22 / 05 / 2026
Le 29ème congrès de notre Union départementale va s’ouvrir le 11 juin prochain, tandis que celui de la Confédération s’est tenu à la fin du mois d’avril 2026. Par le nombre important de délégués et la combativité de la plupart des interventions, ce dernier aura démontré une nouvelle fois la vitalité de notre organisation, qui refuse d’être transformée en courroie de transmission des politiques de Macron et de son gouvernement.
Le congrès confédéral s’est ainsi exprimé majoritairement sur le terrain de l’indépendance, refusant de fait la position commune exprimée le 17 décembre 2024 entre les directions syndicales (FO, CFDT, CFTC et CGC) et le patronat (le Medef, la CPME et l’U2P), rejointe sous une autre forme par la direction de la CGT, qui a jeté à bas toutes les barrières de classe qui fondent le syndicalisme.
Il a réaffirmé que le rôle du syndicat, c’est de porter les revendications ouvrières en toutes circonstances (assurance chômage, Sécurité sociale, hôpitaux et service public, salaires, retraites…). Son rôle n’est donc pas d’implorer avec le patronat de « retrouver au plus vite le chemin de la stabilité, de la visibilité, de la sérénité » qui conduit in fine à accepter la politique de Macron.
Certaines discussions ont parfois été âpres, ce qui n’est évidemment pas un problème en soi. Notons tout de même qu’il aura fallu une levée de boucliers d’une majorité de congressistes, en commission, pour qu’un amendement des plus basiques sur la Sécurité sociale soit repris.
En effet, le projet proposé par la direction confédérale réclamait « une réforme d’ampleur du financement de notre modèle social », qui s’apparente plutôt à une position macroniste ou du PS. De nombreux camarades ont alors obtenu de remplacer cet extrait par « revendiquer le rétablissement de toutes les cotisations salariales, la fin des exonérations de cotisations patronales et la suppression de la CSG ». Nous devons bien sûr nous en féliciter, mais comment comprendre qu’il aura fallu plusieurs interventions pour imposer un amendement… qui constitue le fondement même de FO sur la Sécu ?
L’enjeu du congrès s’est toutefois concentré sur le positionnement de la Confédération par rapport à la guerre et l’économie de guerre. La question de la guerre – c’est-à-dire l’extermination de centaines de milliers de femmes et d’hommes sur des champs de bataille au compte d’intérêts qui ne sont pas les leurs – est au cœur de tout le mouvement ouvrier. Et donc avant tout des syndicats.
L’apathie de notre confédération, qui ne se démarque pas des autres de ce point de vue, est problématique. Cela va faire bientôt trois ans que les massacres et les bombardements israéliens soutenus par Trump, Macron, Merz, Starmer, etc. frappent la population palestinienne, menacée purement simplement d’extermination, et pourtant la confédération n’a rien fait, rien dit… ou si peu. C’est tourner le dos à tout l’ADN de la confédération qui a su prendre position et appeler à manifester contre la guerre dans les moments importants de l’histoire, comme la guerre d’Algérie, la guerre du Vietnam ou, plus récemment, la guerre en Irak.
De nombreux délégués ont pris la parole pour rapporter leurs initiatives contre la guerre, les budgets de guerre, la militarisation de la société, concentrées dans ce mot d’ordre : « De l’argent pour l’hôpital ! Pas pour les Rafale ! » Car l’économie de guerre n’est pas compatible avec la satisfaction des revendications : les milliards déversés pour la défense et l’armement sont nécessairement ponctionnés sur les budgets sociaux, sur l’hôpital, l’école, la protection sociale, les salaires, les retraites…
À l’instar des dockers italiens qui, par la grève, ont empêché des livraisons d’armes à Israël, il serait parfaitement légitime que tous les syndicats engagent une campagne pour aider les travailleurs qui produisent les armes à se mettre en grève pour arrêter de produire ces engins de mort, tel que le nouveau porte-avions. Leur savoir-faire, leurs compétences, leur force de travail peuvent tout à fait être redirigés vers des industries au service du bien-être humain : cela créerait d’ailleurs beaucoup plus d’emplois.! D’ailleurs, notre camarade Jonathan Lucas, des métaux d’Ancenis, a été très applaudi lors de son intervention.: « Jamais nous n’accepterons que nos usines, celles de Toyota, Manitou ou la fonderie Bouhyer, soient transformées en usines de fabrication d’armes ».
Malgré les désaccords qui ont pu s’exprimer tout au long de la discussion, le congrès a adopté à la quasi-unanimité une résolution qui contient ce passage : « Le congrès refuse l’augmentation sans fin des dépenses militaires au détriment du service public, et incompatible avec la satisfaction des revendications. Il exige le cessez-le-feu partout dans le monde, en particulier en Ukraine, en Iran, au Liban ainsi que l’arrêt des massacres en Palestine. Le congrès appelle ses syndicats à prendre les initiatives nécessaires pour empêcher la guerre. »
Cette formulation n’exprime pas toute ma conviction profonde. Je fais cependant partie de ceux qui ont proposé cet amendement. Je l’ai voté, je le défendrai et surtout je l’appliquerai : le combat contre la guerre nécessite l’unité la plus large, chacun sur son propre plan, qu’il s’agisse des partis politiques, des associations, des démocrates, des antimilitaristes…C’est une question de vie ou de mort.
Le « refus de l’augmentation sans fin des budgets militaires », nous y sommes déjà ! Un nouveau projet de loi gouvernemental prévoit une augmentation de 36 milliards pour le budget militaire. Fidèle au mandat du congrès, je proposerai donc à la prochaine commission exécutive confédérale un communiqué net et clair contre cette nouvelle augmentation et la proposition de l’action commune en conséquence.
par Michel Le Roc’h,
secrétaire général de l’union départementale
CGT-Force Ouvrière de Loire-Atlantique
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