre social et politique dont l’âme sera la charité sociale … pour le bien commun ».  C’est clairement l’objectif du patron du Haut-commissariat au PLAN, François Bayrou.

Mais, le CCN de notre CGT-FO réuni fin septembre a rappelé les principes de l’indépendance syndicale. Nous ne sommes « subsidiaires » de personne, d’aucune institution, ni de l’ONU, ni du Vatican, d’aucun gouvernement, d’aucun candidat à telle ou telle fonction … 

Nos syndicats affirment les revendications spécifiques des salariés, des travailleurs. Ils se battent, y compris par la grève, dans l’unité quand c’est possible, pour les faire aboutir.

(1) Philippe Askenazy est directeur de recherche au CNRS-École d’économie de Paris et professeur à l’École normale supérieure. Membre de l’association, les économistes atterrés.

(2)  Vingt ans plus tôt, LA COMMUNE avait provoqué un vent de panique.

(3) Le pape mussolinien PIE XI réclame en 1931 dans quadragesimo anno (« quarantième année ») une « autre répartition des richesses » :

« L’existence d’une immense multitude de prolétaires d’une part et d’un petit nombre de riches d’autres part, atteste à l’évidence que les richesses créées en si grande abondance en notre époque d’industrialisme sont mal réparties … »

J. M   10 octobre 2020.

 

 

chaud ! chaud ! chaud !

leurs revendications concernent la réforme des retraites: Appel à la grève dès le 5 décembre

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